Côte d'Ivoire - Pénurie de pièces de monnaie: Mendiants et transporteurs aux bancs des accusés
lebanco.net - Publié le: 12-05-2019 - Mise-à-jour le: 12-05-2019 - Auteur: Jérémy Junior
Côte d'Ivoire - Pénurie de pièces de monnaie:  Mendiants et transporteurs aux bancs des accusés
Désirée N. est résidente dans la commune de Yopougon au nord d'Abidjan. Elle est rédactrice publicitaire pour une agence de communication à Cocody (commune présidentielle). Du lundi au vendredi, elle emprunte les minicars de transport en commun appelés à Abidjan « gbaka ». Mais au delà de l'embouteillage quasi quotidien en quittant Yopougon, elle vit un autre problème. Celui de la monnaie à l'issue du paiement du titre de transport. « C'est une réelle angoisse de ne pas avoir la monnaie exacte quand je monte dans un gbaka », raconte cette mère de famille avec agacement. La conséquence de ne pas avoir la monnaie exacte est que certains passagers se voient mis ensemble et contraints de se partager un montant global équivalant à la monnaie que leur doit le transporteur. Suite logique de cette situation, la perte de temps à trouver les moyens de se départager à l'heure du travail.
Où sont donc les pièces de monnaie? Car,  le secteur du transport n'est pas le seul touché par cette situation. Des supermarchés aux pharmacies en passant par les étals de marchés, la question de la monnaie se pose. Il ressort des investigations un triangle de business : apprenti « gbaka » - vendeuses de papiers mouchoirs - mendiants.  
« Ils échangent leurs pièces d'argent contre des billets avec les vendeuses d'eau glacée »
Un apprenti de gbaka de la ligne Anyama-Adjamé fait une confidence au terme d'un voyage. « Quand les apprentis de gbakas arrivent à leur destination après un voyage, ils échangent leurs pièces d'argent contre des billets avec les vendeuses d'eau glacée, de pochettes et de diverses friandises avec qui ils ont des accointances dans la gare », révèle  celui-ci.  C'est la raison principale qui selon lui explique que les jeunes vendeuses en question ont toujours la monnaie. C'est ce train-train quotidien qui anime les gares à en croire l'informateur.
Ainsi, ces vendeuses pièces d'argent en main, se baladent autour des minicars en pour écouler leurs marchandises.  « Tonton, 5 mille, 10 mille, y'a monnaie. » tel est le refrain régulièrement entendu par les usagers des transports en commun à Abidjan.  La preuve est donnée par Patrick M, qui raconte qu'alors qu'il était « dans une file de passagers en partance pour Marcory (sud d'Abidjan) , une jeune vendeuse de pochettes a proposé de faire la monnaie de 5 000 Fifa pour celui qui voudrait acheter 3 pochettes d'une valeur totale de 300 Fcfa. Les personnes étaient étonnées et ont fait des commentaires faisant croire que ce sont  ces dernières qui sont à la base de la pénurie de monnaie ».
Certains transporteurs et même des membres des syndicats de transporteurs de l'avis de D Solo, vendeur de friperie, s'adonnent également à la vente de monnaie.
 
Les mendiants proposent la monnaie avec un taux de 10% d'intérêt 
Les apprentis de gbaka, les transporteurs et syndicats ne sont pas les seuls mis en cause. Les mendiants sont également accusés de vendre la monnaie moyennant un taux d'intérêt de 10%. « Quand je n'ai pas de pièces d'argent, je me rends à la grande mosquée d'Adjamé chez les mendiants. Ils me font la monnaie avec un taux d'intérêt de 10%. Il m'arrive également de leur faire une offrande en faisant la monnaie dans le bol qu'ils ont placé devant eux. Quand je donne 500 Fcfa pour une offrande, je repars avec 400 Fcfa », raconte sans détours I. S qui gère un kiosque à café à la gare routière à Adjamé. Cette assertion est adoubée par celle de B A, élève au lycée moderne d'Abobo. Elle révèle que pour se déplacer avec la monnaie, elle prèfère faire la monnaie avec les mendiants en faisant un ''sraca'' (sacrifice, don, offrande en langue malinké du nord de la Côte d'Ivoire). « Quand je vais vers un  mendiant, je lui dis que je veux lui donner de l'argent mais que je n'ai pas la monnaie exacte. Généralement, en pareilles circonstances, il demande la valeur de votre argent, regarde le contenu de son assiette. S'il peut donner une suite favorable à la requête, alors il donne son accord et fait la monnaie », explique l'élève.
