Attentats de Grand-Bassam : La ville s'apprête à commémorer le 2e anniversaire dans « la crainte »
lebanco.net - Publié le: 11-03-2018 - Mise-à-jour le: 12-03-2018 - Auteur: Malick Sangaré
Attentats de Grand-Bassam : La ville s'apprête à commémorer le 2e anniversaire dans « la crainte »
Au moment où la ville de Grand-Bassam s'apprête à célébrer le deuxième anniversaire des attentats terroristes qui ont endeuillé la cité balnéaire, le 13 mars 2016, d'autres terribles attaques, du même genre, ont frappé de plein fouet le Burkina Faso, comme pour rappeler à chacun que la vigilance doit toujours rester de mise.
Pour la commémoration de l'An II de ce drame, qui a causé la mort de 19 personnes, une journée sera organisée en mémoire des victimes. Et les idées ne manquent pas. Au-delà du recueillement, l'occasion sera donnée aux amoureux du vélo de « Pédaler pour la paix ». L'objectif étant de réunir plusieurs personnes autour d'une procession qui ira d'Abidjan à Grand Bassam.
« Nous allons partir de la place Akwaba jusqu'à l'hôtel Étoile du sud de Grand Bassam, où il y aura une cérémonie de recueillement »,  annonce le conseiller presse et des affaires culturelles de l'Ambassade des États-Unis en Côte d'Ivoire, Daniel Langenkamp.
Pendant ce temps, l'émoi et la désolation qui s'étaient abattus sur la ville de Grand-Bassam,,  après ce funeste après-midi du 13 mars 2016 ont progressivement laissé place à un sentiment d'amertume et au désir d'aller néanmoins de l'avant chez les populations. Résilients, à l'image de la société ivoirienne en général, les habitants de Grand Bassam ont même fait une représentation caricaturale de cet évènement tragique lors de l'édition 2017 du plus grand festival culturel de la région, l'Abyssa, pour témoigner de leur capacité à se relever après un choc de cette ampleur. Même si la peur demeure encore vivace dans les esprits.
Paule Traoré, habitante de la ville, regrette que, deux ans après le drame, « l'image de Bassam continue de porter le sceau de cette attaque terroriste. On n'y pense pas tous les jours, certes, mais à chaque fois qu'on entend parler d'attentat ailleurs dans le monde il y a la crainte qu'on ressent de voir se reproduire les mêmes choses ici ». Au-delà  de ces souvenirs douloureux, Bassam veut pouvoir tourner la page.
Malick Sangaré 
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Lundi 12 Mars 2018
On n'a pas besoin de commémoration et de cérémonie (on aime trop faire la fête en Côte d'Ivoire) pour se souvenir de ce qui s'est passé à Bassam, jadis havre de paix et d'insouciance, et qu'on évite désormais de fréquenter les jours de grande affluence. J'y ai passé beaucoup de temps, j'y ai beaucoup de bons souvenirs, de nombreux amis, et je suis de tout coeur avec eux, pas seulement ne ce jour anniversaire.
Rédigé par: Lago Tape   le: Dimanche 11 Mars 2018
Pourquoi commémorer l'attentat de Grand-Bassam ? "Que les vies des victimes dont nous conservons le souvenir, les actes accomplis et l'esprit revivifié soient à jamais des phares qui réaffirment le respect de la vie, renforcent notre détermination à préserver la liberté et contribuent à mettre un terme à la haine, à l'ignorance et à l'intolérance." Ce sont là, naturellement, des sentiments irréprochables. Une commémoration est l'expression de la solidarité du pays aux victimes, de respect plutôt que de critique, de recueillement plutôt que de révisionnisme. Mais en affirmant que le souvenir est nécessaire nous ne devons pas faire mine de croire qu'il est complètement innocent ou, pour le dire de façon encore plus abrupte, qu'il n'y a pas d'inconvénient moral. Il y en a, et parfois de taille. C'est pourquoi, à l'occasion de toute commémoration, il convient de se demander quels sont les coûts et les avantages du souvenir. Car même s'il n'y a rien de moralement problématique à se souvenir de ceux qui sont tombés et à rendre hommage à l'héroïsme des premiers sauveteurs et des militaires ivoiriens tués, l'appel à renforcer "notre détermination à préserver la liberté" est tout sauf une marque innocente de respect.L'intérêt de la commémoration ne réside pas dans sa capacité à mettre en lumière la vérité dans toutes ses nuances et ambiguïtés. C'est parfaitement normal d'ailleurs. Le problème, c'est qu'elle entretient l'illusion que les humains gardent longtemps le souvenir d'un événement et, surtout, qu'elle peut avoir de graves conséquences politiques et historiques. Après tout, se souvenir ce n'est pas seulement avoir du chagrin ; cela peut aussi vouloir dire éprouver une soif de justice ou de vengeance bien après que le moment de remiser les armes est passé.