Va-t-on enfin réhabituer nos yeux à des corps normaux?
Slate-France - Publié le: 21-04-2017 - Mise-à-jour le: 21-04-2017 - Auteur: Daphnée Leportois
Va-t-on enfin réhabituer nos yeux à des corps normaux?
Que Kendrick Lamar rappe dans «Humble» qu'il en a «ras le cul de Photoshop», qu'il y demande à voir «des trucs normaux comme un cul avec des vergetures» et que son clip expose des fesses et des cuisses ornées de cellulite et desdites vergetures, serait-ce le signe que les corps au naturel ont la cote? que la domination des corps lisses et retouchés dans notre champ visuel et nos imaginaires est sur une pente descendante? En tout cas, après les stars qui veulent se dévoiler sans artifices ni maquillage, les mannequins grande taille qui affichent leurs rondeurs sur les podiums et Instagram, à l'instar d'Ashley Graham, les marques de lingerie dont les mannequins sont bien éloignées du 90-60-90, le mouvement body positive ne cesse d'enfler.

Ces nouvelles images corporelles peuvent imprégner les imaginaires et même guider les comportements collectifs. «Les images aseptisées et retouchées de publicités ont un fort effet de socialisation. La présence d'images alternatives va complexifier cette socialisation. Il est bien évident qu'il vaut mieux plusieurs modèles qu'un seul modèle monolithique, cela peut faire évoluer les représentations», admet la sociologue Christine Détrez, auteure de l'ouvrage La construction sociale du corps (Seuil, 2002). Et plus encore lorsque les stars s'en emparent. Parce que, comme l'écrivait en 1913 le socioanthropologue Gustave Le Bon, «le beau, c'est ce qui nous plaît, et ce qui nous plaît se détermine moins par le goût personnel que par celui des personnes influentes, dont la contagion mentale impose le jugement».
 
Contre-pouvoir numérique
Outre leur effet prescripteur, ces images peuvent aussi servir de révélateur. «Qu'il y ait d'autres corps montrés comme dignes d'être vus et d'être jugés beaux signale l'artificialité des autres corps, les dénaturalise», poursuit la sociologue. Entendre, dans une vidéo Facebook de l'animateur Baloo visionnée plus d'un million et demi de fois, que la cellulite, d'Amber Rose ou de toute autre femme, est «onctueuse» fait qu'il n'est plus si évident de penser que des cuisses et des fesses ne sont belles que si elles sont satinées et sans peau d'orange.
Plus qu'une mode, qui pourrait être une banale passade saisonnière, «il existe une prise de conscience autour des normes corporelles», fait remarquer le sociologue à l'ENS-Paris-Saclay Thibaut de Saint Pol:
«L'idée que les images du corps qui nous sont présentées ne sont pas réelles et qu'elles ont des conséquences sur les représentations qu'on a de notre corps voire qu'elles engendrent des souffrances est devenue un sujet de bataille légitime et peut entraîner une mise à distance vis-à-vis de ces normes.»
Cette conscientisation est amplifiée, si ce n'est générée, par internet. On l'a encore vu récemment avec les cris d'étonnement et d'énervement sur Twitter face aux retouches du corps de Claudia Cardinale sur l'affiche du Festival de Cannes 2017 ou à la qualification de Buffy par le magazine Première de «petite blonde boulotte».
«C'est un mouvement qui vient de la société civile pour interroger les modèles publicitaires et commerciaux, précise Christine Détrez. Le numérique vient casser la diffusion verticale et descendante des images et du modèle de beauté. Le public n'est plus un récepteur passif face à la communication de masse. Un contre-pouvoir s'effectue.» Et même s'il n'est pas évident de s'exposer sans fards sur internet (tout article féministe, surtout écrit par une femme, peut mener à du harcèlement en ligne), les hashtags comme #honormycurves, #celebratemysize ou #allbodiesaregoodbodies sur Instagram permettent de «montrer son corps à la collectivité et dans la collectivité, en se disant que l'on n'est pas seul(e)», mentionne son confrère Philippe Liotard, spécialiste du corps.
