Durabilité du Cacao : Kablan Duncan prône le renforcement du lien production-transformation
lebanco.net - Publié le: 11-09-2019 - Mise-à-jour le: 11-09-2019 - Auteur: Issouf Kamagaté
Durabilité du Cacao : Kablan Duncan prône le renforcement du lien production-transformation
Parvenir à des prix rémunérateurs du cacao, permettant d'éviter une captation disproportionnée de la richesse générée, par des intermédiaires se trouvant d'une part, entre les producteurs et les transformateurs et d'autre part, entre les transformateurs et les consommateurs, c'est l'ambition partagée par le Vice Président de la République Daniel Kablan duncan, ce mardi 10 septembre, à l'ouverture des travaux du Conseil International de l'Organisation Internationale du cacao (Icco), à , à l'auditorium du ministère des Affaires étrangères, à  Abidjan-Plateau.
 
Pour Daniel Kablan Duncan, l'un des objectifs de la politique industrielle de la Côte d'Ivoire est de renforcer le lien production-transformation pour créer plus de valeur ajoutée pour des emplois décents et durables.
 
En effet, la vision ivoirienne cadre avec l'un des objectifs de l'organisation internationale du cacao (Icco), qui recommande une répartition équitable des revenus issus du cacao, come l'a signifié le président de cette organisation, Philippe Fontayne à l'ouverture des travaux. Ila déploré le fait  que seulement 6% des revenus de l'industrie du cacao chiffrés à près 60.000 milliards F CFA reviennent aux producteurs. Mais il a salué les efforts conjoints menés par la Côte d'voire et le Ghana pour permettre aux paysans de vivre pleinement de leur  production. Surtout que ces deux pays  enregistrent les deux tiers de la production mondiale.
 
Le ministre du Commerce et de l'Industrie, Souleymane Diarrassouba a souligné les actes forts posés par le gouvernement accélérer l'industrie cacaoyère ivoirienne, entre autres la garantie d'approvisionnement en matières premières, la mesure de Droit unique de sortie différencié. « Ces mesures ont eu un impact important sur la transformation du cacao. En effet, le niveau de production du cacao ivoirien est passé de 1,6 million de tonnes au titre de la campagne 2015-2016. A 2 millions 100 000 tonnes au titre de la campagne 2017-2018, soit une hausse de plus de 33%. Le volume de cacao transformé est passé de 491 495 tonnes à 580 000 tonnes soit une augmentation de plus de 18% sur la même période, avec également une hausse de capacité de transformation en Côte d'Ivoire », a indiqué le ministre ivoirien du Commerce.
 
Issouf Kamagaté
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mercredi 11 Septembre 2019
Commençons donc par éliminer la "captation disproportionnée de la richesse générée, par ..." les soi-disant filières, organisations et autres "Conseils" qui plombent le commerce du cacao. Dans tous les pays développés, on taxe les importations et on subventionne les exportations. En CI, on fait l'inverse, on marche sur la tête !
Rédigé par: Diarrasse Napie   le: Mercredi 11 Septembre 2019
Oui, il y a urgence à réformer le secteur du cacao et son mode de production en Côte d'Ivoire. C'est ce qui ressort du dernier rapport de la Banque mondiale. La Côte d'Ivoire pèse 40% de la production mondiale de cacao. Le secteur fait vivre 5 millions de personne, soit un 5e de la population. Pourtant, le million de producteurs ivoiriens vivent pour la plupart sous le seuil de pauvreté. Urgence climatique, changement des modes de consommation... Il faut changer structurellement la filière cacao. Nous avons multiplié par quatre la production de cacao pendant les 20 dernières années, la Côte d'Ivoire premier producteur mondial, mais un producteur sur deux de cacao vit en état de pauvreté, donc avec moins de 1,2 dollar par jour. C'est le paradoxe ivoirien. Comment briser ce paradoxe ? Une opportunité se dessine à cause de l'urgence de la situation. Jusqu'à présent, la réponse du paysan ivoirien à la demande de cacao était d'augmenter ses surfaces cultivables, et donc de produire plus. Maintenant, cette approche arrive à son terme. Premièrement, il n'y a plus de surface cultivable en Côte d'Ivoire vu que les forêts sont détruites. Deuxièmement, il y a une demande, une exigence des consommateurs des pays importateurs de cacao, pour du cacao "durable" qui ne détruit plus les forêts, qui n'utilise plus des enfants (Burkinabès et Maliens privés d'école) dans la production. La solution n'est plus de produire plus, mais de produire mieux, donc d'augmenter les rendements. Le cacao est aussi trop taxé en Côte d'Ivoire. Sur chaque exportation de cacao, 22% sont prélevés par l'État. Ce qui explique pourquoi le cacao compte pour 10% des recettes de l'État. Donc, si l'État réduisait la fiscalité pour augmenter le prix aux producteurs, ou bien garder le niveau actuel de fiscalité pour financer ces nouveaux programmes de productivité pour augmenter les rendements (et la qualité) du cacao ivoirien qui seront nécessaires.
Rédigé par: Lago Tape   le: Mercredi 11 Septembre 2019
Au-delà des discours d'intention (comme d'habitude), il faut que l'Etat ivoirien fasse du concret pour une plus grande transformation sur place du cacao, de l'anacarde, du palmier à huile, du café, de l'hévéas, de l'ananas...Bref, toutes nos matières premières sont encore exportées surtout en vrac et à l'état brut. Et cela fait 10 ans maintenant que les mêmes politiciens ivoiriens parlent de la transformation de nos matières premières, sans rien faire de concret! Pour transformer sa filière cacao, la Côte d'ivoire devrait tout d'abord lancer une révolution technologique pour accroître les rendements afin de favoriser le reboisement et améliorer le revenu des producteurs. Il faudrait ensuite mettre en place des systèmes de traçabilité pour garantir un cacao "responsable" (qui ne provient pas de la destruction de nos forêts classées et parcs nationaux) auprès des consommateurs. Enfin, le secteur devrait développer l'industrie locale de transformation du cacao (la deuxième transformation) pour répondre à la demande locale, développer un label d'origine plus attractif pour les consommateurs et tirer parti de la croissance de la demande asiatique de produits intermédiaires.