Les pays du Nord se querellent sur le quota des migrants. Tandis que les pays du sud se lancent dans le palabre.
N'goran Brou - Publié le: 11-09-2018 - Mise-à-jour le: 11-09-2018 - Auteur: N'goran Brou
Les pays du Nord se querellent sur le quota des migrants. Tandis que les pays du sud se lancent dans le palabre.
La migration, un casse-tête pour les gouvernants des pays du Nord et du Sud. Quelles sont les causes et la responsabilité de ces pays ? On pense à  la mauvaise gouvernance des pays du Sud, à la famine, à la misère et aux calamités naturelles.
Les pays du Sud se complaisent de l'émigration de leur population vers le Nord qu'on peut interpréter que le bac trop plein d'une population qui se vide, puisqu'ils ne peuvent pas la nourrir, l'éduquer et la soigner. Les pays du Nord considèrent l'immigration comme un problème insoluble imposé par les pays pauvres et qui les divise. Ils font éditer des règles et érigent des murs pour endiguer le flux oubliant leur part de responsabilité. Ils sont complices de la mauvaise gouvernance de ces pays. Les pères de l'indépendance avaient prédit aux pays du Nord que s'ils n'aidaient pas les pays fraichement décolonisés à sortir du sous-développement latent : nous en subirons tous les conséquences, le flux migratoire actuel est une.
La collaboration entre les deux parties à la recherche d'une solution presse, au lieu des décisions unilatérales qui ne sont que des palliatifs. Croyez-vous que ceux qui vont à la recherche d'une terre promise ne sont pas conscients du danger qu'ils en courent ! Ils se disent : qui ne risque rien n'a rien, rester ou aller périr dans la mer Méditerranée revient au même. Pourquoi perdurent les maux (la misère, les guerres civiles) après plus de cinquante ans d'indépendance ? La mauvaise gouvernance, l'absence de démocratie et la pluralité culturelle sont les causes principales de l'exode de leur population. Ces pays du sud sont minés par la corruption, le copinage et le favoritisme qui ne font que promouvoir une administration lourde et peu rentable. Chaque jour des forums sont organisés pour trouver une solution de démarrage économique de nos Etats ; et pourtant ils continuent de végéter, ils peinent à trouver des remèdes pour retenir leur jeunesse qui chaque jour au prix de leur vie tentent de traverser la Méditerranée pour aller chercher un bien-être hypothétique avec une mafia bien organisée.
Nous devons faire nôtres le développement et la croissance des quatre dragons d'Asie (Corée du sud, Hong Kong, Singapour et Taiwan) ; au début des années 60 ils avaient le même niveau de développement que certains pays africains nouvellement décolonisés ; aujourd'hui on importe de ces pays : voitures, ordinateurs, appareils ménagers, etc. Certes, ils disposaient des signes graphiques conventionnels communs (l'Ecriture) qui leur ont permis de s'adapter au mieux à la nouvelle technologie. Ces pays du sud ont-ils du plomb dans l'aile ? En Côte d'Ivoire certaines initiatives louables et prometteuses des années 60-70 telles que le montage des véhicules Renault et des appareils de télévision, la mise en conserve de certains produits de consommation (sauce graine et djoungblé, foutou d'igname, etc.) et des chaînes de commercialisation (chaîne PAC) ont été stoppées net. Pourquoi ? Ces pays asiatiques dont leurs produits sont prisés aujourd'hui ont commencé en tâtonnant, à force d'abnégation et de persévérance ils ont trouvé la voie et prospéré.
Notre croissance est basée sur le BTP (bâtiment et travaux publics) financés par les emprunts extérieurs faute d'épargne nationale. Cette croissance ne crée pas de richesse nationale solide ; il suffit une crise quelconque, les capitaux sont expatriés suivi de la perte d'emploi et la fermeture des entreprises. Pendant la crise économique des années 80 on a assisté le transfert massif en un jour de capitaux. Le pays se retrouve à la case départ. La misère et la pauvreté, à l'affut, se réinstalleront tant qu'on n'arriverait pas à transformer nos produits de base sur place.
Les pays du Sud continuent d'exporter les matières premières sans transformation pour créer de la valeur ajoutée, puisque les multinationales ne veulent pas scier la branche sur laquelle elles sont assises, elles n'encourageront pas le développement d'une industrie locale qui leur fera concurrence ; ces pays du Sud importeront toujours des produits finis avec les matières premières exportées de chez eux sans création de la valeur ajoutée.
Un pays comme la Côte d'Ivoire tire l'essentiel de ses devises par ses produits de rente (Cacao, latex, noix d'acajou et le coton) exportés en quantité à l'état brut ; il suffit que la loi de l'offre et de la demande fasse pencher la balance vers l'offre, les prix dégringolent ; le pouvoir d'achat de la jeunesse qui veut s'adonner à l'agriculture (culture pérenne, élevage, pisciculture, etc.) baisse. Elle est plus tentée d'aller se chercher à ailleurs.
Pour retenir la jeunesse au pays, les gouvernants des pays en voie de développement, en plus de la sensibilisation pour détourner la jeunesse de l'émigration sauvage, doivent rendre l'agriculture plus attractive par la mécanisation, s'industrialiser et développer le secteur tertiaire pour créer d'emplois et produire de la richesse.
 
 
N'goran Brou
Cadre comptable et financier à la retraite
 
Rédigé par: Lago Tape   le: Mercredi 12 Septembre 2018
La Côte d'Ivoire attire les investisseurs. Depuis la fin de la guerre civile de 2010-2011, le pays d'Afrique de l'Ouest aux 24 millions d'habitants affiche une vigueur économique impressionnante qui semble s'inscrire dans la durée: après avoir enregistré entre 8% et 9% de croissance sur la période 2012-2015, la Côte d'Ivoire devrait croître à nouveau de plus de 8% en 2016. Le taux le plus élevé du continent africain. Le succès des émissions obligataires Eurobond en 2014 et 2015 et l'ouverture d'un bureau régional de la Banque Européenne d'Investissement à Abidjan en 2016 témoignent de l'engouement croissant que suscite le premier producteur mondial de cacao auprès des investisseurs.En effet, en abritant la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières et plus d'une vingtaine de banques, Abidjan est de plus la première place financière de l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine. Alors qu'un certain nombre d'observateurs évoquent déjà le retour du «miracle ivoirien», des voix dissonantes se font néanmoins entendre: les retombées économiques et sociales seraient insuffisantes, en particulier auprès des franges les plus pauvres de la population. En effet, entre 2008 et 2015, le taux de pauvreté n'a que faiblement reculé passant de 48,9% à 46,3%. La question se pose alors avec acuité: la croissance ivoirienne bénéficie-t-elle à tous?