Transport à Abidjan: Les « Gnambros », un nid d'insécurité à démanteler partout
lebanco.net - Publié le: 07-09-2019 - Mise-à-jour le: 07-09-2019 - Auteur: Jeremy Junior
Transport à Abidjan:  Les « Gnambros »,  un nid d'insécurité à démanteler partout
L'opération de démantèlement des gares de taxis communaux, qui a démarré le jeudi 5 septembre 2019, dans la commune de Yopougon, en vue de rechercher les personnes qui exercent des activités illicites ou criminelles, doit se poursuivre sur toute la ville d'Abidjan.
La première préoccupation concerne la question de la sécurité. En effet, l'insécurité règne dans les gares en question. Certains « gnambros », comme on appelle les régents de ces gares, possèdent des armes blanches, d'autres de vraies armes. A preuve, au démarrage de l'opération, selon des informations de sources sécuritaires, des armes ont été saisies sur certaines des 290 personnes interpellées. Ils n'hésitent pas à recourir à ces armes pour agresser les conducteurs qu'ils jugent récalcitrants, et quelques fois des clients avec qui ils ont maille à partir pour une raison ou une autre.
 
En plus, à des heures tardives, certains « gnambros » n'hésitent pas à agresser les usagers en leur arrachant  de l'argent, des téléphones portables ou des objets de valeur.
En outre, selon des sources dignes de foi, certains trafiquants de drogue, qui se font passer pour des « gnambros », y écoulent tranquillement leurs marchandises. Sans oublier le phénomène de « droit de sol », une manière de faire payer tout voyageur qui arrive à la Siporex avec des bagages.   
 
On peut également ajouter aux arguments précédents, l'anarchie que les véhicules stationnés à ces endroits, sèment. Très souvent, les « gnambros » ne prennent pas de précautions pour permettre à un véhicule chargé de quitter leurs gares. Ils ne se préoccupent nullement du code de la route. Conséquence : on assiste à des embouteillages à proximité de leurs gares.    
 
Il ne faut cependant pas perdre de vue que la suppression totale de ces gares pourrait être préjudiciable à plusieurs personnes, en raison du service que rendent les wôrô-wôrô (terme utilisé pour désigner les taxis communaux). Ils facilitent, en effet, la mobilité de plusieurs personnes, notamment des travailleurs qui se rendent au boulot les matins.
Il revient donc aux autorités compétentes de tout mettre en ouvre pour trouver des sites pour ces gares où règnent les « gnambros » et veiller à assurer la sécurité des personnes qui s'y rendent.
Jeremy Junior
Rédigé par: Lago Tape   le: Samedi 7 Septembre 2019
Les "gnambros" sont les "protégés-intouchables" de qui ? Si le ministère des Transports n'est pas responsable de ce qui se passe dans les gares routières de Côte d'Ivoire et que les mairies non plus ne sont pas responsables, alors qui est responsable ? Comment se fait-il que les "gnambros" ont un pouvoir de taxation sur les transporteurs, si le ministère des Transports ne se reconnait pas dans leur activité ? Dans quel pays de désordre sommes-nous ? Depuis une quinzaine d'années, les "gnambros" sont omniprésents dans le secteur du transport urbain en Côte d'Ivoire. Sans être des acteurs indispensables, car ne possédant aucun véhicule de transport, ils ont néanmoins réussi à s'imposer dans ce milieu et résistent à toutes les mesures visant à les en extirper. Il ne se passe pas une année sans que ces auxiliaires du transport aux méthodes criminelles violentes ne s'illustrent sur les routes ivoiriennes, perturbant le trafic et mettant parfois en danger la vie des usagers. Ces badauds chômeurs, volontaires au départ, qui se proposaient de trouver des passagers aux véhicules de transport en commun (gbaka, wôrô-wôrô) moyennant une rétribution, ont, au fil du temps, été récupérés par des responsables des nombreux syndicats pour devenir leurs bras armés.Ils sont depuis chargés de collecter les taxes imposées aux opérateurs du secteur, mais aussi de veiller au respect des limites des territoires dévolus à chaque syndicat. Et ils n'y vont pas de main morte. Ils sont nombreux ces Abidjanais qui affirment pouvoir se passer de leurs services, désapprouvant leurs façons de faire. « En tant que passager, je ne vois vraiment pas leur utilité dans les gares routières, à part les bagarres et les tueries qu'ils causent souvent, dans leur seul intérêt » disent la plupart des passagers qu'on interroge. L'impuissance des transporteurs face à ce phénomène est grande, mais ils sont résignés: Nous payons des taxes à l'État et il est du devoir du gouvernement de prendre ses responsabilités.