17 ans après: Des Ivoiriens gardent des souvenirs douloureux de la rébellion
lebanco.net - Publié le: 22-09-2019 - Mise-à-jour le: 22-09-2019 - Auteur: Jeremy Junior & Sylvie Naya
17 ans après: Des Ivoiriens gardent des souvenirs douloureux de la rébellion
Le 19 septembre 2019, cela fait 17 ans qu'une rébellion a éclaté en Côte d'Ivoire. Même si le pays s'est remis sur les rails, le temps ne semble pas avoir effacé des mémoires cette insurrection armée qui a débuté le 19 septembre 2002. Les quelques Ivoiriens que nous avons interrogés, en gardent encore de douloureux souvenirs.
C'est le cas de Serge Akia, administrateur de projet informatique. « Je garde un souveniramer du 19 septembre 2002. Ce jour-là, j'étais à 3 kilomètres du camp de gendarmerie Agban. A partir de 2 heures du matin, des détonations lourdes se faisaient entendre. Le matin, nous avons appris qu'il y a eu plusieurs morts parmi les gendarmes », se souvient-il. Selon lui, des victimes de ce drame en gardent encore des séquelles : « Je connais un colonel qui est paralysé jusqu'à ce jour après avoir pris une balle au cours de l'attaque».
Comme Serge Akia, Kouadio Kouadio n'a rien oublié des dégâts que le 19 septembre 2002 a causés dans sa vie. « Je ne souhaite plus revivre cela. J'en garde des souvenirs très douloureux. J'ai perdu des biens matériels, ainsi que des proches parents. Et cela me marque à jamais », sa rappelle-t-il. « C'est vrai, il faut pardonner, mais on ne peut pas oublier », renchérit cet employé dans une usine d'exportation de banane.
Des années après, Martin Zadi n'a rien oublié lui non plus de ces moments chauds que le pays a vécus. « A l'époque, j'étais parmi les jeunes patriotes. Nous avons marché de Yopougon à Port-Bouet dans la nuit jusqu'au 43e Bima. A notre retour le matin, des gens ont cassé et pillé les magasins de Port-Bouet . Le pont de Gaulle était totalement désert. C'était une période difficile à supporter », évoque-t-il ce triste épisode de l'histoire de la Côte d'Ivoire. « En fait, chaque année, cette date du 19 septembre ressuscite de mauvais souvenirs chez les personnes qui ont été profondément touchées  par la crise »,poursuit-il.
Et comme s'ils s'étaient passé le mot, le commerçant Eugène Kouassi et l'informaticien, Placide N'guettia ne disent pas autre. « Les Ivoiriens continuent de souffrir du fait de la crise du 19 septembre 2002. Il faudra 30 à 40 ans pour que le développement reprenne son cours normal », soutient le premier. Quant au second, il garde encore en tête les événements qui se sont déroulés devant l'hôtel Ivoire en 2004, soit deux ans après l'éclatement de la rébellion.« Je garde un mauvais souvenir de ce qui s'est passé suite au coup de force de septembre 2002, surtout les tristes évènements qui se sont déroulés à l'hôtel Ivoire », évoque-t-il ces moments de folie.
D'autres,  en revanche, semblent avoir tourné la page du 19 septembre 2002, dans la tête comme dans la vie de tous les jours. A l'image de Silué Yenepra, ex-leader de combattants résidant à Duékoué. Joint par téléphone, il confie que plus personne ne parle encore du 19 septembre dans cette localité. « Nombreuses sont les personnes qui semblent avoir oublié ces événements. Même si ce 19 septembre 2019 vient nous rappeler un tant soit peu ce qui s'est passé, cela n'a plus les mêmes effets sur la population », avance-t-il. Et l'ex-combattant d'ajouter : « Les gens vivent en harmonie désormais. Ceux mêmes qui ont mené le combat sont dans la ville, ils ont entrepris des activités. On trouve, parmi eux, des menuisiers, couturiers, des chauffeurs de taxi ». Autant de témoignages qui devraient amener les acteurs politiques à faire désormais preuve de plus de responsabilité.
Jeremy Junior & Sylvie Naya
 
Rédigé par: Petit Gros   le: Dimanche 22 Septembre 2019
Si l'on doit parler de ceux qui ont véritablement pillé l'économie ivoirienne au grand dam des populations, Soro compterait parmi les derniers maillons de la chaîne. D'où provient la fortune des ex-rebelles? De sources bien informées selon un rapport du Think-Tank britannique Chatham House, Ils ont acquis une bonne partie de leur fortune dans la vente des bois de teck de Bouaké et sa région. Cette manne mal acquise sera gonflée par sa quote-part le pillage des différentes succursales de la banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (Bceao) et d'autres petites institutions financières surprises par le déclenchement de la crise de 2002. A ces deux grosses sources viennent s'ajouter les fruits des rackets des ex-rebelles. Rackets opérés bien sûre sur les populations dont ils étaient sensés faire le combat. C'est donc bien assis sur cette montagne de biens mal acquis Une estimation de la fortune faite par ces personnes pourrait être inexacte. Ceci est donc un état non exhaustif du pillage qui a été opéré lors de l'annexion des zones par la rébellion version "Guillaume Soro". Les populations des zones sous contrôle du "petit gros" et sa bande doivent avoir bien de regrets aujourd'hui. .