Pollution de l'air à Abidjan/Danho Paulin: ''Nous devons revoir le choix des priorités dans la planification du développement''
fraternité Matin - Publié le: 12-06-2019 - Mise-à-jour le: 12-06-2019 - Auteur: GUY-ASSANE YAPY
Pollution de l'air à Abidjan/Danho Paulin: ''Nous devons revoir le choix des priorités dans la planification du développement''
Le président de l'Union des villes et communes de Côte d'Ivoire (Uvicoci) a apprécié à juste titre les enjeux de la pollution de l'environnement dans le pays.
A la faveur de la Journée internationale de l'environnement, l'Institut pour la préservation de l'Environnement (Eco projet) a organisé un panel dinatoire le 5 juin, au ''Resto Le Spécial sis à Angré, pour traiter de la problématique de la pollution de l'air dans le pays et particulièrement à Abidjan. 

A cette occasion, Danho Paulin, ministre des Sports et président de l'Union des villes et communes de Côte d'Ivoire (Uvicoci) a indiqué : « Il apparait nécessaire de réinventer nos villes et la façon d'y vivre ensemble. Il faut une plus grande participation citoyenne ». Avant d'ajouter : « Au niveau de la gestion de l'État, nous devons revoir le choix des priorités dans la planification de notre développement ». Mais, bien avant, le représentant du ministre de l'Environnement et du Développement durable, Dr. Gustave Aboa, a, lui, affirmé que « l'environnement est pollué, il est mal géré. Beaucoup d'enfants souffrent de maladies dues à la pollution de l'environnement. Et la protection de notre environnement est l'affaire de tous ».

La situation réelle

Le promoteur du panel, Gomé Gnohité Hilaire, directeur général de l'Institut Eco projet, a attiré l'attention des uns et des autres sur les effets néfastes de cette pollution. « L'on peut choisir son repas, son eau à boire, mais pas les 16.000 litres d'air que nous respirons quotidiennement », a-t-il prévenu. Avant de relever la nécessité d'agir pour améliorer la qualité de l'air dans le pays. Plusieurs secteurs sont ainsi interpellés, notamment l'industrie et les transports. Dr. Ettien N'Da, inspecteur général chargé du développement durable, lui, est venu apporter des éclairages. « En Côte d'Ivoire, nous avons 200 grammes de CO2 au kilomètre alors que les pays d'origine des véhicules sont à 80 grammes au kilomètre », a-t-il relevé. 

Il est allé plus loin pour dire que « le gasoil utilisé en Côte d'Ivoire contient 1 700 Ppm (partie par million. Une unité de mesure- Ndlr). Et il faut faire en sorte qu'il soit à 50 Ppm même si les Américains et les Européens sont à 10 Ppm ». Une situation qui a interpellé la Société ivoirienne de raffinage (Sir). Son représentant a annoncé que l'essence super sans plomb utilisé est à 10 Ppm tandis que la norme est de 50 Ppm. Quant au gasoil, il a fait savoir qu'on est présentement entre 1 500 et 1 600 Ppm de souffre, tandis que la spécification est de 3 000 Ppm. Bien que des efforts considérables aient été fournis, ce gasoil n'est pas à la norme internationale, c'est-à-dire les 50 Ppm. « Et le passage de 1 500 à 50 Ppm requiert un investissement de 200 milliards F Cfa », a-t-il annoncé.

Le plaidoyer

Entretemps, les véhicules continuent de polluer l'air. Lorsqu'il s'est agi de mesurer le niveau de cette pollution, Pr. Bernard Yapo, sous-directeur du Laboratoire central de l'environnement du Centre ivoirien anti-pollution (Ciapol), a indiqué que la quasi-totalité des équipements du centre ont été détruits suite à la crise post-électorale, et que cela n'a pas été renouvelé. 

« Le centre fonctionne avec un seul laboratoire mobile complet de contrôle dans la ville d'Abidjan qui a besoin de quatorze au minimum », a-t-il déploré. Ce qui l'a amené à faire un plaidoyer et lancer un véritable cri du cour pour venir en aide au Ciapol. D'autres intervenants ont enrichi ce débat en faisant des propositions concrètes, notamment celles des sénatrices Émilienne Anikpo et Mariame Dao-Gabala.

GUY-ASSANE YAPY
 
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mercredi 12 Juin 2019
Le carburant est mauvais, les véhicules sont pourris et les moteurs mal réglés, les embouteillages favorisent l'enfumage des abords des voies. Il y a aussi la pollution industrielle et celle due au chauffage au bois et au charbon, et, last but not least, le mercure rejeté dans l'environnement (atmosphère et cours d'eau) par les orpailleurs peu scrupuleux. La chape de fumée noire qui stagne sur Abidjan se voit de loin. Alors comme il ne semble pas possible de faire reculer toute ces émissions de polluant (et quand on fait la chasse au CO2 en CI, c'est une diversion, car le pire vient de substances réellement toxiques, alors que le CO2 n'est pas un poison) au moyen d'un arsenal législatif et répressif efficace, la meilleure solution serait de PLANTER DES ARBRES au lieu de les abattre bêtement et systématiquement, et de cesser de bétonner à tort et à travers. L'efficacité des arbres pour assainir l'atmosphère est stupéfiante. Par exemple, allez à la forêt du Banco, à quelques mètres de l'autoroute surchargée et embouteillée qui est pleine de fumées, de poussières et "particules fines" et de gaz irritants qui prennent à la gorge, l'air est parfaitement sain, frais et agréable à respirer. Il faut arrêter de construire des quartiers où les maisons sont à touche-touche sans le moindre îlot de verdure sur des hectares, ce sont des futures fournaises polluées et invivables.