Que penser des derniers propos du Président Ouattara sur 2020
Pierre Soumarey - Publié le: 28-11-2017 - Mise-à-jour le: 28-11-2017 - Auteur: Pierre Soumarey
Que penser des derniers propos du Président Ouattara sur 2020
Lors de la récente interview qu'il a accordé à la chaine télévisée "France 24", le Président OUATTARA, dans un trait d'esprit exprimé en des termes très sibyllins , a réitéré son intention maintes fois affirmée, de ne pas vouloir solliciter un troisième mandat...........sauf circonstances exceptionnelles et imprévues ( "en politique" tout comme partout ailleurs du reste, "on ne dit jamais non"), ceci bien que "la Constitution de son pays l'y autorise".
Cette séquence marque, à l'évidence, un double recul, par rapport à sa position antérieure - la réversibilité de son intention rentre désormais dans le champ du possible - et la lecture qu'il fait de la nouvelle Constitution - fondement légal à une telle possibilité, porte une lourde tension polémique, tant en droit qu'au plan politique.
Cette évolution sémantique du discours, s'analyse dans ses relations contextuelles (hypothèque du schéma successoral au sein du RHDP) historiques ( habitudes des coups d'état constitutionnels et reproduction des tentations de conservation du pouvoir) et connexes avec à la fois, des notions de rupture et de continuité, se présentant comme une stratégie du "ni-ni", qui opposent subtilement d'une part, acteurs ( entrepreneurs politiques) et structures (ordre constitutionnel), et d'autre part, la subjectivité du Président de la République à l'objectivité des textes sur lesquels il s'appuie pour énoncer son système de pensée (choix, préférences, idée et position personnelle). Ce n'est pas un simple " au travail, 2020 est encore loin", mais un à priori de principe à confirmer par l'expérience.
Celui-ci est rationnel ( pensée conduite avec une raison suffisante) et cohérent (conformité à ses engagements antérieurs), à tel enseigne, qu'il invite à reconstruire tout son système de pensée, pour expliquer cette réserve en son entier, tant il intègre des notions conceptuelles, des idées bien établies chez l'homme et des variables politiques pour comprendre le cheminement de sa pensée ( impact du changement des perspectives électorales de 2020 sur le discours, apparition de nouveaux rapports de force dans la classe politique, confiscation de la parole publique sur le sujet, insertion du discours dans un ensemble d'actions et de manoeuvres qui deviennent perceptibles, préparation psychologique, crise de confiance). Dès lors, le discours politique du Président de la République est loin d'être aussi anodin et innocent, qu'il ne parait. La nouvelle configuration du RDR, à l'heure du Parti unifié du RHDP, corrélativement à l'attitude du PDCI- laissent assez perplexes, et attestent d'une stratégie de fonds, dans un champ structuré par des enjeux de pouvoir, des contraintes d'alliance objective, des règles de droit, et un environnement favorable (culture politique et poids des habitudes) , bien que mutant ( jeunesse, nouvelle génération, nouveaux modèles africains de démocratie et code international non écrit sur la bonne gouvernance).
Conclusion : Comment le Président OUATTARA entend-t-il gérer et tirer profit de son capital (bilan d'action, sympathie, histoire, confiance, alliance) ? A-t-il délibérément choisi sa stratégie pour y parvenir, ou au contraire, celle-ci lui a -t-elle été imposée par les circonstances ? Quelle relation veut-il tisser avec l'histoire et le futur ordre socio-politique qui va se mettre en place dans les prochaines années en Côte d'Ivoire ?
La question n'est pas ici, une question de droit, dont tout le monde connait objectivement la réponse, mais une question fondamentalement politique. En choisissant de brouiller la lecture de l'élection de 2020, il prive la Côte d'Ivoire du bénéfice d'une lisibilité à long terme pour ses investissements, et il donne aux sceptiques, des raisons de douter de la sérénité du climat politique à l'horizon 2020/2025. Néanmoins, il existe également suffisamment de raisons de penser que sa passion et son ambition pour son pays, le pousseront davantage à chercher à imposer un profil consensuel, plutôt qu'un mode de reproduction ou de désignation. Un soutien à une personne partageant la même vision, les mêmes valeurs, en qui il peut avoir confiance pour poursuivre son programme d'action et relever les défis de l'avenir. Une autorité à la probité incontestable et à la compétence unanimement reconnue, très certainement issue des rangs du PDCI-RDA. Ce n'est qu'à défaut d'y parvenir, qu'il pourrait faire peser le poids de sa personne dans la balance de ce "meilleur choix" pour la Côte d'Ivoire (suivant son entendement et sa proximité idéologique). En conséquence aussi, il faut considérer cette stratégie, liée à une exigence qualitative, comme un plan B, clairement affirmé.
Rédigé par: Loethiers Mackan   le: Mercredi 29 Novembre 2017
Analyse fine et subtile d'intellectuel averti. Mais cette finesse et cette subtilité ont-elle inspiré ADO à la conception de ses réponses au moment de l'interview? Si tel fut le cas, il faut reconnaître qu'il est d'un machiavélisme dangereux. Dans tous les cas lorsqu'au dernier moment il se saisira d'une fallacieuse opportunité pour accepter de se présenter pour un troisième mandat, il n'y aura que les naïfs incrédules et les amnésiques qui seront surpris. Ici en Côte-d'Ivoire, on se connaît depuis 1993.
