Koffi Olomidé sera jugé en France pour "agressions sexuelles"
BBC - Publié le: 10-02-2019 - Mise-à-jour le: 10-02-2019 - Auteur: BBC
Koffi Olomidé sera jugé en France pour
La star de 62 ans sera-t-elle présente à la barre du tribunal de Nanterre comme elle l'avait laissé entendre en juin 2018 lors de l'annonce de son renvoi ?Son avocat Emmanuel Marsigny, interrogé vendredi par l'Agence France Presse, ne l'a pas confirmé.
Koffi Olomidé, visé par un mandat d'arrêt, doit répondre lundi en France d'agressions sexuelles qui auraient été commises en région parisienne entre 2002 et 2006 sur quatre de ses danseuses.
Mis en examen en février 2012 pour viols aggravés, le chanteur congolais a vu les chefs de poursuite retenus contre lui allégés, l'enquête n'ayant notamment pas pu prouver que l'une des plaignantes était mineure au moment des faits.
Le sexagénaire est donc renvoyé pour atteintes sexuelles avec violence, contrainte, menace ou surprise par personne ayant autorité, et pour séquestrations avec libération volontaire avant le 7e jour.
Il doit également comparaître pour avoir facilité l'entrée et le séjour irrégulier en France des plaignantes et pour les avoir fait travailler illégalement en les sous-payant, voire en les privant de rémunération.
Le huis clos devrait être demandé par les parties civiles, a-t-on appris de source proche du dossier.
Les faits retenus par l'accusation en France se seraient déroulés dans un pavillon d'Asnières-sur-Seine, au nord-ouest de Paris, où l'artiste hébergeait ses danseuses en marge de concerts ou d'enregistrements.
En juin 2018, lors de l'annonce de son renvoi devant la justice française, le chanteur a "fermement" contesté les faits, dans un communiqué publié par son avocat.
 
 
Rédigé par: Lago Tape   le: Lundi 11 Février 2019
C'est un fait avéré. Intégrer la troupe de danseuses de Koffi Olomidé a longtemps fait rêver les jeunes filles des quartiers populaires de Kinshasa. Et cela relevait du privilège que d'être choisie par le «patron» et peu importait si Koffi Olomidé exigeait des "faveurs sexuelles" en échange. La plupart des jeunes kinoises des quartiers pauvres étaient prêtes à tout pour devenir danseuses de Koffi et surtout voyager en Europe et dans le monde avec lui. Qu'importe si une taquinerie en vogue dans cette mégapole de plus de dix millions d'habitants voulait qu'une dame vêtue de façon sexy soit «habillée comme une danseuse de Koffi». Car le roi de la rumba congolaise fait partie de ces légendes contemporaines africaines qui a vendu des millions d'albums, adulé par son public et courtisé par des chefs d'Etat de la région. Son visage rond et rieur, ses costumes élégants ou extravagants, ses chansons romantiques ou vulgaires et ses pas de danse ont fait de lui une icône du continent. Antoine Christophe Agbepa Mumba, de son vrai nom, reste visé par un mandat d'arrêt international émis par la justice française en 2009 et renouvelé en 2012. L'accusation repose sur les déclarations des ex-danseuses: "Celles qui se refusaient à lui étaient renvoyées. Souriantes et avenantes sur scène, les danseuses étaient en fait «humiliées», «salies», régulièrement «violées et brutalement sodomisées» par celui qui n'a pas hésité à se présenter comme un défenseur du droit des femmes. Lorsqu'elles tombaient enceintes, Koffi Olomidé les contraignait à avaler des « cachets blancs », raconte l'une d'entre elles. Ce qui provoquait des fausses couches. Parfois, la situation médicale empirait. Et il était contraint de les emmener à l'hôpital où elles étaient admises sous l'identité d'Aliane Olomidé, son épouse".