Le pèlerinage à La Mecque a débuté pour plus de deux millions de musulmans
AFP - Publié le: 10-08-2019 - Mise-à-jour le: 11-08-2019 - Auteur: AFP
Le pèlerinage à La Mecque a débuté pour plus de deux millions de musulmans
Le pèlerinage se déroule cette année dans un contexte de tensions importantes dans le Golfe persique.
Deux millions et demi de musulmans entament ce vendredi le pèlerinage annuel à La Mecque en Arabie saoudite, les autorités mettant en garde contre toute tentative de politisation de ce rassemblement religieux sur fond de tensions persistantes dans le Golfe. Gérer les flux ininterrompus de pèlerins et garantir leur sécurité lors du hajj, l'un des plus grands rassemblements religieux au monde, représentent un énorme défi logistique pour le royaume saoudien.
 
Des dizaines de milliers de membres des forces de l'ordre sont mobilisés pour éviter tout nouveau drame lors du pèlerinage, endeuillé dans le passé par des bousculades sanglantes, la plus meurtrière ayant fait en 2015 près de 2.300 morts.

1,8 million de visas délivrés

Selon un responsable du ministère du hajj, Hatem ben Hassan Qadi, « plus de 1,8 million de visas ont été délivrés en ligne, sans passer par les consulats. C'est une réussite ». Venus du monde entier, des flots de fidèles ont afflué vers la Mecque dans l'ouest de l'Arabie saoudite pour accomplir le hajj, l'un des cinq piliers de l'islam que tout musulman est censé accomplir au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens.
Construite sur une vallée désertique et interdite aux non-musulmans, La Mecque abrite la Kaaba, une structure cubique drapée dans une étoffe noire brodée d'or, au cour de la Grande mosquée. C'est vers elle que les musulmans du monde entier se tournent pendant leurs cinq prières quotidiennes. Les pèlerins doivent effectuer sept tours de la Kaaba.

Tensions avec l'Iran et le Qatar

Le hajj se déroule cette année dans un contexte de vives tensions dans le Golfe, marquées en mai et juin par une série d'attaques contre des pétroliers, un drone abattu et des tankers arraisonnés. Grands rivaux de l'Iran, l'Arabie saoudite et son allié américain accusent Téhéran, qui dément, d'être derrière les attaques. Selon l'agence iranienne Tasnim, quelque 88.550 Iraniens participent au hajj cette année, en dépit de la rupture des relations diplomatiques entre Ryad et Téhéran.
Comme tous les ans, les autorités saoudiennes mettent en garde contre toute tentative de politisation du hajj. L'Arabie saoudite et le Qatar, son voisin, ont rompu leurs relations diplomatiques en 2017 et la crise a abouti à une restriction des mouvements de citoyens qataris vers le royaume. Ryad affirme que cette crise ne concerne pas le hajj.
Cependant, « très peu de Qataris sont arrivés à La Mecque pour le pèlerinage », a dit le responsable au ministère saoudien du hajj. Le ministère a accusé le « régime qatari de politiser le hajj et de mettre des obstacles devant les pèlerins du Qatar ».
 
 
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Lundi 12 Août 2019
Pendant quon y est, ce n'est pas du tout le rôle de l'Etat d'envoyer les croyants Ivoiriens à la Mecque, à Jerusalem, Rome ou à Lourdes tous frais payés à l'heure où certains villages n'ont même pas de maternités et des dispensaires et manquent de beaucoup d'infrastructures... Aller en pèlerinage vers un lieu saint relève (en principe) de la vie privée. L'Etat en utilisant l'argent public pour financer ces voyages agit dans un but clientéliste, en vue d'acheter des consciences qui lui seront redevables. Cela n'est pas acceptable dans une période ou il y a d'autres urgences. C'est une manoeuvre politique pernicieuse, une violation de la laïcité. La religion du citoyen relève de sa vie privée, ainsi que son pèlerinage vers un lieu saint. Sur cette lancée, posons nous ouvertement la question : que fera l'Etat si les harristes, les adeptes du christianisme céleste, les pentecôtistes, les assemblées de Dieu, les zoroastriens, les bahaïs, la adeptes de la scientologie et les raëliens demandaient demain le même traitement pour leurs pèlerinages ? Il ne faut pas commencer ce qu'on ne peut pas terminer et L'Etat devrait se concentrer sur les besoins les plus urgents de notre pays. Il faudrait aussi arrêter aussi pendant qu'on y est, avec ces distributions de sucre, de lait et de sacs de riz dans nos mosquées pendant le mois de Ramadan avec l'argent de l'Etat. On retrouve souvent ces denrées en vente sur les marchés. Ceux qui disent d'arrêter ne sont pas contre la communauté musulmane encore moins contre nos parents musulmans. Je suis issu d'une famille musulmane et il y a aussi des chrétiens dans ma famille. (La plupart des familles Ivoiriennes ont des chrétiens et des musulmans en leur sein). On nous répond souvent que c'est Houphouët-Boigny qui avait initié ce genre de pratiques de faire financer par l'Etat le pèlerinage à la Mecque ainsi qu'à Lourdes ou Rome. Nous disons ici (haut et fort) que nous ne sommes pas obligés de continuer.
Rédigé par: Awoulaba Cool   le: Dimanche 11 Août 2019
Le pèlerinage à la Mecque semble de plus en plus être un enjeu géopolitique. Une interrogation revient avec insistance dans le monde musulman : faut-il internationaliser La Mecque et Médine, ces lieux saints de l'Islam ? L'Arabie saoudite a fait savoir qu'il n'en était pas question. En attendant, les appels au boycott se multiplient. « On nous dit de ne pas politiser le hajj ! Mais réaliser l'unité dans la région est une affaire politique. Soutenir et défendre les opprimés dans le monde musulman, à l'instar des nations palestinienne et yéménite, est une question politique fondée sur nos obligations religieuses » affirment les autorités iraniennes par exemple.