Urbanisation et développement urbain durable: La planification, une nécessité selon Koné Bruno
fratmat.info - Publié le: 21-09-2019 - Mise-à-jour le: 21-09-2019 - Auteur: ANOH KOUAO
Urbanisation et développement urbain durable: La planification, une nécessité selon Koné Bruno
« La planification urbaine et ses outils sont plus que jamais nécessaires pour organiser la croissance et le développement spatial des villes, et assurer le développement urbain durable », a déclaré, Koné Bruno Nabagné, ministre de la Construction, du Logement et de l'Urbanisme, le 19 septembre au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire à Cocody. Le représentant du gouvernement intervenait à l'occasion de la première édition de la conférence-débat placée sous le thème : « Une vision urbaine au service de la croissance ». Plusieurs dizaines d'acteurs, opérant dans les secteurs de l'immobilier, du bâtiment et du développement durable ont pris part à cette conférence organisée par Economie Enterprise Live en collaboration avec le ministère de la Construction, du Logement et de l'Urbanisme.

«La dynamique d'urbanisation doit être alors bien gérée pour éviter deux types de villes : villes formelles et villes informelles », avertit le ministre.  C'est pourquoi, selon lui, la ville ivoirienne doit être planifiée et aménagée dans les règles de l'art et « ne plus être soumise à un aménagement anarchique et incontrôlé » où les responsabilités des différents acteurs ne sont pas clairement définies et établies. « Elle doit offrir un aménagement harmonieux et se distinguer au niveau de la qualité de vie pour être compétitive et attractive », a insisté le représentant du gouvernement à l'ouverture des travaux.

Les pays africains, comme ceux du reste de la planète, connaissent une urbanisation de plus en plus galopante. La Côte d'Ivoire n'échappe pas à cette situation. D'un taux d'urbanisation de moins de 20% en 1963, le pays s'est progressivement hissé au rang des pays urbanisés en Afrique de l'Ouest avec un taux d'urbanisation de 50,2% en 2014 selon le Recensement général de la population et de l'habitat (Rgph 2014). Cette urbanisation fait face bien souvent à des problèmes tels que l'insalubrité, le développement des quartiers précaires, l'insécurité, etc. Cette conférence-débat est donc une occasion de mener la réflexion pour faire converger les visions des parties prenantes vers un même objectif de développement urbain réfléchi et maîtrisé.

Depuis 2011, avec le retour de la planification stratégique au cour de l'action gouvernementale, concrétisée par l'élaboration du Plan national de développement (Pnd) 2012-2015 et 2016- 2020, l'Etat a relancé l'élaboration des outils de planification urbaine notamment les Schémas et Plans d'urbanisme directeur dont la plupart avaient largement dépassé les horizons fixés. Ainsi, dans le secteur de l'urbanisme, pour poursuivre l'élaboration des outils de planification urbaine et la mise en place d'autres documents techniques et règlementaires en vue d'un développement urbain durable, le gouvernement, avec le soutien du Japon, a mobilisé, en 2014, 6,2 milliards de FCfa pour financer la réalisation du Schéma directeur d'urbanisation du grand Abidjan (Sduga), une initiative qui prend également en compte les chefs-lieux de région.

ANOH KOUAO
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Lundi 23 Septembre 2019
Il y a une ville qui avait fait l'objet d'un beau schéma de planification: YAMOUSSOUKRO. Grandes artères, espaces verts, larges trottoirs, réseau hydraulique, etc. Regardons ce qu'elle est devenue !
