Cote d'Ivoire : J'accuse....... J'accuse!
Jean Bonin - Publié le: 01-09-2019 - Mise-à-jour le: 01-09-2019 - Auteur: Jean Bonin
Cote d'Ivoire : J'accuse.......  J'accuse!
Depuis une trentaine d'années notre pays sombre dans les tréfonds abyssaux de l'immoralité. La décrépitude des valeurs est telle que des adolescents peuvent se permettre, sans état d'âme, de violer une sépulture et de profaner un corps fraîchement enseveli. 
 
L'esprit du buzz a atteint un tel niveau d'indécence que l'exaltation de toutes ces contrevaleurs se fait en direct sur les réseaux sociaux sans la moindre crainte d'un quelconque retour du bâton. Toute cette débauche de voie de fait et de violence est d'autant plus grave qu'elles sont le signe annonciateur d'une crise latente et proche, dont les conséquences risques d'être dramatiques pour notre jeune nation, si nous n'y remédions pas dès à présent. 
 
Nos dirigeants, depuis trois décennies ont érigé le développement des infrastructures et des superstructures au rang des valeurs cardinales et référentielles, malheureusement, au détriment du développement humain. 
 
J'accuse le régime RHDP qui, de façon tout à fait cynique, a voulu faire de la récupération politico-politicienne avec la mort de DJ Arafat en étant en 1ère ligne et en se substituant quasiment à la famille du défunt dans l'organisation de ces funérailles au lieu tout simplement de se contenter de lui apporter, en tant que de besoin, son appui. 
 
J'accuse les extrémistes de tous bords, notamment ceux du PDCI et du FPI-Gor, qui, sans même attendre la fin des obsèques, ont cru trouver dans l'organisation de celle-ci un juste motif pour critiquer le gouvernement sur des épiphénomènes alors que dans notre culture, « la trêve funéraire » commande qu'on taise nos différends au moins  jusqu'à l'enterrement du défunt. 
 
J'accuse tous ceux qui ont célébré, voire canonisé (considérer comme un Saint), Dj Arafat comme un héros national alors qu'il était principalement porteur que de nombreuses contrevaleurs et incarnait factuellement une déchéance morale certaine. 
 
J'accuse ces « hommes de Dieu » des temps nouveaux qui, abusivement appelés « pasteur » ou « prophète » ne reculent devant aucune ignominie ou insanité morale pour se donner de la contenance en profitant de la mort fortuite d'un jeune homme pour inoculer dans l'esprit des plus faibles la haine de l'autre. 
 
J'accuse l'hypocrisie de notre société pompeusement « pré émergente » qui a la promotion des « talents » sélective, qu'outre tombe, alors qu'ils sont ignorés ou ostracisés de leur vivant. 
 
J'accuse notre système éducatif qui n'offre plus de repères et de modèles à notre jeunesse dont le sport favori est devenu, à l'image d'une classe dirigeante corrompue, la tricherie, le gain facile et rapide. 
 
J'accuse le laxisme de notre de nos institutions judiciaires qui donnent des occasions à nos concitoyens de douter en la justice et l'équité sociale de notre pays en raison de l'impunité totale dont jouissent notoirement de nombreux criminels en col blanc. 
 
J'accuse la démission de nos cellules familiales qui, de fait,  ont abandonné l'éducation de nos enfants à la rue, de sorte à ce qu'ils deviennent « des enfants de la rue » comme si la rue était capable d'enfanter et qui pour se donner bonne conscience préfèrent accuser le gouvernement.
 
J'accuse notre exécutif gouvernemental qui ne s'illustre pas toujours de la manière la plus exemplaire en promouvant la médiocrité dans la haute administration publique ou dans l'armée où on peut devenir 1er ministre, ministre, officier supérieur dans l'armée, PCA ou DG sans en avoir les compétences requises ou, pire, par la seule force des armes ou de  l'exacerberation d'un militantisme ultra partisan. 
 
Je m'accuse d'être incapable de trouver les voies les plus efficaces pour contribuer au changement des mentalités dans mon pays. Un pays où la promotion de Homme serait l'alpha et l'oméga de la finalité de toute initiative publique ou privée. 
 
Jean Bonin 
Juriste 
Citoyen ivoirien.
 