Alors que plusieurs personnes font des pieds et mains pour trouver de la monnaie, d'autres la commercialisent. Cette pratique en attendant que le gouvernement réagisse continue de prospérer dans les milieux des commerçants et des transporteurs.
 
Jérémy Junior  
 
Rédigé par: nas   le: Mardi 14 Mai 2019
les caissiers et caissières de toutes les banques y compris ceux et celles de la BCEAO sont les principaux responsables de 10%
Rédigé par: Bonébo   le: Mardi 14 Mai 2019
Évitons les amalgames rancuniers, de bas étages ! Ici n'est point posée la question du CFA. La preuve, tous les posts reconnaissent que les autres pays pourtant membres la zone monétaire CFA AOF n'ont pas ce problème de petites monnaies (pièces particulièrement). C'est la CIV seule qui vivrait ce problème. Soit. Alors, une hirondelle ne fait pas le printemps. Qu'une dent ait mal, fût-elle la grande molaire, c'est bien elle qu'il faut soigner, surtout que le mal est reconnu circonscrit à elle seule! Quelle est cette terrible maladie qui pousse certains à vouloir tout politiser, dévoyer les problèmes sérieux et réels !? Il y a pénurie de petites monnaies. C'est le problème à résoudre, ou du moins pour être plus précis et honnête il y a pénurie de petite monnaie en Côte d'Ivoire. Est-ce parce que la Civ est hyperdéveloppée !? Non et non ! Les pays européens, plus développés que la Civ, n'ont point ce problème de petites monnaies. Le ministère ivoirien chargé de l'économie et des finances se doit de résoudre ce problème de concert avec la BCEAO s'ils conviennent qu'ils leur importent de lubrifier au mieux les transactions financières de tous les jours sur le territoire national.
Rédigé par: Lancina Kone   le: Lundi 13 Mai 2019
Il y a plus de mendiants et de transporteurs au Mali, au Burkina, au Sénégal ou au Niger qu'en Côte d'Ivoire et pourtant tous ces pays de l'UEMOA ne manquent pas de petite monnaie de façon chronique tel qu'en Côte d'Ivoire depuis plus de cinq ans. Il faut arrêter de blâmer les mendiants de Côte d'Ivoire pour le manque chronique de petite monnaie. L'Etat de Côte d'Ivoire déjà travers la BCEAO doit prendre ses responsabilités afin qu'une quantité suffisante de petite monnaie soit mise en circulation en Côte d'Ivoire, comme c'est le cas dans tous les autres pays de l'UEMOA. Que fait donc le gouverneur ivoirien de la BCEAO pour mettre en circulation plus de petite monnaie ? Ne sait-il pas qu'il y a pénurie de petite monnaie en Côte d'Ivoire et que cela dure depuis des années ?
