Etats-Unis : Alyssa Milano appelle à la grève du sexe pour défendre le droit à l'IVG
liberation.fr - Publié le: 12-05-2019 - Mise-à-jour le: 12-05-2019 - Auteur: Marlène Thomas
Etats-Unis : Alyssa Milano appelle à la grève du sexe pour défendre le droit à l'IVG

Alors que l'Etat de Géorgie vient d'adopter une loi extrêmement restrictive sur l'avortement, l'actrice invite les femmes à «boycotter le sexe jusqu'à ce que nous retrouvions notre indépendance physique».

Alyssa Milano organise l'offensive sur les réseaux sociaux. Après avoir largement participé au lancement du mouvement #MeToo en octobre 2017, l'actrice crée le hashtag #SexStrike (grève du sexe) pour dénoncer le durcissement de la loi sur l'avortement dans l'Etat de la Géorgie. Après l'Ohio, le Mississippi et le Kentucky, l'Etat vient d'adopter une loi extrêmement restrictive en la matière. Le texte interdit ainsi l'interruption volontaire de grossesse dès que les battements du cour du fotus peuvent être détectés. Ce qui revient à une quasi-interdiction de l'avortement, puisque le cour peut être entendu dès la sixième semaine de grossesse, stade auquel de nombreuses femmes ne savent pas encore qu'elles sont enceintes. Actuellement, l'avortement est autorisé en Géorgie jusqu'à la 20e semaine de grossesse.
Avant de se saisir des réseaux sociaux, plusieurs personnalités comme Alec Baldwin, Ben Stiller, Mia Farrow et Alyssa Milano avaient menacé fin mars de boycotter les tournages en Géorgie si cette loi était adoptée. Sans succès. L'actrice de Charmed avait alors déclaré au site Buzzfeed : «Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que le plus grand nombre de productions possibles quittent cet Etat qui continue à promouvoir une politique oppressive et néfaste, contraire à tout ce que l'industrie du divertissement défend.» Toutefois, elle est contractuellement obligée d'aller au bout du tournage de la série Insatiable, qui se déroule en Géorgie pour encore un mois.

Un ressort antique

C'est cette fois via son compte Instagram que l'actrice a décidé de poursuivre la contre-attaque. Sous une image représentant un grand X rose avec le hashtag #SexStrike, Alyssa Milano lance un appel : «Nos droits liés à la procréation sont supprimés. Tant que nous les femmes n'aurons pas un contrôle légal sur notre corps, nous ne pouvons pas risquer de tomber enceintes. Rejoignez-moi en boycottant le sexe jusqu'à ce que nous retrouvions notre indépendance physique. J'appelle à une grève du sexe. Faites passer le message.»
Le post Instagram de l'actrice Alyssa Milano appelant à la grève du sexe. © Capture d'écran Instagram
Comme Libération l'évoquait dans un article de 2011, la grève du sexe est un ressort remontant à l'Antiquité. Dans Lysistrata, du dramaturge grec Aristophane, alors que Sparte et Athènes sont en guerre presque perpétuelle, l'Athénienne Lysistrata appelle toutes les femmes des cités grecques à se refuser aux hommes jusqu'à ce qu'ils arrêtent le combat. Un succès. Cette vieille stratégie avait notamment été utilisée en 2009, au Kenya. Dix associations avaient appelé les femmes à une telle action pour pousser le gouvernement à s'entendre au plus haut niveau et à accélérer les réformes. La lauréate du prix Nobel de la paix en 2011, Leymah Gbowee, avait aussi organisé une grève du sexe en 2003 pour que la parole des femmes soit écoutée lors du processus de paix au Nigeria. En 2012, ce sont les femmes du collectif Sauvons le Togo qui avaient usé de ce ressort pour s'opposer au gouvernement de Faure Gnassingbé. En 2016, une campagne contre le candidat Trump initié par un couple d'Américains avait aussi pris cette forme.