Rédigé par: Bientot Bah   le: Dimanche 22 Septembre 2019
Parlons bien et parlons vrai, monsieur le ministre: "Planification urbaine" qu'est-ce que cela veut dire concrètement? Abidjan est sale, certes! Mais la Côte d'Ivoire ne se résume pas à Abidjan. Laissons Abidjan et partons au sud-ouest de notre pays, là où se trouvent nos plus belles plages qui, dans un passé (pas très) lointain, attiraient les touristes. On peut dire que le Sud-Ouest a été complètement abandonné. Il n'y a même plus de (bonnes) routes pour s'y rendre. Et si on tient à s'y rendre malgré tout, on risque aussi de rencontrer les criminels "coupeurs de routes"...Par exemple, une très belle ville comme Sassandra est devenue n'importe quoi. Et, on nous parle aussi de développement du tourisme dans ce pays ! (Et le ministre du tourisme lui aussi voyage beaucoup comme le ministre Bruno Koné pour soi-disant vanter la politique touristique de la Côte d'Ivoire). Est-ce que nous sommes sérieux en Côte d'Ivoire ? Voulons-nous vraiment qu'un touriste vienne ici ? Pour admirer quoi ? Nos ordures ? Nos lagunes pourries ? Nos plages et bords de mer pleins de détritus ? Nos villes sans espace vert et sans jardins publics, sans musées, galeries d'arts et sans toilettes publiques? Les touristes vont venir voir les hommes ivoiriens qui pissent sans honte dans les rues avec leurs p-n-s en l'air? Réveillons-nous avant qu'il ne soit trop tard.
Rédigé par: Diarrasse Napie   le: Dimanche 22 Septembre 2019
Vraiment quand on voit comment nos villes ivoiriennes se développent en totale anarchie et sont sales (Abobo par exemple est une "poubelle à ciel ouvert"), alors je me demande bien quelle planification (urbaine) le ministre Bruno N. Koné parle ? Il faut avant tout régler les problèmes d'aujourd'hui. Il faut (éradiquer la criminalité des "gnambros" dans le Transport urbain, régler les problèmes de voirie, de ramassage, recyclage et valorisation des déchets, entretenir et sécuriser nos marchés publics qui brulent trop souvent et sont très sales. En plus, Abidjan n'a plus du tout de jardins publics, ni d' espaces verts (à part le Banco), ni de bibliothèques de quartiers. Abidjan n'a pas de toilettes publiques et les Abidjanais pissent partout la "quéquette" en l'air en pleine rue. La belle lagune Ebrié sur laquelle des vacanciers venaient faire du ski nautique dans la baie de Cocody, qu'est-elle devenue? Nous l'avons laissée pourrir tranquillement. Et lorsque la baie de Cocody a failli se fermer totalement, pour devenir un champ de bananiers, nous sommes allés chercher des Marocains pour y mettre du béton partout: une vraie catastrophe écologique! Pendant ce temps que faisons-nous des autres lagunes du pays? Allez voir celle de Bingerville, du côté du quartier Gbagba et vous comprendrez. On y déverse toutes les eaux usées de Bingerville, on a installé sur ses pourtours des porcheries, elle est totalement polluée et elle est en train de mourir. Lorsqu'elle sera totalement inutilisable et invivable pour ses riverains. Allons-nous chercher à nouveau des Marocains, ou des martiens cette fois-ci, pour venir essayer de nous la rendre à nouveau propre ou pour la bétonner ? Le plus simple n'est-il pas d'éviter de salir la lagune ? Notre décharge se trouvait à Akouédo, laquelle cité est aujourd'hui en plein milieu de la ville. Bref, de quelle planification Bruno Nabagné Koné parle en ce qui concerne la ville de demain, quand personne ne maitrise la ville d'aujourd'hui ?
Rédigé par: Awoulaba Cool   le: Dimanche 22 Septembre 2019
Comment font les autres pays pour ne pas avoir des montagnes d'ordures à ne pas savoir quoi en faire ? Les techniques existent pour les détruire et même à en tirer profit, mais apparemment, certains chez nous trouvent un intérêt à ce que les choses restent en l'état, sans se soucier de la santé des millions de personnes. Et nous autres habitants de cette ville, puisque visiblement le milieu dans lequel nous nous sentons le mieux est celui des ordures, de la saleté et nous ne trouvons rien à dire. Prenez n'importe lequel des quartiers d'Abidjan, n'importe laquelle de nos villes. La première chose qu'un visiteur remarque, ce sont les ordures jetées et abandonnées dans les rues. Et les "cochons" que nous sommes devenus ne les remarquent même plus, ne les sentent plus. Yamoussoukro, la ville du « père fondateur » qui est notre capitale officielle, est elle aussi envahie par les ordures ; les beaux lacs qui y avaient été créés sont abandonnés et en train de mourir. Est-ce que le peuple ivoirien est sérieux ? Qu'avons-nous fait de notre forêt ? Nous l'avons consciencieusement détruite, les espèces animales qui y vivaient ont disparues. L'année dernière, à cette même époque, je suis allé avec ma famille dans le parc de la Comoé qui est l'un des plus grands d'Afrique de l'Ouest. Nous n'y avons rencontré aucun animal, en dehors de quelques petits singes et une antilope aperçue de très loin. Au sud, les forêts classées et parcs sont tous occupés par des planteurs de cacao venus des pays sahéliens pour la plupart et qui occupent illégalement la forêt classée. Sous Laurent Gbagbo, on avait même failli détruire la forêt du Banco, l'une des plus belles forêts de ce continent et qui permet aux habitants d'Abidjan de respirer un air pas trop pollué. De quelle politique de planification le ministre Bruno Koné est-il en train de parler?
