Libération de Simone Gbagbo: ADO aura fait sa part de chemin
le pays - Publié le: 08-08-2018 - Mise-à-jour le: 08-08-2018 - Auteur: le pays
Libération de Simone Gbagbo: ADO aura fait sa part de chemin
Les eaux de la lagune Ebrié retrouveront-elles définitivement leur calme ?
C'est Dame rumeur qui l'avait annoncé dans les gargotes et autres bistrots d'Abidjan. Mais c'est désormais officiel. L'ex-première dame de Côte d'Ivoire, Simone Gbagbo, sera bientôt libre de ses mouvements. Ainsi en a décidé le chef de l'Etat, Alassane Dramane Ouattara (ADO) qui, dans son adresse à la Nation, à l'occasion du 58e anniversaire de l'accession du pays à l'indépendance, s'est posé en rassembleur. Car, en plus de Simone Gbagbo, 800 autres personnes, essentiellement issues de l'ancienne majorité présidentielle, ont bénéficié de la grâce présidentielle. Elles attendent que soient accomplies les formalités juridiques pour rejoindre leurs familles respectives. Pour un acte fort, c'en est un. Car cette amnistie accordée aux partisans de Laurent Gbagbo, contribuera, à n'en point douter, à relancer la machine de la réconciliation en panne depuis quelques années.
Le président ADO aura fait sa part de chemin
Du reste, avec ces gestes d'apaisement, ADO rabat le caquet à tous ceux-là qui, de jour comme de nuit, n'avaient de cesse de dénoncer une Justice à deux vitesses en marche en Côte d'Ivoire. Il coupe l'herbe sous les pieds de ses détracteurs qui présentent la Côte d'Ivoire comme un pays où la démocratie n'existe qu'en apparence et où les droits de l'Homme sont bafoués. C'est le cas, par exemple, de ce dernier rapport de l'Union européenne (UE) qui relève  une longue litanie de points négatifs et inquiétants en rapport avec la gouvernance politique et économique du pays. En tout cas, pour une réconciliation nationale réussie en Côte d'Ivoire, le président ADO aura, quant à lui, fait sa part de chemin. Reste maintenant à espérer que les uns et les autres feront le leur pour que les Ivoiriens puissent se rabibocher. Cela dit, il ne faudra pas qu'une fois sortis de prison, certains partisans de Laurent Gbagbo, qui ont la rancune tenace, travaillent à dresser le bûcher contre la Côte d'Ivoire à travers des discours haineux et enflammés sur fond de négation de l'autre. Certes, certains parents de victimes n'ont pas manqué de faire grise mine dès l'annonce de cette amnistie du chef de l'Etat accordée à des gens présentés comme des « criminels ». Mais la réconciliation nationale n'ayant pas de prix, aucun sacrifice n'est de trop. Comparaison n'est pas raison certes, mais, le Rwanda de Paul Kagame, quoique l'on puisse en dire, n'aurait pas atteint ce niveau de prospérité et de stabilité si après le massacre d'avril 1994, les uns et les autres n'avaient pas accepté de se pardonner et de se donner la main. Gageons donc que les eaux glauques de la lagune Ebrié retrouveront définitivement leur calme. Surtout qu'en plus de l'amnistie des pro-Gbagbo, le président ADO a annoncé la recomposition de la Commission électorale indépendance (CEI) qui, depuis peu, polarisait les attentions. Car, aussi bien de la majorité que de l'opposition, des voix se sont maintes fois élevées pour demander sa dissolution. Chose dont ne voulait pas entendre parler le président Ouattara qui a fini par faire contre mauvaise fortune bon cour. C'est tout à son honneur.
Reste à espérer qu'il ira jusqu'au bout de sa logique en larguant les amarres en 2020
Car la CEI, dans sa composition actuelle, faisait la part belle au pouvoir en place, d'où le risque d'une contestation post-électorale en 2020. Cela dit, il n'est donc jamais tard de bien faire. C'est le moins que l'on puisse dire. Car, avec tout ce qu'elle a vécu en 2010-2011, la Côte d'Ivoire n'a plus besoin d'une nouvelle crise post-électorale qui pourrait davantage fragiliser son unité et sa cohésion nationales. Du reste, pour passer la main à une autre génération, comme le souhaite ADO, cela doit se faire dans la paix au risque que les héritiers se retrouvent plus tard groggy des turpitudes de leurs devanciers. En tout cas, en un mot comme en mille, on peut affirmer sans risque de se tromper qu'avec ce discours, le président ADO est en phase avec les attentes des Ivoiriens. Reste maintenant à espérer qu'il ira jusqu'au bout de sa logique en larguant les amarres en 2020. On attend de voir. Car, d'autres chefs d'Etat, avant lui, l'ont promis, pour finalement commencer à rétropédaler à travers des réformes politiques et constitutionnelles. C'est le cas, par exemple, du Tchadien Idriss Deby Itno qui, après trois décennies au pouvoir, vient de s'ouvrir un boulevard pour une présidence à vie et ce, alors même qu'au début du précédent mandat, il avait promis de faire valoir ses droits à la retraite. ADO en fera-t-il autant ?