Un appel discuté

Ce mouvement porté par Alyssa Milano est à placer dans un contexte global de recul du droit à l'avortement aux Etats-Unis. Après l'Ohio, le Mississippi, le Kentucky et la Géorgie, l'Alabama est aussi au cour d'un tel processus liberticide. Les législateurs veulent interdire, à de rares exceptions près, aux médecins de pratiquer des avortements, sous peine de risquer 10 à 99 ans de prison. Et le Tennessee, le Missouri, la Caroline du Sud ou encore la Louisiane planchent également sur des propositions de loi semblables à celle signée en Géorgie.
L'appel d'Alyssa Milano ne fait toutefois pas consensus les réseaux sociaux. Si certaines voix, à l'instar de l'actrice Bette Midler, lui ont apporté leur soutien, beaucoup se sont élevées pour se moquer ou décrier son initiative. Des conservateurs ont ironisé sur une «bonne nouvelle: les progressistes arrêtent de se reproduire». Plus sérieusement, des féministes ont reproché à l'actrice d'avoir une lecture machiste des relations sexuelles. «Il faudrait que je me prive de sexe, et que je participe à la fiction selon laquelle il ne s'agit que d'un outil de marchandage pour les femmes?», a commenté l'auteure Kristi Coulter, en se disant suffisamment pénalisée par «la société patriarcale».
Marlène Thomas
Rédigé par: Max Dormoy   le: Dimanche 12 Mai 2019
Évidemment il serait assez prétentieux de vouloir avoir le dernier mot sur ce genre de question. Chacun des sexes à "sa" vérité sur ces questions. Bien plus simple de laisser à Dieu de trancher à la fin... Et un jour Il le fera. Devant la Parole de Dieu, on sera tous mis à notre place véritable. Il reste que les hommes, depuis la 2e guerre mondiale, ont dû prendre l'habitude de se voir analysés et remis en question sous toutes les coutures; sexualité, rôle de père, contributions dans la maison, rôle professionnel, etc. etc. C'en est au point au on a presqu'un complexe, on s'admet d'emblée coupable de choses qu'on a jamais faits et de plus qu'il nous faut payer pour les fautes de nos grand-pères et arrière grand-pères. N'est-ce pas le moment pour un retour de la pendule à l'égard des remises en question ? Est-ce concevable qu'une femme se remet elle-même en question? Dieu le sait...
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Dimanche 12 Mai 2019
Frequent denial of sex breaks the marriage covenant as much as adultery. (Wintery Knight blog - September 2016)
Rédigé par: Solange Sipilou   le: Dimanche 12 Mai 2019
Très tôt dans le mariage, les femmes s'aperçoivent qu'il y a une différence marquée entre le désir sexuel chez eux et leur mari. En général, les hommes désirent faire l'amour plus souvent que les femmes (comme dans toutes choses, des exceptions existent). Dans les faits, ce que les femmes désirent, bien plus que le sexe, c'est de recevoir de l'attention ! Se faire confirmer qu'elles sont précieuses, spéciales et qu'elles sont belles dans leur corps, les intéresse bien plus que l'orgasme. Suffit de voir le temps, l'argent et l'effort qu'elles consacrent à leur apparence (c'est-à-dire au culte du corps). Ça en dit long... Ou encore on peut visiter un grand magasin où on vends à la fois des vêtements pour hommes et femmes. Habituellement le rapport en espace plancher est à 5/1 à l'avantage des femmes. Au fond, elles s'identifient à un tel point à leurs corps qu'une femme ne songerait jamais à dire "Mon corps est beau", mais dira toujours "Je suis belle" ! Étant donnée cette différence marquée touchant le désir sexuelle entre les sexes, très rapidement la tentation est placée devant elles d'exploiter le sexe à des fins autres... Pour avoir de l'attention du mâle d'abord. Et lorsque cela ne les intéresse plus, on exploiteras le sexe pour négocier l'obtention de toutes sortes d'autres services ou concessions dans la relation de couple. Il est très difficile pour nos femmes postmodernes (chrétiennes? musulmanes ou non) de résister à cette tentation, car intervient alors ce que j'appelle le "syndrome de la chatte et du nouveau meuble". Disons que dans une maison règne une chatte. C'est sa maison. Un jour, un nouveau meuble entre dans la maison. Les proprios ont beau l'avertir de ne pas toucher au nouveau meuble, toutes leurs précautions seront vaines. Un jour arrivera l'inévitable. La chatte aura laissé sa trace, elle aura griffé le meuble. Il en est de même avec les femmes dans leurs relations avec les hommes..
Rédigé par: Lago Tape   le: Dimanche 12 Mai 2019
Ce sont des procédés déjà testés, avec plus ou moins de réussite partout dans le monde par les femmes pour faire entendre leur voix (grèves du sexe ou bien tarification du sexe aux maris, chantage sexuel...) et cela ne date pas d'aujourd'hui. L'histoire nous apprend aussi que ce genre de mesures ne durent pas dans le temps...Dans sa comédie Lysistrata, le dramaturge grec Aristophane est le premier à concevoir une grève du sexe, comme ultime recours des femmes pour se faire entendre. Ecrite en 411 avant J.-C., la pièce relate l'initiative de Lysistrata, une belle Athénienne qui a réussi à convaincre les femmes de toutes les cités de déclencher une grève totale, jusqu'à ce que les hommes reviennent à la raison et cessent la guerre entre Athènes et Sparte.(2002 : Grève du sexe au Liberia pour établir la paix):Lauréate du prix Nobel de la paix 2011, Leymah Gbowee lance en 2002 une grève du sexe pour obliger le régime de Charles Taylor (président du Liberia de 1997 à 2003) à associer les femmes, jusque-là écartées du processus de négociations, aux pourparlers de paix. Une pression à laquelle ne résistera pas Charles Taylor, ex-chef de guerre devenu président ...