On observe une diffusion et une réappropriation par le grand public avec des moyens à la portée de chacun des travaux des têtes de pont féministes des années 1970
Philippe Liotard, sociologue
En effet, «à côté de ces personnes qui se présentent sous leur meilleur jour (et prennent parfois cinquante photos pour partager l'image la plus favorable d'elles, parfois éloignée de leur apparence ordinaire), s'est développée une forme de contre-pied de la normalisation esthétique, une revendication d'authenticité, qui revient à se présenter comme on est».
Cette vision, «en contradiction avec le polissage esthétique du corps», n'est pas nouvelle. Elle s'inscrit, selon Philippe Liotard, dans la continuité de la contestation de la plasticienne Valie Export, qui, au cours d'une performance, se coupa les poils pubiens et s'en fit une moustache, des hybridations d'Orlan, des autoportraits de Cindy Sherman, voire de l'engagement porno-féministe d'Annie Sprinkle: autant d'artistes qui ont mis en scène leur corps d'une manière inhabituelle et ont ainsi questionné la place du corps (et) de la femme dans la société. «Ce qu'on voit aujourd'hui est une diffusion et une réappropriation par le grand public avec des moyens à la portée de chacun des travaux des têtes de pont féministes des années 1970.» On peut remercier internet pour son aide dans la bataille contre la distorsion de l'image de soi!
 
Body-positive-washing
Cette réappropriation n'est pas uniquement citoyenne. Depuis Dove et sa campagne de 2004 «Pour toutes les beautés», les marques s'en donnent aussi à cour joie. Moins pour l'objectif affiché de faire changer les regards que pour susciter chez les médias un désir de parler de leurs campagnes publicitaires. et donc, au final, vendre plus -excepté pour les marques qui se revendiquent féministes et se contenteront de petites parts de marché. «Il ne faut pas confondre ce qui est de l'ordre de l'engagement avec la stratégie marketing», relève Philippe Liotard. Mais ce body-positive-washing ne gêne pas plus que ça Christine Détrez:
«Tant mieux si le féminisme devient un argument marketing. Il y a eu tout un débat autour de Beyoncé mais on ne peut pas nier qu'elle a changé quelque chose. Il vaut mieux que le féminisme soit à la mode que de considérer le mot comme une insulte
C'est en d'autres termes ce que disait au Monde début avril la photographe et entrepreneuse Sophie Bramly, membre du collectif féministe 52: «Les rappeuses ont [.] retourné la nudité forcée et utilisé leur corps pour prendre le pouvoir. Beyoncé, Rihanna ont plus fait pour la troisième vague féministe que beaucoup d'intellectuelles. Si l'on fait sentir aux femmes leur puissance, à long terme, ça aura un impact.»
Il ne suffit pas d'un contre-stéréotype pour casser le stéréotype. Le jugement esthétique est à la fois moral et social. C'est ça qui est difficile à détricoter
Christine Détrez, sociologue
Mais de quelle ampleur? «Ce mouvement-là existe, il n'est pas anodin, mais ce n'est pas pour ça qu'il vient effacer ni supplanter l'autre modèle, qui reste dominant», avance Christine Détrez.
«Si les publicités habituelles sexistes continuent de faire vendre, cela ne changera pas grand-chose, soutient Philippe Liotard. Les publicitaires savent que, pour vendre, il faut créer du désir, même inconscient, en montrant des corps qui n'existent pas. L'association d'une jeune femme sexy à une voiture est débile mais, jusqu'à présent, elle fonctionne!»
Un propos corroboré par l'anthropobiologiste Gilles Boëtsch, qui s'appuie sur une étude qu'il a menée en 2004 montrant que les personnes âgées pouvaient, consciemment ou non, ne pas adapter leurs lunettes à leur vue afin de ne plus se voir dans le miroir. Rester dans le flou pour ne pas être renvoyé à quelque chose de désagréable.
