110 ministres pour un pays comme le Ghana, it's too much!
Le pays - Publié le: 19-03-2017 - Mise-à-jour le: 20-03-2017 - Auteur: Boundi OUOBA
110 ministres pour un pays comme le Ghana, it's too  much!

Pour un début de mandat à polémique, c'en est un pour le président ghanéen, Nana Akufo-Addo. En effet, après l'affaire de plagiat que l'on a reproché au numéro un des Ghanéens, qui avait fait les choux gras des réseaux sociaux, s'en est suivi un scandale de corruption d'une ministre qui aurait tenté de soudoyer des membres du comité parlementaire chargé d'examiner sa nomination. Et pour ne rien arranger, Nana Akufo-Addo, déjà sous les feux de la critique, vient de rendre publique une équipe gouvernementale forte de 110 membres. Gigantesque, éléphantesque et abracadabrantesque, ce sont là autant d'épithètes que l'opinion nationale ghanéenne a vite fait de coller à ce cabinet, le jugeant tout simplement budgétivore. Tant et si bien que le chef de l'Etat s'est vu obligé de se justifier par le truchement du tube catholique national. Franchement, 110 ministres pour un pays comme le Ghana, it's so much, comme disent les Anglo-saxons. La raison principale est que le pays vit une conjoncture économique sans précédent, qui devrait pousser les dirigeants à plus de mesure et de clairvoyance dans la gestion des affaires. Mais là, on a l'impression que Nana Akufo-Addo en fait à sa tête ; lui qui, visiblement à la peine et de manière outrancière, a tenu à rappeler que la plupart de ses ministres étaient des députés et qu'ils ne toucheraient qu'un salaire un peu plus élevé. Ce qui fait dire à certains, à juste titre d'ailleurs, que le chef de l'Etat ghanéen veut ériger le népotisme et le favoritisme en modes de gouvernance. Toute chose qui paraît pour le moins regrettable, pour un pays jadis considéré comme un bel exemple de démocratie dans la sous-région ouest-africaine. En tout cas, le successeur de John Dramani Mahama voudrait faire négativement parler de lui qu'il ne s'y prendrait pas autrement.
Ce n'est pas la taille d'un gouvernement qui fait son efficacité
Car, même la République démocratique du Congo (RDC) de Joseph Kabila, considérée comme un pays-continent du fait de son gigantisme, n'a jusque-là pas franchi le Rubicon en mettant en place un exécutif de plus de cent membres. On n'ose pas la comparaison avec les Etats-Unis, la Chine ou l'Inde qui, après tout, sont des puissances économiques mondiales, et qui, quand vient l'heure de former un gouvernement, savent garder la tête sur les épaules. Eux (ces pays) ont compris que ce n'est pas la taille d'un gouvernement qui fait son efficacité. Bien au contraire, un gouvernement pléthorique peut provoquer l'effet inverse, avec des risques de chevauchement et de conflits larvés de compétences.  Cela dit, plutôt que d'un « investissement nécessaire » pour redresser le pays comme le dit Nana Akufo-Addo, cela pourrait plomber le fonctionnement de l'ex-Gold Coast. En tout état de cause, même si le Ghana était une puissance économique mondiale, un gouvernement de 110 ministres, cela ne pouvait passer inaperçu, tant le fait est singulier. Du reste, on se croirait dans un pays en crise, avec un gouvernement de très large ouverture ou dans un hémicycle où sont généralement représentées toutes les sensibilités politiques. Peut-être faudrait-il envisager des réformes qui, à l'avenir, devraient permettre de limiter l'effectif d'une équipe gouvernementale, comme ce fut le cas au Burkina Faso sous le Transition. Cela, à n'en point douter, permettrait d'éviter certaines dérives.
Boundi OUOBA
Rédigé par: Akuffo bien mal inspiré   le: Mercredi 22 Mars 2017
Je vais finir par croire que plus un opposant attend avant de devenir président plus lorsqu'il y arrive il SE RATTRAPE du temps passé à ne pas avoir gouté aux joies, plaisirs et autres avantages matériels inhérents aux fonctions gouvernementales. Finalement Akuffo remercie et pas doucement.... Dommage avec ces élections réussies le Ghana faisait bonne figure, avec ce genre de gouvernement pléthorique il semble revenir aux abysses du passé voire même pire qu'auparavant. Cela dessert le pays que de voir ce choix inexplicable logiquement sinon juste à penser que les ghanéens seront les moutons de Panurge car la note du train de vie de tous ses membres va couter cher à ce pays qui n'en pas vraiment les moyens et ça fait aussi HONTE A L'AFRIQUE de voir ça ENCORE de nos jours !
Rédigé par: Salimata Traore   le: Lundi 20 Mars 2017
Avec la composition définitive de ce gouvernement, il faudra tenir le conseil des ministres dans un stade. Quarante ministres de plein exercice, cinquante vice-ministres et vingt ministres représentant les regions et certains ministres ne sont que des ministres d'un seul projet. Du jamais vu au Ghana! Au total, plus de 110 ministres composent le gouvernement ghanéen. Un effectif pléthorique pour lequel le président n'a pas pu trouver de justification convaincante face à la polémique nourrie par les difficultés économiques actuelles du Ghana. C'est vraiment du n'importe quoi !
Rédigé par: papus   le: Lundi 20 Mars 2017
Apres la victoire c'est le partage du gateau, il faut recompenser tout ce monde par des strapotins de postes ministeriels tailles sur pieces pour des amis. Tristre tout simplement
Rédigé par: Lago Tape   le: Lundi 20 Mars 2017
Un gouvernement de 110 ministres n'a aucun sens. Comment est-ce qu'on peut gérer 110 ministres et organiser un conseil des ministres qui fonctionne ? Le nouveau président ghanéen a nommé par exemple des ministres qui sont en charge d'un projet et qui ont le titre de ministre. Cela est ridicule parce que par définition, un projet a un début, une phase d'exécution et une fin. Un projet, même important, ce n'est pas ce qui fonde la souveraineté d'un pays. Un ministère (de souveraineté), c'est le coeur de l'Etat, ce qui ne peut pas être délégué tel que par exemple: La Défense nationale et la Sécurité, ainsi que l'Ordre Public, la Diplomatie, la Justice, les Finances de l'Etat, les Impôts et la Douane. Les autres ministères résultent d'une extension progressive du rôle de l'Etat. Par exemple l'Education ou la Santé ont longtemps été de la responsabilité de l'Eglise dans les pays européens, aux USA et au Canada. Il existe encore des pays (les Etats Unis par exemple) dans lesquels beaucoup de gens considèrent que l'éducation est une affaire privée et ne concerne pas l'Etat. Bref, le nouveau président ghanéen semble vouloir improviser la gestion de son pays et ce n'est pas bon.