Félix Houphouët-Boigny, toujours une "icône" en Côte d'Ivoire, 25 ans après sa mort
AFP - Publié le: 06-12-2018 - Mise-à-jour le: 06-12-2018 - Auteur: AFP
Félix Houphouët-Boigny, toujours une
« Je décréterai férié le jour anniversaire de sa naissance », lance la députée Véronique Aka. Vingt-cinq ans après sa mort, Félix Houphouët-Boigny, le premier président de la Côte d'Ivoire, reste une icône dans son pays où son héritage subit toutefois des critiques. Ses discours sont cités à toutes les sauces et son nom est devenu un « fonds de commerce politique » pour nombre de politiciens qui se réclament de lui.
Né le 18 octobre 1905, Félix Houphouët-Boigny (FHB) a conduit son pays, ex-colonie française, à l'indépendance en 1960, puis l'a dirigé pendant 33 ans, avec comme instrument politique le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, l'ex-parti unique) qu'il a créé en 1946. « On va attendre un siècle pour retrouver un homme de son acabit, doté d'un destin hors norme », estime Amara Essy, son ancien ministre des affaires étrangères (1990-1999), qui souligne que le « sage de l'Afrique » voulait « construire un Etat avec des valeurs et des principes, puis ensuite une nation ».
Le « miracle économique ivoirien »
« Ce qui m'a impressionné chez ce monsieur, c'est sa capacité d'analyse des relations internationales, mieux que certains grands dirigeants des pays développés. Il avait prédit que le système communiste n'allait jamais atteindre le centenaire, parce qu'inhumain », explique l'ancien diplomate, qui a été secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), puis président par intérim de la Commission de l'Union africaine (ex-OUA) entre 2001 et 2003.
 
Adepte du libéralisme, le « pays d'Houphouët » (un surnom de la Côte d'Ivoire) va connaître une croissance vertigineuse dans les deux décennies suivant son indépendance, portée par le secteur agricole, au point qu'on a parlé de « miracle économique ivoirien ». Citée en exemple pour sa stabilité politique, la Côte d'Ivoire se hissera au rang de première puissance économique d'Afrique francophone, devenant le premier producteur mondial de cacao avec 40 % du marché.
Fort de cette embellie économique, FHB va transformer son village natal de Yamoussoukro, à l'orée de la forêt et de la savane dans le centre du pays, en une ville moderne où il bâtira la basilique Notre-Dame-de-la-Paix, quasi-réplique de Saint-Pierre de Rome, consacrée le 10 septembre 1990 par le pape Jean Paul II.
Le miracle devient mirage
Mais avec la crise économique, tout change. Les recettes d'exportation s'effondrent. En 1992 (un an avant sa mort), la dette totale du pays atteignait 20 milliards de dollars (17 milliards d'euros), deux fois le PIB. « Le Vieux » accuse la « spéculation internationale ». Il dénonce aussi la corruption. « Il a développé le potentiel agricole de la Côte d'Ivoire, mais sans réussir à faire franchir le cap de la transformation » des matières premières, critique l'économiste ivoirien Yves Ouya.
« Le libéralisme d'Houphouët-Boigny est une légende urbaine, il a été dirigiste. Le pays disposait de nombreuses sociétés d'Etat dont la plupart ont été privatisées trois ans avant sa mort, après de mauvaises gestions », selon le politologue Jean Alabro. « Houphouët-Boigny a raté la transition politique vers le multipartisme », déplore de son côté Roger Manet, 53 ans, observateur politique ivoirien.
M. Manet accuse celui que le général de Gaulle cite dans ses mémoires comme un « cerveau politique de premier ordre » - FHB fut ministre de la IVe République française et a participé à la rédaction de la Constitution de la Ve République -, de n'avoir pas laissé éclore le multipartisme dans son pays. « Ce processus s'est imposé à lui en 1990. Depuis sa mort, le 7 décembre 1993, la Côte d'Ivoire a vu se succéder tout ce que son régime lui avait épargné : violences politiques, rivalités ethniques, tentatives de coup d'Etat, instabilité », relève-t-il, très amer.
Rédigé par: Loethiers Mackan   le: Lundi 10 Décembre 2018
@ cool 23 je ne suis pas essentiellement Gor. Mais j'aime la vérité. Je suis Ivoirien né avant l'indépendance. J'ai commencé l'école primaire à Daloa et terminé à Kong. Les études secondaires et l'université à Abidjan et en Europe . Je suis Chrétien. Je connais mon pays, ses institutions et ses dirigeants. Je précise tout ça pour dire qu'à tout point de vue, je suis suffisamment qualifié pour connaître mon pays et en parler sans complaisance. Gbagbo n'est pas parfait et ne le sera jamais . Mais qu'il soit l'unique coupable des crimes commis dans ce pays depuis 2002 vous pouvez y croire, moi non. Et dire qu'il y a trop de criminels impunis dans ce pays ce n'est pas être contre le pardon et la réconciliation. Cela s'appelle vérité , objectivité et vouloir la justice. Si c'est cela être Gor le problème se trouve chez ceux qui fabriquent et distribuent les étiquettes GOR .
Rédigé par: Loethiers Mackan   le: Lundi 10 Décembre 2018
@ cool 23 je ne suis pas essentiellement Gor. Mais j'aime la vérité. Je suis Ivoirien né avant l'indépendance. J'ai commencé l'école primaire à Daloa et terminé à Kong. Les études secondaires et l'université à Abidjan et en Europe . Je suis Chrétien. Je connais mon pays, ses institutions et ses dirigeants. Je précise tout ça pour dire qu'à tout point de vue, je suis suffisamment qualifié pour connaître mon pays et en parler sans complaisance. Gbagbo n'est pas parfait et ne le sera jamais . Mais qu'il soit l'unique coupable des crimes commis dans ce pays depuis 2002 vous pouvez y croire, moi non. Et dire qu'il y a trop de criminels impunis dans ce pays ce n'est pas être contre le pardon et la réconciliation. Cela s'appelle vérité , objectivité et vouloir la justice. Si c'est cela être Gor le problème se trouve chez ceux qui fabriquent et distribuent les étiquettes GOR .
Rédigé par: coul23   le: Dimanche 9 Décembre 2018
@ Lothiers Mackan , lorsque tu decide de mettre de cote ton penchant Gor , tu est tres interesent a lire ! rien a dire...vous-avez touche le coeur du probleme . Big up bro .
Rédigé par: Lothiers Mackan   le: Samedi 8 Décembre 2018
Il serait étonnant qu'il n'en soit pas ainsi. Ce qui est à comprendre, c'est pourquoi les houphouétistes se déchirent. Si on était dans une démocratie réelle, on assisterait à des débats contradictoires publics. Aussi aurait-on finalement eu une définition de cette idéologie jusqu'ici floue pour la majorité. On entend souvent accuser les successeurs qui n'auraient pas été capables de gérer l'héritage du Vieux. Mais on ne dit jamais assez que tous les malheurs du pays trouvent leur source dans cet héritage. On ne peut perpétuer encore aujourd'hui les pratiques et choix politiques du siècle passé. Il faut aller au-délà d'Houphouet. Il faut s'émanciper. La nostalgie est l'opium des esclaves.
Rédigé par: papus   le: Vendredi 7 Décembre 2018
Malheureusement,ces valeurs qu'il pronait ont disparu par la faute tous ceux qui se reclament de sa pensee point ou certains veulent meme faire disparaitre son parti politique. C'est vraiment triste de constater que le nom HOUPHOUET est devenu un veritable fond de commerce