Rédigé par: Urbain N'Dakon   le: Mercredi 29 Novembre 2017
@ Vérité, excellente Analyse. La voie de sortie de notre misère en manière de création d'emploi se trouve dans une révolution de notre système éducatif. Ce sont nos enfants qui doivent devenir des investisseur et créateurs d'entreprise cometents et non des gens venus d'ailleurs. Le système éducatif doit se transformer radicalement en une machine à former des entrepreneurs compétents et productifs dans tous les domaines. Sur 100 enfants scolarisés, en une année, on devrait, au bout de 10 ans, en retrouver 80 qui ont compris, car on le leur a enseigné dans n'importe quelle école du système éducatif, que leur avenir dépend de leur aptitude à créer une entreprise. Ensuite, qu'au moins 80% de ceux-là soient orientés vers une formation professionnelle et qu'à la sortie, nous puissions comptabiliser le nombre de création d'entereprises chaque année. Et les chiffres de création d'entreprises devraient être au centre d'une réflexion menée au sein des écoles sur cette réalité. Si la création d'entreprise ne devient pas une grande grande grande priorité dans le système éducatif, les problèmes d'emploi et tout ce qui va avec (criminalité, chômage, perte des valeurs) n'ira qu'en s'emplifiant, comme nous avons vu que le problème depuis l'indépendance va en s'emplifiant du fait que l'école soit occupée à enseigner autre chose que l'aptitude des apprenants à se prendre en Charge le plus tôt possible.
Rédigé par: Moïse   le: Mardi 28 Novembre 2017
Si le président Ouattara tente de se présenter encore,il va le regretter amèrement et Gbagbo va valoir mieux que lui.s'il se présente encore cela veut dire que c'est pour cela qu'il a modifié la constitution mais pas à cause des articles confligènes (comme il le disait).
Rédigé par: Tougnantigui   le: Mardi 28 Novembre 2017
Ouattara n'a aucun droit de se représenter pour un troisième mandat de trop. Pas de troisième dose. Il ne doit pas imiter Pierre Nkurunziza, ni Sassou N'guesso, ni Joseph Kabila. Sinon il s'en ira dans la honte, après avoir eu tout l'honneur dû à son rang. Il voulait transformer le pays et demandait un seul mandat. On lui en a donné deux. Ça devrait suffire largement. malgré sa compétence que personne ne met en doute, il doit partir. Nous avons une constitution qui octroie 2 mandats au président, pas trois. On trouvera un autre qui sera tout aussi compétent que lui. Changeons et essayons un autre, qui viendra avec des idées nouvelles.
Rédigé par: Roger   le: Mardi 28 Novembre 2017
S'il ne veut pas sortir par la grande porte , il sortira par la porte de secour comme Gbagbo
Rédigé par: Vérité   le: Mardi 28 Novembre 2017
Je viens d'écouter le discours de Macron à Ouaga ! La jeunesse de France a parlé à la jeunesse Africaine, car il l'a dit lui-même, il s'adresse à toute la jeunesse Africaine ! Nous n'avons pas voulu réfléchir sur les mots du discours de Dakar de Sarkozy ! Nous avons commencer à nous scandaliser, à philosopher, à insulter ! On avait raison? Si oui, OK !!!! Mais, Macron nous dit à partir de maintenant, NOS politiciens doivent exécuter les études de NOS architectes et NOS ingénieurs, et NOS sachants ! TOUS Africains ! Ensuite, il aidera de l'extérieur ! ET ON N'EST TOUJOURS PAS CONTENTS !!!!!! Macron fera comme De Gaulle avec la Guinée et la Chine nous montrera une EXPLOITATION SANS MORALE ET SANS ETAT D'ÂME !!!!!! Nous verrons alors ! Nous verrons alors comment on peut détruire l'avenir de nos enfants !!!! Nous verrons ! Vérité
Rédigé par: Vérité   le: Mardi 28 Novembre 2017
Il est temps que les responsables Africains soient Responsables...pas seulement dans les paroles et lors des discours, mais par LES ACTES! Le problème de l'emploi est TRES IMPORTANT ! En Côte d'Ivoire, le ministère de l'emploi jeunes est déficient et c'est une réalité ! Si vous trouvez un emploi pour 2000 personnes sur une population de 2.000.000 de personnes, cela fait un taux de 0.1%. ce taux, Monsieur Le Président Ouattara, est largement en dessous de votre taux de croissance de 8% ! Le taux de l'emploi représente 1% du taux de croissance ! Et je suis gentil de donner le nombre de 2.000 emplois ! Le problème actuel de la Lybie est ancien, il existe dans chacun des pays Africains. Des petites filles de 6 à 14 ans travaillent à Abidjan de 6 heures du matin à 22 heures sans arrêt ! Dîtes moi alors c'est quoi l'esclavage ! Quand l'esclavage se pratique entre Noirs, pas de problème ! Mais quand une peau claire entre en jeu, ohhhhhhhh, grave ! Les parlementaires ivoiriens ont refusé de voté une Loi sur le salaire des "bonnes", beaucoup ont expliqué qu'ils sont incapables de payer le SMIG ! Vendre des poissons ou des légumes sur une table de marché n'est pas un emploi qui permet de s'occuper d'une famille, d'acheter un terrain et de construire une maison ! Arrêtons les rêves ! Arrêtons de croire qu'une fille qui se promène avec un panier d'orange sur la tête pourra s'en sortir un jour ! Arrêtons de croire que toutes ces jeunes filles travaillant dans les maquis arrivent à s'en sortir avec un salaire "décent" chaque fin de mois !Nos responsables doivent s'occuper "de mettre l'électricité dans nos vies qui vivent dans l'obscurité" comme l'a dit Macron, au lieu de tendre la main à ces peaux claires que nous n'arrêtons pas d'insulter ! En un mot, LE PROBLÈME C'EST NOUS ! Vérité