Rédigé par: papus   le: Dimanche 22 Septembre 2019
1-Il faut que nous apprenions a construire en hauteur face a l'insuffisance des espaces et a l'explosion demographique. 2-Il faut une relle volonte politique,pour desengorger un peu le plateau de ses services administratifs,et plus tard au pouvoir de s'installer a YAKRO,qu'il est agreable de circuler et de vivre a ABUJA et a BRASILIA. 3-Il faut que les pouvoirs publics puissent faire respecter les normes d'ubanisations edictees.
Rédigé par: Lago Tape   le: Dimanche 22 Septembre 2019
Une réforme de la planification est nécessaire afin que celle-ci gagne en efficacité. Il s'agit en premier lieu d'améliorer les systèmes d'information. En effet, l'efficacité des systèmes nationaux de planification dépend dans une grande mesure de la qualité et de la disponibilité de données statistiques, qui facilitent la détermination des priorités et le suivi des résultats obtenus. Ensuite, des priorités de développement doivent être fixées en fonction des besoins et des moyens, plutôt qu'un simple catalogue de mesures. Un autre aspect à améliorer est la coordination et la centralisation : coordonner les ministères des finances et ceux responsables de la planification du développement afin de garantir une exécution efficace des plans nationaux de développement. Il s'agit également de centraliser la documentation, comme l'a fait la Commission Economique pour l'Afrique des Nations Unies (CEA) via la création d'un réseau de spécialistes de la planification comportant une plate-forme électronique de centralisation des données. Aujourd'hui, avec l'aide notamment de financements extérieurs, une nouvelle forme de planification est initiée en Afrique : une planification non plus nationale mais locale, permettant d'appréhender de nouveaux enjeux, plus ciblés. Les villes africaines se voient de plus en plus dotées de documents d'urbanisme et de planification à l'échelle de la ville : master plan, plan directeur d'urbanisme, et même POS et Agenda 21. A l'heure où les villes africaines attirent et voient leur population exploser, les enjeux urbains sont complexes. Cependant, n'est-on pas en train de retomber dans les travers du passé, qui ont consisté à tenter d'appliquer des méthodes françaises ou européennes à des problématiques africaines ? Economie informelle, importance de la religion dans la gestion du territoire, etc. les problématiques, les approches, les enjeux, les priorités diffèrent entre les villes d'Europe et les villes d'Afrique et entre villes africaines.
Rédigé par: Diarrasse Napie   le: Samedi 21 Septembre 2019
D'accord avec Fatou. Oui, les plans et la planification de nos villes africaines, sont faits généralement par des bureaux d'étude étrangers qui ignorent les aspects sociologiques africains, et sont donc totalement inadaptés. De plus, leur production prend du temps et leur application est souvent programmée sur le long terme : planifier une ville à l'horizon 2065, alors qu'il existe des problèmes urgents en 2019 : voilà l'incohérence des documents d'urbanisme dans les villes africaines?! «?L'Afrique est un cimetière de plans mort-nés?»...
