A Abidjan, une femme sur deux s'éclaircit la peau
AFP - Publié le: 28-02-2019 - Mise-à-jour le: 01-03-2019 - Auteur: AFP
A Abidjan, une femme sur deux s'éclaircit la peau
Plus de la moitié des femmes vivant à Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire, utilisent des produits de dépigmentation malgré une interdiction décrétée par le gouvernement, a déploré un spécialiste ivoirien de renom.
« A Abidjan, 53 % des femmes âgées de 15 à 45 ans, sans distinction de catégorie socioprofessionnelle », utilisent des produits éclaircissants pour obtenir une « peau claire », a affirmé le professeur Joseph Elidjé Ecra, du service de dermatologie d'un centre hospitalier universitaire abidjanais. Ces chiffres ont été produits sur la base des consultations médicales et des visites « de plus de 10 000 femmes dans les centres spécialisés ces deux dernières années », précise le spécialiste.
Le professeur Ecra, dermatologue et infectiologue, qui s'exprimait mardi 26 février lors d'une cérémonie célébrant le 10e anniversaire du Journal de l'économie, un hebdomadaire ivoirien, a pointé le « poids économique des industries cosmétiques » dans le pays. Le spécialiste a également accusé « des pharmaciens devenus commerçants de ces produits » et dénoncé « la complicité des médecins » qui prescrivent ces produits illicites.

Hypertension et diabète

Le gouvernement ivoirien a interdit en 2015 l'utilisation des produits cosmétiques décapants, qui permettent de « dépigmenter la peau des femmes et mettent en péril leur santé ». Les crèmes et autres lotions dites de dépigmentation, qui comportent notamment du mercure et ses dérivés, des corticoïdes, de la vitamine A et de l'hydroquinone au-delà du seuil de 2 %, sont prohibées par décret.
« Le décret a été pris sans programme d'application », a souligné le professeur Ecra, rappelant que les produits éclaircissants peuvent également entraîner « des maladies internes, dont l'hypertension et le diabète ».
 
La dépigmentation de la peau rencontre depuis des années du succès auprès des jeunes Africaines, notamment des Ivoiriennes. Mais aucune étude ne permet de savoir quelle part de la population féminine y a recours. Selon le professeur Ecra, « entre un quart et deux tiers des femmes en Afrique de l'Ouest sont victimes » de cette pratique appelée couramment « tchatcho ».
Rédigé par: Salma Balde   le: Samedi 2 Mars 2019
Les risques liés au blanchiment de la peau, apparu dans les années 1960, sont de mieux en mieux connus, et listés par les autorités sanitaires : infections cutanées (gale, mycoses, etc.), vergetures, hyperpilosité, problèmes de cicatrisation, mais aussi risques accrus d'hypertension, de diabète et de complications neurologiques. Plus grave encore, des cas de cancer de la peau ont aussi été répertoriés ces dernières années. Rien ne semble pourtant dissuader les adeptes de la dépigmentation volontaire, nombreux dans le monde entier, en particulier en Afrique et en Asie, où ces produits sont "autorisés" ou interdits seulement en théorie, mais tolérés dans plusieurs pays. l'utilisation fréquente de ces produits entraîne des effets nocifs pour la peau « dans près de 70 % à 80 % des cas » selon les dermatologues...