 
Vilain jugement
C'est qu'il n'est pas seulement question d'esthétique. Derrière l'image, se cache l'image de soi. et tout un univers moral. «Il ne suffit pas d'un contre-stéréotype pour casser le stéréotype, regrette Christine Détrez. On remet ici en question l'habillage du stéréotype mais il est plus ardu de faire exploser le noyau. Or le jugement esthétique est à la fois moral et social. C'est ça qui est difficile à détricoter.» Le terme «vilain» en est la preuve: quelqu'un de vilain peut être désagréable à la vue, laid, mais aussi être moralement peu recommandable. «On a tendance à projeter les caractères corporels sur ceux psychologiques, dans l'idée que l'apparence dit quelque chose de nous», relate Thibaut de Saint Pol. Et on y est habitués depuis tout petit avec les contes de fées, dans lesquels le méchant n'est pas beau et le prince est charmant (encore un double sens.).
Mais revenons au «vilain»: ce mot renvoie aussi à une classe sociale particulière, au roturier des temps médiévaux. C'est bien que «l'apparence et le corps sont importants dans le positionnement social et sont un vecteur de pouvoir», qui plus est en France, où l'on continue donc de respirer les relents de la société de cour. «Le corps dans notre société n'est pas quelque chose de neutre, résume Thibaut de Saint Pol. Derrière, il y a des enjeux de pouvoir. Par exemple, autrefois, le bronzage était le signe du paysan qui travaillait dehors. Aujourd'hui, cela revient à montrer que l'on prend des vacances. Ce n'est donc pas tant qu'être bronzé est beau ou pas beau. Le corps est une différence investie socialement pour montrer sa richesse et son pouvoir.»
Et s'il suffisait de se distancier de cette imbrication entre esthétique, morale et CSP. Mais un discours médical est venu englober le tout et raffermir ces stéréotypes. «Ce n'est pas qu'une question d'image, il y a des discours plus profonds derrière et un discours médical insidieux. Il est aussi question d'être en bonne santé, assène Gilles Boëtsch. Et, là, la contre-culture est un peu coincée. Dans l'imaginaire, la cellulite correspond au fait d'être gros. N'oublions pas ce discours de lutte contre le gras et de contrôle du corps, de ce que l'on mange. Il dépasse la barrière esthétique et rentre dans la barrière sanitaire.» Ce ne sont donc pas les paroles de Kendrick Lamar encensant les vergetures ni les milliers d'images de rondeurs et de cellulite assumées sur Instagram qui feront, à elles seules, bouger la norme surplombante de la pin-up au corps ferme et en bonne santé.
Elle est plus enracinée. Reste que ces images ne sont pas non plus inutiles. Elles sont la preuve, comme le rappelle Philippe Liotard, que «nous sommes dans une société plurielle où il y a une pluralité de modèles et de rapports aux corps». Et ce peut être un petit pas rassurant de constater qu'il n'y a pas une norme mais une multitude de normes.
 
 
Rédigé par: Sarah Kone   le: Lundi 24 Avril 2017
L'urgence de respecter le corps des femmes africaines!Fléau de portée mondiale, les violences à l'égard des femmes ne connaissent a priori aucune frontière géographique. Leur ampleur prend toutefois un relief particulier en Afrique, ce que plusieurs statistiques alarmantes viennent confirmer. L'OMS estime à des millions le nombre de femmes africaines violentées, surtout dans le milieu conjugal, avec un taux de 41,6% en Afrique subsaharienne et 65,5% en Afrique centrale.Amnesty international rapporte pour sa part qu'en Afrique du Sud, par exemple, tous les six heures, une femme est tuée par son compagnon ; au Kenya, le Procureur général déclare que la violence conjugale était à l'origine de 47% des homicides ; et au Maroc, le Haut Commissariat au Plan (HCP) note un taux de prévalence de ces violences dépassant les 50%. Autant de chiffres qui mettent à mal les efforts mobilisés dans la lutte contre les violences faites aux femmes dont le bilan reste in fine mitigé. Cela témoigne du grand paradoxe de l'Afrique du 21ème siècle, qui a vu naître d'importants instruments internationaux pour la protection des droits humains, en même temps qu'on continue à y déplorer la violence faite à la gente féminine. Pourquoi l'Afrique protège-t-elle mal ses femmes ? Aujourd'hui, droit et corps entretiennent une relation évidente, érigée en valeur universelle : celle du droit intrinsèque de propriété de la femme sur son corps. La négation de ce droit condamne à la dégradation humaine et réduit au statut d'esclavagisme. Naître femme en Afrique, terre de la prépondérance du patriarcat, des coutumes et traditions archaïques, et du tas de mauvaises interprétations religieuses, n'est de nature ni à reconnaitre ce droit, ni à brider l'acharnement et l'arbitraire parfois spontané contre les femmes. L'héritage culturel est décidément lourd : la position d'infériorité des femmes va comme un «en-soi», et l'acte de violence est «normalisé».