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Samedi 21 Septembre 2019
Et pendant ce temps on saccage le Musée des Civilisations sous prétexte d'y installer un service de Candia Camara (la DECO), en abattant un fromager vieux de plusieurs siècles, cela malgré les protestations de structures importantes comme l'Unesco. Ces discours sur la "planification urbaine" tombent complètement à plat, surtout venant d'un Bruno Koné qu'on sait très enclin à occulter les réalités pour emboucher sa vuvuzela d'un air connu : "Tout va très bien Madame da Marquise !". Ce que j'ai vu au Musée, c'est plutôt une vision d'enfer et témoigne du fait qu'on ne peut pas s'accaparer des terrains n'importe comment (Sitarail) au risque de devoir se réimplanter d'urgence au détriment d'un monument du patrimoine de l'Humanité. Tout cela est proprement honteux, comme la mégalomaniaque tour de 64 étages prévue au plateau.
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Samedi 21 Septembre 2019
Dans les villes africaines, les plans d'urbanisme existent, mais c'est plutôt leur opérationnalité par rapport aux réalités africaines qui mérite des réflexions. Si ces documents ont permis de rationaliser en partie l'occupation des espaces urbains, force est de constater que l'évolution et l'état actuel de la plupart des villes africaines ne permettent pas de valider l'efficacité de ces plans qui, en réalité, ne sont pas mis à jour et restent des voeux pieux jamais opérationnalisés entièrement. Les plans, faits généralement par des bureaux d'étude étrangers qui ignorent les aspects sociologiques africains, sont inadaptés. De plus, leur production prend du temps et leur application est souvent programmée sur le long terme : planifier une ville à l'horizon 2065, alors qu'il existe des problèmes urgents en 2019 : voilà l'incohérence des documents d'urbanisme dans les villes africaines?! «?L'Afrique est un cimetière de plans mort-nés?», caricaturait Philippe Hugon en 1985. En effet, entre le début et l'élaboration du plan, les dynamiques économiques, sociales et surtout démographiques de plusieurs villes africaines évoluent complètement. Il est tout à fait intéressant de planifier, car on ne peut pas continuer à faire abstraction de l'occupation anarchique des espaces, notamment dans les zones périurbaines du fait de la croissance démographique et de l'inaccessibilité des centres urbains pour les populations modestes. Cette planification nécessite un réajustement régulier des documents d'urbanisme pour qu'ils puissent répondre aux enjeux changeants et évolutifs des villes. Ainsi, s'il existe bel et bien une dimension formelle de l'organisation des villes - bien que celle-ci cause des problèmes évoqués plus haut -, il est tout de même intéressant de comprendre que les villes africaines s'autoconstruisent en permanence dans l'informel. Les villes africaines sont aussi fabriquées par l'informel.
Rédigé par: Lago Tape   le: Samedi 21 Septembre 2019
Le constat d'une urbanisation galopante n'est plus à démontrer dans les villes africaines : d'après les prévisions des Nations Unies et de l'OCDE, en 2050, environ 60 % des Africains devraient vivre dans des villes. Les villes s'urbanisent à outrance, car elles sont perçues comme des lieux d'opportunités économiques et sociales, comme des eldorados qui offrent des conditions de vie meilleures aux populations modestes, provenant principalement des zones rurales (plus de 50 % des ruraux migrent vers les villes : exode rural). Cette forte urbanisation massive qui prend forme depuis 1960 - date à laquelle plusieurs pays africains sont devenus indépendants - n'est pas proportionnelle au niveau de développement économique des villes concernées. Ainsi se pose le problème de l'occupation anarchique, informelle des espaces périurbains. La majorité des grandes villes a une configuration spatiale duale - voire marxiste - avec d'une part, un pôle urbain qui abrite les principaux services publics, privés et les quartiers résidentiels aux alentours pour les riches et d'autre part une périphérie qui s'étale horizontalement, animée par des habitations éparpillées d'une couche de population modeste. La prise en compte de cette configuration spatiale - appelée autrement centre-périphérie - est particulièrement intéressante pour comprendre le processus de fabrication des villes africaines. En effet, si des plans d'urbanisme et d'aménagement existent depuis les indépendances dans la plupart des villes, leur application est défaillante, car des dysfonctionnements sont constatés dans l'espace vécu. Les documents d'urbanisme existants sont appliqués dans les différentes politiques urbaines - cela renvoie à la dimension formelle de la planification des villes - cependant, les villes africaines sont également fabriquées foncièrement par l'informel.