Rédigé par: Alys   le: Samedi 2 Mars 2019
"Pour un teint kpata" ("propre et clair"), "Mousso gbè" ("Femme claire", en langue dioula) : les salons de beauté d'Abidjan rivalisent toujours d'ardeur pour blanchir la femme ivoirienne. Les savons "purifiants" et "éclaircissants" continuent d'être vendus. Leurs noms - "Glow and white" (lueur et blanc), "Body white" (corps blanc), "Dynamiclair" - laissent peu de place à l'équivoque. Seul le "Teint choco" pourrait faire croire à un retour du "black is beautiful". Sauf qu'en nouchi, la langue de la rue abidjanaise, "choco" veut dire "joli", et que ce savon "au beurre de cacao" propose un visage bien clair sur son emballage. "On voit toujours à la télé nationale RTI1 des femmes ivoiriennes abonnées aux produits décapants"..."Le produit éclaircissant ? On a beau dire aux gens que ce n'est pas bon pour leur santé, mais si eux trouvent quelque chose de bien là-dedans... On ne peut pas interdire à quelqu'un de faire ce qu'il veut"
Rédigé par: Bismark   le: Vendredi 1 Mars 2019
Que nos autorités elles-mêmes nous présentent leur épouses pour qu'on apprécie leur volonté de prohiber les produits décapants. Madame Ibièkissè ou je ne sais quoi qui doit voter les lois est-elle un modèle d'interdiction de produits decapants? Soyons sérieux, le mal est profond et nous ne pouvons pas y faire grande chose. Si vous interdisez, ce sera comme la drogue. Les produits vont grimper en prix et il y aura des groupes mafieux qui seront chapeautés par les mêmes dirigeants affairistes pour s'enrichir sur le dos des pauvres. Combien d'hommes aujourd'hui peuvent choisir une femme noire à co^ôté d'une femme de teint clair? Soyons serieux avec nous-même. Tous les hommes y compris nos autorités aiment les femmes de teint clair et vont jusqu'abandonner leur anciennes épouses pour prendre une jeunes fille de teint clair. Conséquence, nous les hommes alimentons la course à la dépigmentation. Régardez aujourd'hui toutes nos Miss, elle sont toutes claires voire metissée. Alors que voulons nous? Il faut en mon sens approfondir les recherches pour trouver des produits qui en même temps qu'il dépigmente, ne cause pas de maladies, parce que le combat de l'interdiction n'est jamais gagné et l'histoire l'a prouvé. Combien les gouvernement n'ont pas mis dans la lutte contre la drogue? Aujourd'hui on tend vers une autorisation des stupéfiants. Alors ne créons pas de groupes mafieux. C'est mon avis. QUE DIEU NOUS AIDE
Rédigé par: Victor Nelson   le: Vendredi 1 Mars 2019
La solution serait d'interdir la vente de ces produits sur le territoire ivoirien: c'est drastique comme mesure mais il la faut !
Rédigé par: Lago Tape   le: Jeudi 28 Février 2019
Un peu d'histoire: La dépigmentation (systématique) de la peau noire par l'utilisation de crèmes cosmétiques est née dans les années 60 aux Etats Unis dans la communauté noire (pendant la ségrégation raciale). Le pouvoir "blanchissant" de l'hydroquinone fut découvert sur des ouvriers travaillant dans le milieu du textile ( fabrication de jeans) et du caoutchouc. On utilise ce produit pour délaver les jeans et il sert d'anti oxydant sur le caoutchouc. Il est aussi utilisé dans les peintures et huiles. C'est parce que ces ouvriers noirs travaillaient sans être protégé qu'à la longue, ils ont pu voir l'effet que ce produit toxique avait sur eux. C'est alors, que depuis, il fut utilisé par les fabricants de produits cosmétiques pour créer les crèmes utilisées pour se blanchir la peau, et ce phénomène se propagea vers le continent africain. En 2015, le marché de la dépigmentation valait plus de 10 milliards de dollars US, un enjeux économique pour certains qui ne veulent pas voir ce marché disparaître de si tôt. (Il y a beaucoup de lobbies qui luttent contre l'application de l'interdiction des produits éclaircissants en Afrique). Pourtant, cela serait une mesure de salubrité et de santé publique.
Rédigé par: Bishisha   le: Jeudi 28 Février 2019
Dire aussi (de façon mensongère) que LE BRONZAGE et la DEPIGMENTATION sont égaux... relève un peu d'un manque d'information. Le bronzage est une réaction de défense du corps. Oui le corps humain est une machine intelligente. La peau humaine vivante brunit ou bronze pour se protéger de l'exposition du soleil et des rayons UV. Un bronzage abusif peut abîmer la peau et causer des dommages collatéraux comme le vieillissement prématuré de la peau, des cancers également. Mais, bronzer a du bon quand on sait le faire intelligemment, respecter les heures où il ne faut pas trop s'exposer entre 12 et 14 h. Les rayons de soleil sont bons pr la production de calcium et vitamine D. Alors quand je lis dans des magazines féminins ou dans des pubs des remarques idiotes où les gens comparent le bronzage à la dépigmentation, qui elle annule toutes les défenses naturelles de la peau noire, et détruit sa mélanine protectrice... Je me demande si les gens ont conscience des absurdités dangereuses qu'ils racontent. Qu'on soit noir ou blancs, nous bronzons tous excepté quelques personnes à la peau très blanche ou les roux et aussi les personnes albinos, qui, elles à cause de l'absence de mélanine protectrice dans leur peau les rendent photosensibles à la lumière. Et leur peau est donc plus fragile.