Rédigé par: vérité   le: Lundi 13 Mai 2019
Incroyable !!!! Tous les intervenants jettent la faute aux uns et aux autres ! C'est grave de croire que des mendiants peuvent mettre le pays à genoux ! C'est grave de croire quelques milliers de vendeuses misérables mais travailleuses infatigables peuvent mettre le pays à genoux ! Je suis de deux qui disent qu'ils faut remplacer le franc CFA, mais je fais partie des gens sensés qui n'ont aucune confiance aux intellectuels africains, aux politiciens africains et surtout aux ignorants du principe économique mondial, pour changer ce semblant de stabilité qui risquerait de se transformer en chaos économique et à un cauchemar de notre vie ! Alassane Ouattara que j'ai soutenu totalement pour un réel développement de notre pays, développement inclusif mais malheureusement transformé en développement de richesse d'un groupes de personnes dont la majorité n'a JAMAIS rêvée d'être propriétaire d'autant de richesses ! Alassane Ouattara, qui se vante d'avoir été à la BCEAO, au FMI et autres organisations financières, ne trouve pas la solution à " ce petit problème " qui dure ! Ce président qui m'a fait rêver, .... simplement rêver !!!!! Vérité
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Lundi 13 Mai 2019
On ne peut pas endurer un manque chronique de petite monnaie en Côte d'Ivoire depuis plusieurs années et, la BCEAO ne fait rien du tout pour résoudre ce problème. Pourquoi ? Il n'y a pas assez de petite monnaie en circulation en Côte d'Ivoire depuis plusieurs années et c'est seulement en Côte d'Ivoire que le problème se pose. Comment et pourquoi ? En effet, quand on voyage dans la zone UEMOA le problème de petite monnaie ne se pose pas ailleurs dans les autres pays de la zone UEMOA (Togo, Niger, Burkina, Sénégal, Mali, Bénin, Guinée-Bissau .). Comment se fait-il donc que la BCEAO ne met pas plus de petites monnaie en circulation en Côte d'Ivoire ? La quantité de petite monnaie en circulation dans les autres pays est suffisante, mais en Côte d'Ivoire il y a pénurie de petite monnaie et, cela dure depuis des années. Que fait donc la BCEAO et son gouverneur pour résoudre le problème de la petite monnaie ?
Rédigé par: Bismark   le: Lundi 13 Mai 2019
Je pense pour ma part que jeter l'anathème sur les mendiants est uin raccourci trop facile. Notre mal reside dans la domination française de notre monnaie. Tant que nous Africain de la zone francs n'aurons pas le droit de battre monnaie, nous seront confrontés à ce problème. Les pays qui ont leur banque centrale et battent monnaie à l'instar du Ghana, n'ont pas de problème de monnaie. Tu leur donne 100 Ghc pour un article de 5 peswas, ils te feront la monnaie. Voilà pourquoi, il nous faut nous débarasser du Fcfa ou bien bouter la France hors de sa gestion. A 60 ans de vie, nous sommes devenues mature et savons ce que nous voulons. Si on avait notre monnaie, il suffisait juste de constater que les pièces manque pour chercher à y remedier. Mais, dans la situation actuelle, il faut compter avec les désidératas de l'ancienne puissance. QUE DIEU NOUS AIDE
Rédigé par: Bonébo   le: Lundi 13 Mai 2019
Ce problème n'est point récent! Depuis sous Bannny. Les études sont supposées régulièrement menées par les autorité chargées de la monnaie. Elles sont payées pour ce faire. En langage plus clair, il revient à la Bceao d'étudier les comportements et mettre en circulation des argents nécessaires en pièces et en billets. Laissez tranquilles les pauvres vendeuses et apprentis gbakas Quand les pièces seront en quantitées suffisantes, vendeuses et apprentis n'auront plus besoin de les bloquer. Bceao, au boulot donc. Les études pourront se faire concomitamment, l'un n'empêche pas l"autre. Ces études devraient s'inscrire dans les mécanismes de suivi/évaluation périodiques de l'autorité monétaire nationale et sous-régionale.
Rédigé par: D.macthe   le: Dimanche 12 Mai 2019
Moi je pense plutôt le trie de la monnaie qui est l'origine de ce manque de monnaie, où sont passé les pièces de 250 et les pieces lisse à Abidjan ? Elle s sont utilisées dans les autres pays uemoa.le problème est ailleurs ,ce n'est ni les mendiants ni les vendeuse encore loin les apprentis.
