Côte d'Ivoire -103 ème anniversaire de Bernard Dadié : dans l'indifférence totale !
Siriki Gbané - Publié le: 11-01-2019 - Mise-à-jour le: 11-01-2019 - Auteur: Siriki Gbané
Côte d'Ivoire -103 ème anniversaire de Bernard Dadié : dans l'indifférence totale !
Bernard Binlin Dadié, considéré par la critique comme le père de la littérature ivoirienne et l'un des plus grands écrivains africains encore vivant, célèbre ce jour son 103ème anniversaire. L'information m'est donnée par un ami. Je l'ai par la suite vue, mentionnée dans un petit coin, sur le site abidjan.net. Sur le site, aucun article n'est consacré à ce grand homme de lettres. Où est-il en ce moment ? Que fait-il ? Comment se porte t-il ? Comment passe t-il ses journées ? Rien du tout comme information.
Je me pose la question suivante : comment l'équivalent de Bernard Dadié aux Etats Unis, en France, en Angleterre, au Japon, en Chine, au Brésil, dans la plupart des pays industrialisés, aurait été traité par la presse et la société en général en ce jour de son 103 ème anniversaire ? Pour un individu ordinaire, qui ne réalise rien de particulier dans sa vie et qui, à 103 ans, est encore en vie, cela relève d'un certain mérite, même selon le standard occidental, où être centenaire ne passe pas inaperçu. Mais il s'agit tout de même de Bernard Dadié ! Et chez nous cela semble relever de la banalité. Rien qu'à y penser j'ai les larmes aux yeux.  Cela est tout simplement un indicateur de l'état de notre société. Nous dont l'ultime ambition est de ressembler aux autres : les pays industrialisés. « Silence on développe », m'aurait répondu Jean-Marie Adiaffi.
J'imagine déjà les moyens, les ressources et les énergies qui seront déployés pour lui rendre « un hommage digne de la nation » sitôt qu'on aura annoncé son décès. Nous, si brillants à célébrer les nôtres. Pas de leur vivant. Mais à titre posthume.
Siriki Gbané
Washington, DC
 
Rédigé par: Foufou   le: Lundi 14 Janvier 2019
@Gbané, les autorités ne vous ont pas attendu pour célébrer Bernard Dadié à l'occasion de ses 100 ans. On ne va pas chaque année organiser des célébrations. Que répondre à ceux qui en font un débat politique? Pour rappel, contrairement à l'hommage fait à Bernard Dadié bien qu'il se soit déclaré GOR et adversaire politique des tenants actuels du pouvoir, doit-on rappeler le sort réservé à Amadou Kourouma, lui aussi écrivain émérite? Il a fallu attendre la fin du règne des GOR pour que sa dépouille soit rapatriée sur le sol de ses ancêtres ici en RCI. Son tort? Alors qu'il avait été pressenti par Gbagbo pour diriger le "Forum pour la réconciliation nationale" en 2001, il avait annoncé qu'il ne serait pas un faire valoir, cela a suffit pour qu'il soit écarté. A sa mort, il a été enterré au cimetière de Lyon, aucune réaction ni soutien du pouvoir d'alors. Bernard Dadié vit parmi les siens et bénéficie de toute l'attention des autorités actuelles bien qu'il soit l'auteur de la pétition en faveur de Gbagbo en 2015 et qu'il ne rate aucune occasion pour affirmer son aversion pour Alassane Ouattara. Une rue d'Abidjan, a été baptisée vendredi 23-12-2016 du nom de l'écrivain et homme politique Bernard Dadié, le « père des lettres ivoiriennes ». Le ministre ivoirien de la Culture Maurice Bandama a salué en lui un « héros centenaire » lors de la cérémonie d'inauguration en présence d'hommes de lettres et d'universitaires. La rue, longue de 1,3 kilomètre, est parallèle à la rue des jardins et passe devant le Bureau ivoirien des droits d'auteurs, dans le quartier chic de Cocody. « Poser un tel acte, c'est le faire entrer au panthéon pour qu'il continue d'inspirer ses contemporains pendant longtemps encore et serve de boussole aux générations à naître » a déclaré M. Bandama. Cette rue « encouragera les plus jeunes et les futures générations à découvrir l'importance et le plaisir de la lecture et aussi à mieux rencontrer l'homme ».
Rédigé par: papus   le: Dimanche 13 Janvier 2019
Depolitisons le debat,Bernard Dadie comme tout ecrivain s'est range du cote du peuple,ainsi il a combattu le colon ensuite HOUPHOUET qui en a fait apres son ministre de la culture. Une salle du Palais de la culture porte son nom et je crois savoir que son centenaire a ete celebre avec faste par le Ministre actuel de la culture BANDAMAN
Rédigé par: Ivoiro-usa   le: Vendredi 11 Janvier 2019
@ Mammian. Très bien dit . Gbagbo disais (Si je tombe tu tombe ) En réalité je commence à prendre les dire de Gbagbo au sérieux.
Rédigé par: Lago Tape   le: Vendredi 11 Janvier 2019
Bernard Binlin Dadié, le père de la littérature ivoirienne, fête en ce jour ses 103 ans sur la terre des hommes. Une longévité qui en dit sur la vie que mène ce monument des lettres ivoiriennes, une vie saine et dépourvue d'artifices. Cet écrivain né le 10 janvier 1916 est appelé, à juste titre, le père de la littérature ivoirienne parce qu'il a inauguré presque tous les genres en Côte d'Ivoire. Notons le roman avec Les Villes (1933), le théâtre avec Assémien Déhylé (1936), la poésie avec Afrique Debout (1950) et la nouvelle avec Légendes Africaines (1954).
Rédigé par: Famatchè   le: Vendredi 11 Janvier 2019
Merci mammian pour cette explication tout à fait plausible. Je vois, ça s'explique donc! Tu me fais là une description de l'Etat sauvage, qui dévore ses fils et filles. y compris les plus illustres! Le chemin qui nous conduira à la Terre promise - si jamais on le trouve - sera plus long que je ne pensais. Que le Seigneur vienne à notre secours!
Rédigé par: Bonébo   le: Vendredi 11 Janvier 2019
Gbané, c'est bien mais je m'attendais à prendre connaissance des initiatives que vous avez prises dans ce sens ! Et dans le pire des cas, que vous révéliez les noms de ceux qui vous ont bloqué dans votre belle initiative. Cela dit, Dadié himself a dit qu'il était du Gor. il n'attend rien comme hommage en dehors de ce que lui procurera la pétition universellement mondiale qu'il a lancée depuis 2015 pour la libération immédiate de son wooddy.
Rédigé par: mammian   le: Vendredi 11 Janvier 2019
certains de ses romans étaient au programme dans les années 77. J'ai une forte admiration pour Bernard B. Dadié au niveau de ses écrits,on se retrouve plus dans ses écrits que ceux de la métropole; seulement voilà, si je ne me trompe, il est du bord politique de gbagbo. et gbagbo a été combattu par ceux qui sont au pouvoir. DONC, ils ne doivent le célébrer, encore moins les journaux pour ne pas s'attirer les courroux des RHDP ou rien. SI GBAGBO avait gagné, Bernard dadié aurait pu être célébré.et, je crois que c'est comme ça en Afrique et dans les pays du tiers monde. Bernard dadié, ce monsieur mérite sa place au panthéon! hélas, la politique est passée par là!et moi, je passais simplement