Rédigé par: Odile Tondoh   le: Jeudi 28 Février 2019
On pourrait croire que cette pratique d'éclaircissement du vagin, du contour de l'anus et de la verge est une spécialité indo-pakistanaise ainsi que du Japon et des Philiipines. Pourtant, dans la comédie américaine "Bridesmaid", il en est également question. Dans une des scènes du film, deux amies se disputent et l'une avoue qu'elle est allée dans un institut pour se faire blanchir les parties génitales. L'hôpital universitaire de Miami propose un blanchiment ou une décoloration des parties sensibles telles que l'anus, le vagin, les dessous de bras, les tétons et même les parties génitales masculines. Dans le cas d'une intervention médicale, le traitement est communément appelé blanchiment péri-anal. Cela consiste en un éclaircissement des parties intimes autour de l'anus, la pratique est justifiée par le fait qu'un fil des années, l'endroit devient plus sombre chez beaucoup de blanches et cela est plus accentuée chez les brunes et les femmes de type arabo-berbère ou chez les femmes d'Amérique Latine. L'opération réalisée vise donc à obtenir un teint égal sur l'ensemble des fesses et que l'anus n'apparaisse pas plus foncé. L'idée est aussi arrivée en Belgique et en France. Un petit tour sur les forums féminins de ces pays permet de se rendre compte que la question du blanchiment vaginal et anal pose également question en Europe. Il parait aussi que certains hommes blancs bruns ou arabes trouvent que leur pénis est trop foncé et trop noirci par rapport au reste de leurs corps et, ils voudraient donc aussi qu'on leur blanchisse la quéquette et les testicules. Le blanchiement de la peau semble donc être devenu une folie diabolique qui se répand partout dans le monde, même chez les blancs!
Rédigé par: Poetico   le: Jeudi 28 Février 2019
Femme noire ! femme africaine ! femme nue, peau d'ébène! nous te célébrons pour ta beauté et ta couleur de boue qui peint l'Afrique aux couleurs de fierté et d'intégrité. Le cerveau des poètes a certainement trop vite parlé. Ces interminables louanges lui ont certainement valu la honte dans l'eau delà. Senghor se serait repenti de ses adorations et il aurait cassé et jeté sa plume face aux développements des sciences esthétiques pour défier l'ingéniosité de Dieu. Le phénomène de la dépigmentation a pris de l'ampleur. A Abidjan, capitale de la mode, il est difficile de jouer les aveugles quand les femmes sont des lampes à vos pieds et des lumières pour vos sentiers. Pour ces femmes, la peau claire est le symbole de la beauté éblouissante. Cette couleur "claire" et artificielle (jaune papaye)est sensée parfaire le "look" et pose peu de problème dans le choix des vêtements de couleurs. Avec une bonne dose d'ignorance, le teint noir est considéré comme une couleur sale et sombre. Il met à l'abri des regards et attirent moins de convoitise, selon les dires des femmes qui se dépigmentent la peau. Les solutions pour se colorer de manière "caméléonienne" passent par l'utilisation des pommades qui parfois contournent les barrières de sécurité du ministère de la santé. Les adeptes du concept font parfois des mélanges de savon ou pommade créant des réactions dangereuses pour la peau. Souvent très ingénieuses, c'est de l'huile de moteur qu'elles utilisent pour contredire Dieu. Malheureusement ce phénomène est non sans conséquence. des cancers de peau et mêmes des conséquences gynécologiques à la longue pourrait atteindre ces personnes qui la pratique.