Rédigé par: Lago Tape   le: Dimanche 12 Mai 2019
Intérêts d'une étude du phénomène de pénurie de la petite monnaie: La carence des petites coupures du franc CFA favorisant les règlements des transactions économiques ordinaires dans les milieux urbains et ruraux, peut être considérée sous plusieurs angles faisant intervenir à la fois la création et la circulation monétaires. S'il y en a assez dans l'économie pour faire tourner l'activité, le problème résiderait dans la circulation de la petite monnaie, qui dans ce cas, ne suivrait peut-être pas librement le cycle logique, des principaux percepteurs vers les banques qui satisferaient ensuite la demande de leurs clients. Par contre, si la petite monnaie est à l'origine insuffisante, c'est au niveau de l'émission par la banque centrale qu'il faudrait rechercher les sources de ce manque. Une étude de la carence de la petite monnaie serait donc importante pour révéler lequel de ces deux aspects semble expliquer le phénomène de rareté, et par quels moyens des mesures peuvent être mises en ouvre pour rétablir les normes de circulation fiduciaire, dont l'absence est nuisible au bon fonctionnement de l'économie restreinte. Il s'agit entre autres, . de rechercher les facteurs économiques essentiels de la pénurie des petites coupures de monnaie, . d'identifier les principaux agents susceptibles d'être à l'origine de cette pénurie, . de décrire et d'analyser son impact sur les différents secteurs d'activité, . et surtout d'être éclairés sur les voies de résolution d'une telle crise. Une telle étude pourrait également permettre d'élaborer des modèles prévisionnels afin de quantifier périodiquement, les disponibilités en petites coupures indexées sur le niveau des transactions, qui sont nécessaires pour répondre à la demande de tous les agents.
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Dimanche 12 Mai 2019
Face à la pénurie de jetons certains ont décidé d'employer la méthode de la monnaie en nature. Aux caisses des pharmacies ou des super-marchés le manque de jetons est comblé par des bonbons, des chewing-gums ou même des boites de préservatif ou alors on vous demande d'acheter plus d'articles et de dépenser une plus grosse somme d'argent! Bien sûr la caissière, pour vous faire digérer votre petite perte financière vous gratifiera d'un large sourire. Bref, on se fout du consommateur en Côte d'Ivoire!
Rédigé par: Diarrasse Napie   le: Dimanche 12 Mai 2019
La petite monnaie utile aux échanges quotidiens sur les marchés est le plus souvent absente des tiroirs-caisses. Cette situation incommode les consommateurs et les commerçants mais profite aux vendeurs de petite monnaie qui semblent avoir trouvé une source de revenu à long terme. Certains Ivoiriens dénoncent cette spéculation et estiment que la BECEAO (Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest) doit presser plus de jetons que de billets de banque car ceux-ci sont plus utilisés dans les transactions. Que fait donc la BCEAO ?
Rédigé par: Lago Tape   le: Dimanche 12 Mai 2019
Trouver de la petite monnaie sur le marché abidjanais est devenu un véritable casse-tête ! A chaque étale, à chaque boutique ou petit commerce on s'entend toujours répéter la même phrase dans un français très Ivoirien : « y'a pas monnaie » ! Cette phrase à elle seule traduit la pénurie de jetons dans les tiroirs-caisses si bien que dans les boutiques, les « jetons sont devenus ''caca'' de chat à Abidjan ! ». Tout porte à croire que les pièces de 5, 10, 25, 50, 100, 200 ou 250 francs CFA ont complètement disparu de la circulation et cela se ressent à tous les niveaux. « Les pièces de monnaie comme celles de 5 f, 10 f ou 25 f sont si rares qu'on se demande si elles existent encore ». « L'absence de petite monnaie plombe les échanges ». Vous ne pouvez traiter votre soif sur plusieurs centaines de mètre simplement parce qu'aucune des petites vendeuses ne peut vous monnayer votre pièce de 500 ou de 250 f ! Dans les transports en commun comme les gbaka (mini-car) ou les wôrô-wôrô (taxis communaux) l'absence de petite monnaie occasionne des disputes entre clients et chauffeurs. Les chauffeurs et apprentis pour se débarrasser des clients leur remettent un billet qu'ils devront partager. « Cela vous met en retard bien sûr car le plus souvent vous n'allez pas dans la même direction que les autres passagers »... Bref, l'absence de petite monnaie est un frein économique (majeur) et aussi une nuisance pour les ivoiriens ordinaires.