Rédigé par: Fognon.   le: Lundi 2 Septembre 2019
@Lago Tape. Vrai, vrai, vrai! A+
Rédigé par: Bonébo   le: Lundi 2 Septembre 2019
Cela dit, on n'en est pas à la première profanation fracassante. Souvenons-nous de la tombe de la maman du Président Ado ! Cela n'a en aucun cas choqué ou bouleversé les tenants du pouvoir de l'époque, en l'occurrence le Fpi, ni quelques réactions des nombreuses associations de femmes (Charles Banny a même déploré l'indifférence des femmes pourtant très prolixes sur les questions du genre), ni des populations. Aucune condamnation, alors aucune de qui que ce soit !!! Seuls Ado, ses proches, ses militants et des anonymes ont pleuré leur douleur. Et pourtant, comme aime bien le dire Houphouet, "tout a valeur d'exemple". Hier, beaucoup ont jubilé devant la profanation de la tombe de maman Ado/mère... comme aujourd'hui beaucoup jubilent relativement au corps de Arafat car pour eux, tous les moyens leur sont bons pour salir et affaiblir le pouvoir Ado. Et doucement, doucement revêtus du quitus complice de leurs aînés, pères et grands-pères, nos petits tirent vers le bas, défont tout ce travail des mille générations. Nous voici embarqués dans un cirque qui échappe de plus en plus aux dompteurs chevronnés.
Rédigé par: Bonébo   le: Lundi 2 Septembre 2019
Cela dit, on n'en est pas à la première profanation fracassante. Souvenons-nous de la tombe de la maman du Président Ado ! Cela n'a en aucun cas choqué ou bouleversé les tenants du pouvoir de l'époque, en l'occurrence le Fpi, ni quelques réactions des nombreuses associations de femmes (Charles Banny a même déploré l'indifférence des femmes pourtant très prolixes sur les questions du genre), ni des populations. Seuls Ado, ses proches, ses militants et des anonymes ont pleuré leur douleur. Et pourtant, comme aime bien le dire Houphouet, "tout a valeur d'exemple". Hier, beaucoup ont jubilé devant la profanation de la tombe de maman Ado/mère... comme aujourd'hui beaucoup jubilent relativement au corps de Arafat car pour eux, tous les moyens leur sont bons pour salir et affaiblir le pouvoir Ado. Et doucement, doucement revêtus du quitus complice de leurs aînés, pères et grands-pères, nos petits tirent vers le bas, défont tout ce travail des mille générations. Nous voici embarqués dans un cirque qui échappe de plus en plus aux dompteurs chevronnés.
Rédigé par: Fatma Ba   le: Lundi 2 Septembre 2019
Bonebo: Tu ne vas quand même blâmer de manière sélective ceux qui sont indignés par ce qui se passe. Pour toi et certains sur ce site, on ne doit jamais critiquer le régime en place. Tout est parfait. Et bien, c'est faux. Il ne faut pas être en déni. Ce que Bonin a écrit est vrai. C'est le règne de la médiocrité. Bernard Dadié ou d'autres grands n'ont jamais reçu autant d'hommages que ce voyou de DJ Arafat qui en tant que "protégé" d"Ham-Bak était "intouchable" et même au-dessus des lois de ce pays.
Rédigé par: Merci   le: Dimanche 1 Septembre 2019
Merci beaucoup pour votre honnêteté intellectuelle, oui cette société tombe progressivement en ruine moralement et sur le plan civique hélas à qui la faute ? Nous sommes tous responsables vous l'avez dit. La profanation de la tombe de DJ Arafat n'est que le point qui cache l'iceberg d'autres irresponsabilités de notre société devenue méconnaissable dans sa sociologie éducationnelle et morale. C'est triste l'image que ces jeunes « chinois# viennent de donner à notre pays.
Rédigé par: vérité   le: Dimanche 1 Septembre 2019