Rédigé par: Lago Tape   le: Samedi 22 Avril 2017
1)La plupart des hommes n'ont pas les standards de beauté irréalistes que certaines femmes ont: Ils ne sont pas attirés par des corps "photoshoppés", mais bien par des femmes qu'ils côtoient dans la vie de tous les jours. La cellulite, ça ne les repousse pas autant qu'on le croit! 2)La plupart des hommes en couple aiment le corps de leur conjointe: Même si, la plupart des femmes ne sont pas satisfaites de leur propre corps! 3) Les hommes ne "tombent pas en amour" (comme on dit au Canada) seulement qu'avec «l'enveloppe». Eh oui, la matière grise, la bonne humeur, ça compte aussi. Un homme a besoin de plus qu'un beau corps pour se sentir stimulé, surtout pour une relation à long terme devant aboutir au mariage. 4)Les critères d'attirance physique varient beaucoup d'un homme à l'autre: Même si la croyance est répandue slon laquelle ils sont tous attirés par un corps svelte ou amaigri de mannequin, la réalité est que tous les goûts sont dans la nature. La plupart des hommes Africains préfèrent une femme avec des courbes, des rondeurs, c'est la quintessence de la sensualité. 5)Les hommes aiment bien voir leur dulcinée dans son état naturel: En pantalons jogging, les cheveux au naturel en bataille ou avec des nattes, sans fond de teint, c'est parfois à ce moment précis que l'homme voit et apprécie toute la beauté naturelle de sa conjointe! Attention: c'est sûr que s'il a toujours vu sa femme avec un masque de maquillage, des faux cils et des rallonges ainsi que de faux ongles, il risque d'être confus au point de ne pas reconnaitre sa conjointe. 6)Ils aiment une femme qui prend soin d'elle-même: Sans aller au salon de coiffure tous les jours, une femme qui fait de l'activité physique pour se tenir en forme, qui prend soin de sa peau, qui mange bien, c'est toujours beau. 7). Les hommes préfèrent une femme au corps imparfait, mais bien dans sa peau...
Rédigé par: Amy Awoulaba   le: Vendredi 21 Avril 2017
Le slogan « un corps pour tous les corps » a remplacé le « corps parfait » sur une campagne polémique de soutiens-gorge. Plus de 26.000 personnes avaient signé une pétition demandant à la marque US de lingerie "Victoria Secret" de s'excuser pour cette campagne où des mannequins maigres prenaient la pose. C'est une petite victoire des internautes. La marque de lingerie Victoria's Secret a modifié sa publicité après le tollé suscité sur les réseaux sociaux. Dix "anges" maigres, au teint hâlé et au ventre extraplat, y présentaient la nouvelle collection de soutiens-gorge, sous le titre « le body parfait », jouant sur le mot body, qui veut dire corps mais qui désigne aussi la ligne de sous-vêtements en question. Des milliers d'internautes ont pris ça pour une provocation. Ils ont fustigé l'association faite entre ultra minceur (maladive) et perfection. « Nous aimerions que Victoria's Secret s'excuse (.) et change le libellé de ses publicités pour les soutiens-gorge de la gamme Body, pour un nom qui ne favorise pas les formes malsaines et irréalistes de beauté », réclamait une pétition, signée par plus de 26.000 internautes. Une marque comme Victoria's Secret est extrêmement populaire aux États-Unis et en Angleterre, avec pour cible principale les jeunes », et « Chaque jour, les femmes sont bombardées de publicités qui visent à les rendre moins sûres de leurs corps, dans l'espoir qu'elles dépenseront de l'argent dans des produits qui sont censés les rendre plus heureuses et plus belles. ...