On attend de voir. Toujours est-il qu'il faut se garder de donner le bon Dieu sans confession à un homme politique qui, pour paraphraser quelqu'un, « ne fait jamais rien sans rien ».
« Le Pays »
Rédigé par: AMOATA N'Gouan   le: Vendredi 10 Août 2018
La Côte d'Ivoire a besoin d'être un pays de droit et rien d'autre.Personne ne respecte la loi dans ce pays.Sinon, quand un citoyen est aux mains de la justice, il faut un procès pour savoir si ce qu'on lui reproche est vrai.Dans le cas contraire, on le libère.Mais chez nous la "politique" aidant, on garde des citoyens sans jugement pour parler d'amnistie après.Pendant qu'on y est, en quoi le cas SOUL TO SOUL est-il semblable à ceux des personnes gardées en prison après conflit électoral de 2011? Ce genre de passages en force signifie que le régime actuel a quelque chose à cacher aux ivoiriens.Le jour où tous les ivoiriens seront prêts à respecter la constitution et tous les textes qui régissent notre pays, tout ira mieux pour tous.Nous sommes tous des citoyens en conflit avec la loi, avec comme exemple les tristement célèbres "microbes"
Rédigé par: Bismark   le: Jeudi 9 Août 2018
Pour la reconciliation, je pense que c'est une bonne chose que ADO a fait et pour cela, il faut le feliciter et le remercier. Je pense que Bedie s'est ressaisi en allant chez ADO et il parait qu'il a remercie finalement ADO pour cette decision qui permettra la decrispation de l'atmosphere. Sur ce point ADO est a feliciter. Mais la ou il a peche, c'est le fait de n'avoir pas ecoute son peuple et de finalement se plier aux onjonctions de la communaute internationale. Comme quoi, ADO a toujours vu l'amitie selon BANNY en rapport de soumission. Tant qu'il est fort que toi, il ne t'ecoute pas. Cela dit il faut au moins lui reconnaitre, que lui au moins, ecoute la communaute internationale. Sur ce point, il marque un point par rapport a ses adversaires et predecesseurs Bedie, Guei et GBAGBO qui eux n'ont pas ecoute la Communaute internationale. Mais c'est de bonne guerre. Il faut tirer l'experience du passe. Il est vrai que le contexte est quelque peu different et le temps manque pour rentrer dans les details. Seulement ADO ne tirera rien comme dividende au plan interne car les Ivoiriens dans leur grande majorite se disent que la decision n'est pas venu de bon coeur. Maintenant ceux qui font des comparaisons pour justifier le refus de ADO d'ecouter les ivoiriens, je leur dit que la democratie est une quete et doit evoluer. On ne repete pas les erreurs du passe. Si l'on doit se comporter comme en 1999, je concluerai que nous avons encore du chemin.les ivoiriens doivent sentir les effets de la democratie, de l'Etat de droit, de la bonne gouvernance... mieux qu'en 1999. Si ce n'est pas le cas, alors je dirais que ces sacrifice n'auront servi a rien. Le combat que Soro dit avoir mener n'aura servi a rien. Alors allons resolument vers une meilleure approche de la gouvernance. QUE DIEU NOUS AIDE
Rédigé par: Venance Kano   le: Mercredi 8 Août 2018
Evidence naive: aucune decision n'est innocente. Tous les gestes quotidiens que nous posons (au plan personnel comme au niveau politique) sont motives par une raison essentielle. En la matiere, innocence = vue de l'esprit.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mercredi 8 Août 2018
"...il faut se garder de donner le bon Dieu sans confession à un homme politique qui, pour paraphraser quelqu'un, « ne fait jamais rien sans rien ». C'est une conclusion fort juste, car il est clair que cette décision n'a rien d'innocent.