j'accuse avec vous ! Je ne m'accuse pas par contre d'une responsabilité qui incombe à d'autres que vous avez distinctement cité, M. Jean Bonin. Je suis aussi une victime, comme vous, simple citoyen ! Comment vous plaindre quand le juge est aux ordres ! La police de ma ville, chaque jour, dans au moins 4 points stratégiques de la ville ( comme dans toutes les villes du pays !) passe son temps, 4 policiers par barrage, à faire payer une somme fixe à chaque taximan ( 500 ou 1000 francs!) au vu et au su de tous les responsables et de tous les citoyens. J'estime à 750 taxis dans la ville, soit 750.000 francs par jours, dimanche compris. En un mois, plus de 22 millions de francs ! Cette somme est partagée entre tous les responsables de la ville ! TOUS LES RESPONSABLES ! Alors, ceux qui doivent ( qui sont payés pour ça !) donner l'"exemple" donne un "exemple pourri", nous récoltons l'odeur nauséabonde de leur inconscience ! une fois encore, J'ACCUSE comme vous ! Vérité
Rédigé par: Bonébo   le: Dimanche 1 Septembre 2019
Bonin Jean écrit : "... J'accuse notre exécutif gouvernemental qui ne s'illustre pas toujours de la manière la plus exemplaire en promouvant la médiocrité dans la haute administration publique ou dans l'armée où on peut devenir 1er ministre, ministre, officier supérieur dans l'armée, PCA ou DG sans en avoir les compétences requises ou, pire, par la seule force des armes ou de l'exacerberation d'un militantisme ultra partisan..." Hélas, les plus diplômés (sans doute les plus compétents a priori) ont eu pour exploit hissé la Côte d'Ivoire dans le rang des pays qui ont connu les guerres les plus absurdes, qui ont été les chantres des anti-valeurs. Autrement dit, sans compter des hyper-hyper-diplômés, le gouvernement de Ado a le mérite de produire des résultats tangibles Bonin Jean écrit : "... Je m'accuse d'être incapable de trouver les voies les plus efficaces pour contribuer au changement des mentalités dans mon pays. Un pays où la promotion de Homme serait l'alpha et l'oméga de la finalité de toute initiative publique ou privée." Si après avoir écrit tout cela, Bonin s'avoue incapable d'esquisser la moindre piste de solution, c'est qu'il est le prototype tout trouvé des produits du système éducatif ivoirien. Autrement dit, expert en critique facile et naïve; incapable de proposer quoi que ce soi. Comme quoi, la critique est toujours bien aisée....
Rédigé par: Lago Tape   le: Dimanche 1 Septembre 2019
La mort de DJ Arafat offre à la société ivoirienne, l'occasion, passée l'émotion, d'engager une réflexion profonde sur notre irresponsabilité vis à vis des lois que le parlement vote et que personne ne respecte. Ainsi donc, nous observons tous (en silence) l'indiscipline notoire des automobilistes (particuliers, "Gbakas", Woro-woro, taxi-compteurs) et des motards sur nos routes qui va de pair avec le laxisme et la corruption de nos forces de l'ordre. Qui ne savait pas, à Abidjan, depuis des mois, que DJ Arafat et ses amis motards ne respectaient aucune règle du code de la route ? Qu'ils se livraient, en pleine agglomération, particulièrement sur les routes d'Angré, à des acrobaties dangereuses, en mettant au passage, leur vie et la vie des autres, en danger ? Combien de morts et d'handicapés à vie, la conduite sans respect du code de la route a causé dans notre pays ? (Selon les Nations Unies et la Banque mondiale, notre pays a l'un des taux les plus élevés au monde d'accidents de la route et de tués).Et pourtant, ici, on ne respecte plus le port de la ceinture de sécurité, le port du casque, les feux tricolores, la limitation de vitesse, les règles de priorité et beaucoup d'automobilistes roulent la nuit sans phare. D'autres roulent saoulés et/ou drogués). Qui ne sait pas que, si aucune mesure urgente n'est prise, les funérailles de DJ Arafat vendredi et samedi vont être l'occasion de nombreux autres drames? Car ses fans parmi les plus excités, se préparent (certains sans casque) à de terribles parades à moto, dans la ville d'Abidjan, à l'occasion de ces funérailles? Les vidéos de l'accident et la récapitulation de la vie pleine de frasques de DJ Arafat nous conduisent à une seule conclusion: C'est l'irresponsabilité de toute la société ivoirienne (y compris de ceux qui le "couvraient" et de ses "amis" qui le suivaient) qui a tué DJ Arafat. Ce qui ne l'exhonore pas de sa propre responsabilité.