32e sommet ordinaire de l'Union africaine (UA):En finir avec les conférences tam-tam
le pays - Publié le: 08-02-2019 - Mise-à-jour le: 08-02-2019 - Auteur: Dabadi ZOUMBARA
32e sommet ordinaire de l'Union africaine (UA):En finir avec les conférences tam-tam
Le 32e sommet ordinaire de l'Union africaine (UA) s'ouvre demain dans la capitale éthiopienne, Addis Abeba. Seront abordées à ce rendez-vous des têtes couronnées du continent, les questions relatives au financement de l'institution, à la zone de libre-échange continental, etc. En attendant de voir les propositions concrètes qui sortiront de cette grand-messe, l'on peut, d'ores et déjà, saluer la pertinence des sujets qui seront abordés. En effet, il ne faut pas se faire d'illusions, l'UA ne saurait jouer véritablement le rôle qui est le sien si elle n'est pas financièrement autonome. Or, jusque-là, malgré la volonté affichée de l'homme mince de Kigali de trouver les voies et moyens pour assurer l'autofinancement de l'UA, force est de constater que l'institution continue de tendre la sébile à l'Occident. A qui la faute? Bien sûr aux dirigeants africains. Car, certains pays et non des moindres, s'opposent à l'idée de l'autofinancement de l'UA par le prélèvement d'une taxe de 0,2% sur les importations. Ce sommet va-t-il alors permettre aux dirigeants de crever l'abcès? Rien n'est moins sûr. Et pourtant, l'autofinancement de l'UA est une nécessité absolue.
Du reste, depuis que le Crésus africain, Mouammar Kadhafi pour ne pas le nommer, a cassé sa pipe, les cotisations entrent au compte-goutte. Si l'organisation continentale veut se montrer crédible, elle n'a pas d'autre choix que d'opérer des réformes
hardies. Certes, sous le magistère de Paul Kagame, des réformes ont été proposées voire adoptées mais leur mise en ouvre bute contre la résistance de certains pays dont le Nigeria. En effet, ce géant d'Afrique ne veut pas mettre les pieds dans la zone de libre-échange continental dont les bases ont été jetées le 21 mars 2018 à Kigali et dont le but n'est autre que de faciliter les échanges commerciaux entre pays africains. Sur les 49 Etats signataires, seule une quinzaine d'entre eux ont ratifié l'accord en fin décembre 2018. Preuve que le chemin reste encore long pour que ce projet puisse produire les résultats escomptés.
 
L'UA se doit d'oeuvrer à donner un contenu à son sigle
 
A dire vrai, l'UA est un grand malade qui a besoin d'une thérapie de choc. Elle doit passer de son statut de club de chefs d'Etat pour devenir une institution au service des peuples.
Cela dit, il faut craindre que les réformes en cours ne soient rangées dans les mois à venir dans les oubliettes. Car, le président rwandais, Paul Kagame, qui semblait en avoir fait une affaire personnelle, doit passer le témoin à son homologue égyptien, le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi, au cours de ce 32e sommet de l'UA. Or, ce dernier ne semble pas intéressé par ces réformes. En tout cas, ce serait lui demander la lune que d'attendre de Al Sissi qu'il réforme l'UA qui, malgré les exigences liées à l'évolution du monde, peine à faire sa mue. Toutefois, l'Egyptien qui fait preuve de fermeté dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, pourrait apporter à l'UA son expertise en la matière. Au total, l'institution panafricaine doit travailler à renforcer la démocratie sur le continent et la libre circulation des personnes et des biens. Elle se doit d'ouvrer à donner un contenu à son sigle qui, aujourd'hui, fait figure de coquille vide. Elle doit donc en finir avec les « conférences tam-tam », pour reprendre l'expression du défunt roi Hassan II du Maroc. Et pour y parvenir, il faudrait que chaque pas qu'elle fera, aille dans le sens de l'unité pour coller à l'esprit des pères fondateurs.
 
Dabadi ZOUMBARA 
 
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Samedi 9 Février 2019
L'UA n'existe pas réellement, ce n'est qu'une coquille vide incapable de quoi que ce soit de concret sur le terrain. Chacune de ses "actions" (virtuelles) la ridiculise un peu plus.
Rédigé par: Lago Tape   le: Samedi 9 Février 2019
L'UA ne sera jamais forte si les Etats membres continuent à être faibles: La fragilité de pays comme le Nigeria et l'Afrique du Sud, deux grands géants africains, illustrent bien la difficulté de l'Union africaine à trouver des locomotives. Elle ne sera jamais forte si les Etats membres continuent à être faibles.Une union ne se décrète pas. Comme en témoigne l'Union européenne, elle se construit ! Le terme «Union africaine», au regard même de la taille du continent, traduit plus un espoir, un horizon qu'une réalité. Plusieurs visions émergent d'ailleurs autour de cette construction. Certains pensent qu'il faut aller vers une Union africaine très politique, en d'autres termes vers les Etats-Unis d'Afrique. D'autres estiment qu'il faut être beaucoup plus réaliste et construire une Union africaine qui s'appuierait sur la force des organisations sous-régionales. Entre ces deux modèles, il y a une hésitation qui est préjudiciable à l'organisation. L'argent est le nerf de la guerre si on veut que l'UA ait de l'influence et un poids certain. Tous les Africains se rendent bien compte que cela pose problème d'avoir une organisation continentale qui est dépendante, pour ses programmes les plus importants, de l'Union européenne et de ses partenaires internationaux.