Liberia - Monrovia : à West Point, dans le fief de Weah
Le Point.fr - Publié le: 12-10-2017 - Mise-à-jour le: 12-10-2017 - Auteur: CÉCILE BRAJEU
Liberia - Monrovia : à West Point, dans le fief de Weah
Sous un abri sombre, quatre femmes vendent du charbon de bois. Les larges portes des magasins en fer bleu sont certes closes, mais les étals du marché proposent les mêmes produits qu'à l'habitude, quelques fruits, de l'eau, du riz et du poisson frit. La foule compacte se fraie un passage entre les motos taxis jaunes dans les rues étroites. Le quartier populaire de West Point tranche avec le calme du reste de la ville de Monrovia. L'effervescence des élections s'est ajoutée à la vie quotidienne. Les femmes sont plus réticentes à évoquer le scrutin, mais pour les plus bavards, un seul nom « George Weah ».

Les populations encouragées à voter

Emmanuel K Toe, bénévole de la Croix-Rouge, a fondé une école pour accueillir les enfants les plus démunis. Ils sont 180 à y recevoir l'enseignement de base, selon les dires du quadragénaire, qui se mobilise pour son quartier depuis plusieurs années. Il affirme avoir fait du porte-à-porte hier pour inciter les habitants à aller voter. « Je leur ai rappelé leur droit, l'importance de donner leur voix pour faire changer les choses », assure-t-il. Et sa démarche a porté ses fruits. Les centres électoraux n'ont pas désempli depuis 8 heures ce matin.
 
 ©  Cécile Brajeul
Jour de vote à West Point : les magasins sont fermés. © Cécile Brajeul
 
 

Weah quand même..

Et ces votes pourraient faire la différence pour George Weah, déjà sénateur du Montserrado - dont dépend la capitale -, le plus peuplé des quinze comtés du Liberia. D'autant plus que celle qui sera sa vice-présidente en cas de victoire n'est autre que Jewel Howard-Taylor, la sénatrice du comté du Bong. Les inscrits sur les listes électorales des deux comtés réunis représentent quasiment la moitié des 2,1 millions d'électeurs libériens. S'assurer les votes dans ces deux territoires est donc crucial pour déterminer l'issue du scrutin. Le choix de l'ex-femme de Charles Taylor, ancien chef de guerre, qui a écopé d'une peine d'emprisonnement de 50 ans pour les crimes commis en Sierra Leone, le pays voisin, est pourtant décrié.

. malgré l'ombre de Charles Taylor

Les détracteurs de Weah voient dans cette alliance un moyen pour Charles Taylor d'avoir la mainmise sur le pays du fond de sa prison. Qu'importe, à West Point où les problèmes de pauvreté, de chômage, de criminalité se concentrent, l'ancien international de football redonne un espoir à une large partie de la population. Edward, 32 ans, vit comme beaucoup de petits boulots. Il a deux fils de 2 et 4 ans et si lui n'a jamais pu aller à l'école, il souhaite pour eux un avenir meilleur. Il a scolarisé tant bien que mal ses enfants, mais il peine à financer les coûts exorbitants. « Même pour le plus petit qui ne parle pas encore, je dois dépenser plusieurs milliers de liberties (plusieurs centaines d'euros) », explique-t-il. 

L'espoir que les problèmes des démunis soient pris en compte

 
 ©  Cécile Brajeul
Extérieur de la centrale d'électricité qui fournit tout Monrovia. © Cécile Brajeul
 
 
Weah représente donc l'espoir de voir un président considérer les problèmes des plus démunis. Emmanuel K Toe ajoute : « Il s'est enrichi, mais n'a jamais oublié les pauvres. » L'actuel sénateur du Montserrado a fait de l'accès à l'énergie et à l'eau ses priorités. Des préalables essentiels pour développer l'économie du pays et endiguer le chômage. « Aucune entreprise ne s'installera au Liberia si nous ne pouvons couvrir les besoins en électricité », assure George Weah. Et au vu de l'état de l'unique centrale électrique de Monrovia, le chantier est d'ampleur. À l'image de West Point où elle est située, elle paraît bien délabrée. En cas de victoire, les défis de Weah seront de taille pour sortir le Liberia du marasme économique où les dépenses générées par l'épidémie Ebola de 2014 à 2016 l'ont replongé et ne pas décevoir les espoirs de son électorat.
Rédigé par: Bonébo   le: Samedi 14 Octobre 2017
Weah revient en force ! Bravo et Dieu sourit à la patience et à la sagesse. C'est le même genre de recul que Choï avait proposé à gbagbo, :"reculer pour mieux sauter!" QUE non, gbagbo a préféré tout bêtement que Cocody et la CIV brûle pour que sa gloutonnerie démesurée soit satisfaite!!!!! Un vrai hara kiri que seule la mauvaise foi s'échine à affirmer que l'auteur ou le traite se trouve dans les rangs des Sorko, Soro, Ado et Obama.