Rédigé par: Douk Boga   le: Jeudi 28 Février 2019
Pour beaucoup de complexé(e)s en Afrique, avoir la peau claire demeure un "must", un canon de beauté. Par complexe, des femmes et hommes noirs (en Afrique) et des personnes foncées ou brunes même en Inde, en Corée et au Japon...) s'adonnent à la dépigmentation, malgré les risques pour la santé. "Xessal" au Sénégal, "Tcha-tcho" au Mali et en Côte d'Ivoire, "Ambi" au Gabon, "Akonti" au Togo, "Dorot" au Niger ou encore "Maquillage" au Congo et au Cameroun... . Des appellations qui en disent long sur un mal. L'éclaircissement de la peau connaît un essor inquiétant sur le continent. Une pratique ancrée dans les mentalités depuis le XVIIe siècle avec la "traite des nègres" puis, la colonisation européenne. En effet, dans le but de les dominer, les colons européens ont inculqué aux noirs le complexe de la peau claire. Cette idée reçue est la cause de la dépigmentation. Certaines femmes africaines ont recours à des produits dangereux. L'eau de javel est mélangée à des laits de corps pour accélérer le processus. L'hydroquinone et ses dérivés sous forme de lait, crème, savon sont aussi très prisés. Alors que la dose pour un usage médical ne doit pas dépasser 2%, certains produits contiennent jusqu'à 22% d'hydroquinone. D'autres personnes se font même faire des injections, imitant ainsi feu Michael Jackson. Les zones difficiles à éclaircir (le coude, les mains, les jointures des pieds et des mains, le cou, le dos) nécessitent des produits plus agressifs comme l'eau oxygénée. Des produits servant, en médecine, à traiter des cas graves d'allergies ou des chocs hémorragiques sont abusivement utilisés car ayant des fonctions éclaircissantes.
Rédigé par: Maddoc Koyaka   le: Jeudi 28 Février 2019
LE MEILLEUR REMEDE CONTRE LES PRODUITS ECLAIRCISSANTS, c'est l'attitude des hommes africains par rapports aux femmes africaines au teint clair(artificiel) "jaune papaye". D'ailleurs, de plus en plus de jeunes Africains préfèrent se tourner vers les femmes africaines qui ont su préserver leur teint noir naturel. Beaucoup d'africains trouvent que les femmes qui s'éclaircissent la peau sentent mauvais. Ces femmes ont une drôle d'odeur (qui donne envie de vomir) à cause des produits qu'elles utilisent. On est obligé de rompre avec elle à cause de ça», Pour beaucoup d'hommes, il est hors de question que leur femme s'adonne à ces pratiques. Cela est bien et on souhaite que cette manière de penser soit majoritaire chez les hommes pour freiner ce phénomène malsain.
Rédigé par: Diarrasse Napie   le: Jeudi 28 Février 2019
Sur la photo qui illustre cet article, les femmes ont l'air plutôt d'avoir le teint naturel. Par contre, les femmes qui se dépigmentent la peau ont le teint orange (couleur du soda Fanta orange) ou bien ont le teint jaune-papaye. D'autres sont rouges comme l'argile de la latérite. Dans tous les cas, le teint n'a pas l'air naturel et elles sentent mauvais. J'ai pris dans ma voiture une collègue qui se dépigmente la peau au point de rougir comme une tomate et je voulais vomir lorsqu'elle a transpiré dans la voiture (le temps que la climatisation se mette en marche et donne bien.). Bref!
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Jeudi 28 Février 2019
Comment en effet ne pas parler de laxisme si on continue de commercialiser dans nos supermarchés, dans nos marchés et dans les salons de coiffure, des produits éclaircissants soi-disant "interdits" et très nocifs pour la santé ? Le gouvernement a en effet signé un décret "d'Interdiction des Produits Cosmétiques Éclaircissant" ...depuis 2015. Bonne nouvelle pour les « Tchatchosseurs », un terme ivoirien désignant les personnes qui se dépigmentent la peau, le décret ne semble pas du tout être appliqué et, personne à ma connaissance n'a été sanctionné pour avoir contrevenu à ce décret.
Rédigé par: Lago Tape   le: Jeudi 28 Février 2019
La Côte d'Ivoire n'est pas le premier pays d'Afrique à interdire ces produits éclaircissants nocifs pour la santé. La Gambie, la Côte d'Ivoire, le Ghana et d'autres pays africains qui ont déjà interdit l'usage de ces produits éclaircissants, mais dans les faits, ces pays ne font pas grand chose pour faire respecter ces interdictions. Le laxisme des autorités de ces pays, le business fructueux généré par la vente de ces produits pour les fabricants et les distributeurs, voire le développement de produits de contrebande consécutifs à la porosité des frontières, font que ces interdictions restent le plus souvent purement théoriques.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Jeudi 28 Février 2019
Comme d'habitude, les décisions ne sont pas appliquées.