Rentrée des classes en Côte-d'Ivoire: Une démission, une apathie qui fabrique des sous élèves
Mahoua S. Bakayoko - Publié le: 11-09-2017 - Mise-à-jour le: 11-09-2017 - Auteur: Mahoua S. Bakayoko
Rentrée des classes en Côte-d'Ivoire: Une démission, une apathie qui fabrique des sous élèves
L'année dernière un nouvel inspecteur de l'éducation est nommé dans une région du pays. À l'issue de sa tournée , il décide de parer aux urgences notamment la désignation d'un directeur dans une de ses grandes écoles dont le précédent titulaire venait de décéder. Avec pour autre objectif la promotion du genre ,il décide de trouver une femme pour le poste. Sur conseil on lui propose une liste de 7 femmes , après élimination aidé par ses collaborateurs ,il déniche celle qui trouvait grâce à leurs yeux . Il pousse cela après à un échantillon d'instituteurs de toute sa zone...........il est sidéré par tous ses enseignants connectés et qui lancent même des débats entre eux pendant les heures de cours sur Facebook
Cette institutrice était la seule qui n'avait jamais fait de post aux heures de travail sur Facebook . Jamais elle ne se connectait pendant les heures de cours. Une enquête qui je n'en doute pas étendue à nos enseignants du secondaire pourrait aussi nous édifier .
Nos enseignants on peut l'affirmer ont reçu la formation adéquate pour le métier, mais ont ils la réelle volonté de la diffuser ?
Une discussion avec un jeune enseignant il y'a quelques mois m'a édifiée sur l'état d'esprit de bons nombre de nos enseignants du public. Abou me confiait "Mahoua c'est triste mais il va falloir un électrochoc pour réveiller beaucoup de mes collègues. Combien de nos élèves arrivent en classe de CM2 sans savoir lire ?? Une foule. Une année on me confie la classe de CE2 et je décide de mettre en pratique une méthode qui devait amener mes élèves à être des lecteurs autonomes à la fin de l'année . J'étais assez fière de moi. les instituteurs qui les ont repris au CM1 et au CM2 ne tarissent pas d'éloges sur le niveau de mes élèves et me félicitait. Aussi je décide de proposer avec l'appui de la directrice ma méthode aux autres enseignants . Quelle déception, seule une l'appliquera. Pour les autres c'était du travail supplémentaire . "
Des enseignants qui durant les cours confectionnent leurs fiches au détriment des heures d'enseignements. Des enseignants qui rechignent à faire les cours d'éducation physique aux enfants . Certains même une fois par semestre ignorant les bienfaits de cette activité sur le développement moteur de l'enfant donc sur son mental. Notre école est malade de certains de bons nombres de ses enseignants malgré la revalorisation des salaires. Une démission, une apathie qui fabrique des sous élèves .
À côté de cette responsabilité, celle de l'état n'est pas en reste , loin s'en faut. Quand l'école commence à 8h pour s'achever à 12h pour la matinée et commence à 15h pour s'achever à 16heures 30 il y'a un réel soucis . Les enfants partis au champ où au marcher chez les mères pour manger reviennent trop souvent en retard . Avec les pics de chaleur les enfants sont lourds à se déplacer . L'après midi les cours reprennent à 15h avec une récréation (?) à 16 h pour finir les cours à 16heures 30. Quand certains élèves sortent pour la récréation ils ne reviennent plus. On aura beau les punir , les résultats sont toujours pareils. Pourquoi ne pas instaurer la Journée continue et inciter les parents à donner des en-cas aux enfants pour passer le midi (igname bouillie -riz couché -du pain macaroni.........dans le sac le matin pour le midi, éduquons les parents dans ce sens ). Avec beaucoup de nos cantines scolaires surtout dans nos villages ne fonctionnant que deux jours dans la semaine et une partie de l'année il est désormais impératif de préparer les esprits des parents aux en-cas ce qui pourrait résoudre le problème de la Journée continue et éviter la desertion des élèves de l'après midi.
Aujourd'hui les parents se tournent plus vers les établissements privés pour former correctement leurs enfants . Pitié donc aux enfants des pauvres !
Un privé qui prend une grande place dans tout le pays même dans les hameaux les plus reculés avec des enseignants parfois mal payés mais qui fournissent la qualité face aux enseignants du public démissionnaires . On me parlera de nombre pléthorique ce qui n'est pas faux mais dans ce flot certains arrivent à bien former leurs élèves, respect à vous . Ceux là ont ce qu'on appelle une conscience professionnelle et une haute estime du métier qu'ils aiment et qu'ils ont librement choisi. Bonne rentrée à tous
Mahoua S. Bakayoko
Rédigé par: kokobliko   le: Mercredi 13 Septembre 2017
le problème se pose au niveau du critère de recrutement des instituteurs aujourd'hui. On ramasse par un semblant de concours des individus qui n'ont pas le niveau requis, qui ne savent même pas écrire leur nom, pas faire une phrase, qui sont nuls pour être enseignants. Que peut-on obtenir si ce n'est que de la médiocrité. La preuve, un syndicat des enseignants du primaire de la place a décrié les conditions de recrutement des instituteurs. Ce syndicat a voulu pour sauver ce qui peut être encore sauvé de maintenir le recrutement avec le BAC. Malheureusement, venant d'un syndicat, on a vite fait de crier haro sur le Baudet. Vu le niveau très bas de nos brevetés(BEPC), le recrutement des instituteurs a été relevé avec le BAC. Mais, patatras!!! avec l'arrivée des Kadiarousse, il a été décidé de recruter les personnes devant enseigner nos enfants avec le BEPC qui aujourd'hui ne vaut plus rien du tout. voilà succinctement relevé l'un des vrais problèmes de l'enseignement primaire!!!
Rédigé par: Beugré Julien   le: Mardi 12 Septembre 2017
Aujourd'hui, on est instituteur parce que on n'a pas eu mieux ailleurs.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mardi 12 Septembre 2017
Comme la médecine et quelques autres activités, l'enseignement est un sacerdoce. Si on n'a pas la foi, il ne faut pas le faire, et surtout pas le faire pour le salaire uniquement. Il vaut mieux faire cabine téléphonique ou brouteur, c'est presque plus honnête.