Rédigé par: Elodie Sangaret   le: Vendredi 21 Avril 2017
Après le ventre plat, les fesses rebondies, le thigh gap, puis les pommettes rehaussées. Les canons de beauté se succèdent et ne se ressemblent pas. Dès qu'un complexe a été résolu, une nouvelle lubie esthétique émerge aussitôt. Elle est aisément reproduite sur Photoshop, moins dans la vraie vie. Quelle que soit la silhouette rêvée, les retouches mettent la barre toujours plus haut. Même les formes fièrement revendiquées par Kim Kardashian, Beyoncé et Rihanna sont lissées, huilées, raffermies. En deux clics, trois mouvements. Sauf qu'accéder à ce corps irréel peut sembler accessible, tant chaque partie du corps a sa crème dédiée. La femme imparfaite n'a plus d'excuses, seulement une faible volonté. Dans ce contexte, le corps devient une « matrice du moi »
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Vendredi 21 Avril 2017
Comment Photoshop nous a brouillées avec notre corps ? Quand toutes les femmes sont parfaites sur les affiches et dans les magazines, comment accepter son corps, forcément imparfait ? Des initiatives viennent secouer avec malice la dictature de ces corps irréels. Ainsi ces milliers de femmes qui ont envoyé leurs photos pour former une galerie de la féminité telle qu'elle est en vrai. 91% des Français ne se reconnaissent pas dans le physique des personnes qui font la une des magazines féminins. Même les 18-24 ans, qui ont le même âge que les mannequins, sont 83% à ne pas s'identifier pas à eux. Parmi les 1003 personnes interrogées par l'étude d'Opinion Way pour Slendertone, 57% trouvent ces corps « trop parfaits », 21% que les visages, dénués de toute expression, sont presque robotiques. Et presque la moitié des sondés (42 %) tranchent encore plus fort : s'ils ne s'identifient pas, c'est tout simplement car les égéries sur papier glacé n'existent pas dans la vraie vie. Frappés d'une extrême lucidité, ils font la distinction entre deux mondes : celui du réel et celui imprimé en 4 x 3.Pourtant, tout en sachant que ces images sont truquées, il est difficile de rester imperméable à ces injonctions omniprésentes à la perfection. Une fois face au miroir, on s'étonne de voir des plis, de gros grains de beauté et des poils. Comme si le monde imprimé était devenu la norme et ce grand mensonge, intégré et reproduit.
Rédigé par: Akissi Delta   le: Vendredi 21 Avril 2017
Les campagnes avec des femmes qui affichent leur physique et leurs défauts sur les réseaux sociaux aux USA, Canada et dans une moindre mesure en Europe (surtout dans les pays Scandinaves en GB) se multiplient. Ces phénomènes, identifiés par des hashtags et ralliés par des représentantes de la gent féminine dans le monde entier, permettent-ils vraiment de mieux s'assumer ? Elles sont sur Instagram, Twitter, Facebook, s'affichent devant leur miroir ou dans des poses artistiques, et assument leurs supposés défauts. Elles sont parfois blogueuses mode, parfois militantes, et souvent des femmes de tous les jours qui ont découvert ces mouvements et ont décidé de les rallier. Elles adoptent des hashtags comme #fatkini - qui aide les femmes en surpoids à s'assumer en maillot de bain, #RockTheCropTop - qui les aide à s'afficher en T-shirt coupé au-dessus du nombril - et #ThighReading - qui appelle toutes les femmes à afficher leurs vergetures. Et il y en a bien plus. Ces nouvelles formes de campagnes, souvent spontanées, deviennent rapidement virale. Mais pour quel résultat, au final ? Est-ce que ces campagnes aident les femmes à s'accepter telles qu'elles sont ? Des images qui peuvent paraître au départ choquantes pour ces femmes (ayant beaucoup de vergetures et de la cellulite, ainsi qu'un gros ventre, des fesses flasques et des seins tombants...) deviendront de plus en plus acceptables à force de les côtoyer. Cela pourra sans doute aider ces femmes à prendre du recul par rapport à des pensées telles que "les autres sont plus minces", "tout le monde y arrive sauf moi", "il faut un corps parfait pour réussir"... N'oublions cependant pas la santé. Si on est une femme obèse, il y a cet aspect-là à prendre en compte. On peut décider de changer des choses, pas pour être mince comme tout le monde mais pour prendre soin de son corps et de sa santé.