Intellectuels Maliens, Engagez vous !
Séga DIARRAH - Publié le: 11-07-2018 - Mise-à-jour le: 11-07-2018 - Auteur: Séga DIARRAH
Intellectuels Maliens, Engagez vous !

Au Mali, ceux qui se prétendent des « intellectuels » estiment qu'ils ne doivent pas « s'engager ».

Si la Patrie est en danger, le pays au bord du gouffre, il faut s'engager pour sauver la nation.
Que les intellectuels Maliens s'engagent courageusement pour défendre des causes qui en valent la peine. N'ayez pas peur  des coups à prendre, ne restez pas chez vous.
IL y a 2 ans, je me suis engagé pour l'emploi des jeunes et une éducation efficace au Mali, ce qui m'a valu sur le coup la saisie de tous les équipements de la rédaction de notre journal Maliactu et la mise sous contrôle judiciaire de notre rédacteur en chef .  C'est sur des sujets comme celui-là que l'engagement des intellectuels a un sens, quand il faut se battre contre l'opinion dominante, les institutions.
Malheureusement notre microcosme d'intellectuel Malien vit sur un mythe, se croyant ministrable, personne ne prend son courage pour dire publiquement les choses.
Ceux qui « s'engagent » aujourd'hui ne sont généralement que des moutons de Panurge, qui bêlent avec le troupeau, préférant se planter avec le gourou à la mode, plutôt que de défendre la vérité et avoir raison avec le paria.
Dans cette liste, beaucoup d'illustres inconnus, et de personnes pour qui le qualificatif « d'intellectuel » est à la limite de l'usurpation.
J'ai beaucoup de respect pour les comédiens, les artistes et leur métier, mais de là à les qualifier d'intellectuels, il y a un pas que je ne franchirai pas.
Par contre, on ne retrouve pas dans cette liste de grands noms, ceux de nos vrais intellectuels, ceux qui peuvent faire réellement avancer les débats en les éclairant et qui travaillent au lieu de passer leur temps sur facebook ou sur twitter.
 On ne les entend toujours pas donner leur avis . 
Je reste convaincu que le vrai débat, celui qui peut faire bouger les lignes, ce n'est pas en période de campagne qu'il peut avoir lieu. Il faut le mener en amont, par un travail de réflexion, d'échanges, sur un temps long, sans la pression d'une échéance.
Il faut ensuite le vendre aux politiques pendant que leur opinion sur un sujet n'est pas encore faite. C'est long, collectif, mais c'est ce que nous avons adopté au collectif BI-TON.
Cependant, le miroir aux alouettes du système politique Malien a encore de beaux jours devant lui, quand on voit le nombre de personnes qui s'alignent sur ses standards et vont à la soupe.
 
Séga DIARRAH