CAF : Triste fin de match pour Issa Hayatou
le pays - Publié le: 17-03-2017 - Mise-à-jour le: 17-03-2017 - Auteur: Outélé KEITA
CAF : Triste fin de match pour Issa Hayatou
Coup de tonnerre à la Confédération africaine de football (CAF). En effet, l'inusable et insatiable président sortant de la faîtière du football africain, Issa Hayatou, qui briguait un. huitième mandat après trois décennies de règne, ne se fossilisera pas à la tête de l'instance suprême du football africain. En effet, il a été battu, hier, à plate couture (34 voix contre 20) par le Malgache Ahmad Ahmad, un candidat qui apparaissait aux yeux de  beaucoup comme un outsider dont l'ogre camerounais ne ferait qu'une petite bouchée. Pourtant, avec ses 29 ans d'expérience et son carnet d'adresses qui lui donnaient une avance confortable aux yeux de nombreux observateurs, le Camerounais partait avec la faveur des pronostics pour l'emporter sans coup férir et se succéder à lui-même. Du reste, beaucoup ne vendaient pas cher la peau de son rival qu'ils voyaient se faire  balayer comme un fétu de paille. Mais c'était sans compter avec le Malgache qui avait visiblement bien préparé son coup pour réaliser cette formidable remontada et coiffer son rival au poteau, pour remporter au finish une victoire historique. Preuve si besoin en était encore, que c'était, pour Hayatou, le combat de trop, le mandat de trop. D'autant plus qu'il était loin de s'imaginer que cette élection qui semblait pour lui une formalité, tournerait au combat de David contre Goliath. En tout cas, hier, à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne où les présidents des fédérations africaines de football étaient réunis pour le renouvellement quadriennal des instances de l'institution, l'histoire s'est répétée et « Ahmad David » a battu « Goliath Hayatou ». Qui l'eût cru ? En tout cas, au regard de l'attitude du perdant qui avait  le regard vide et le pas lourd à l'issue du verdict, il ne fait l'ombre d'aucun doute qu'il était loin de s'imaginer qu'il pouvait être aussi facilement éjecté de son fauteuil de président d'une institution dont les couloirs n'ont plus de secret pour lui, tant il les a arpentés pendant plus d'un quart de siècle, en véritable propriétaire des lieux. Qui plus est, défait par un illustre inconnu dont le pays se classe dans les tréfonds du football mondial, et qui n'en revient pas lui-même de sa victoire inattendue.
Le  ciel est tombé sur la tête de Issa Hayatou
De toute évidence, c'est une véritable bérézina pour Hayatou qui, hier encore, était le patron incontesté et incontestable du football africain, que personne ne pouvait défier impunément sur un terrain qui était pratiquement devenu « sa pelouse privée». Ce n'est pas l'Ivoirien Jacques Anouma qui dira le contraire ; lui qui a voulu lorgner le fauteuil de l'enfant de Garoua, il y a de cela quelques années, et qui s'est retrouvé éjecté du système.  Toutefois, cette éclatante victoire de Ahmad Ahmad est loin d'être un fait du hasard. Tout porte à croire que le quinquagénaire Malgache a su tisser patiemment et discrètement sa toile pour prendre son rival dans son piège. Le candidat du changement qu'il se voulait, a su certainement surfer sur la vague de mécontentement et de lassitude dont certains acteurs du football africain faisaient montre devant le long règne de Hayatou qui frisait la dictature. Sans oublier le soutien du patron du football mondial, Gianni Infatino, au natif de Mahajanga, qui a dû beaucoup peser dans la balance. Cela dit, le moins que l'on puisse dire, c'est que le  ciel est tombé sur la tête de Issa Hayatou qui, avec cette défaite cuisante, sort de l'histoire du football africain par la petite porte, alors qu'il avait la latitude de partir la tête haute, après tant et tant d'années de « bons et loyaux services ». Quoi qu'il en soit, Hayatou qui semblait atteint du syndrome de l'indispensabilité de certains chefs d'Etat africains, a appris à ses dépens que le vent de renouveau  qui souffle depuis quelques années sur l'Afrique à propos de la question de l'alternance, n'est pas une brise éphémère qui ne souffle que dans les palais présidentiels.  Pour n'avoir pas su décrypter la soif de changement  des Africains et fait sien le dicton selon lequel « il faut savoir quitter les choses avant qu'elles ne vous quittent », Issa Hayatou a bu le calice de la honte et de la désillusion jusqu'à la lie.  Triste fin de match pour celui qui était jusqu'ici le plus capé des capitaines de la CAF, après trois décennies de règne sans partage. Dommage qu'il ait fallu le pousser à la sortie, en lui retirant le brassard pour le confier au premier des remplaçants. Il pourra à présent méditer sur son sort et se convaincre une fois pour toute, et malheureusement sur le tard, que sa longévité, il la doit quelque part au fait qu'il était beaucoup plus craint qu'il n'était aimé pour ses compétences, et que les gens n'attendaient certainement qu'une occasion pour se débarrasser de lui. Si ce n'est pas la honte de sa vie, cela y ressemble fort. Mais il ne pourrait s'en prendre qu'à lui-même, pour n'avoir pas su lire les signes des temps. Quant au nouveau président, il est attendu au pied du mur, pour porter le changement annoncé dans la gestion d'un football africain qui avait véritablement besoin d'une cure de jouvence. Mais Ahmad Ahmad peut d'ores et déjà se convaincre qu'il ne pourra pas rêver de la longévité de son prédécesseur à ce poste. Car, tout porte à croire que plus rien ne sera comme avant. Reste à savoir si maintenant qu'il n'est plus aux affaires, les placards de Issa Hayatou seront ouverts et ses dossiers étalés sur la place publique.
Outélé KEITA
Rédigé par: Bilal Ndongo   le: Dimanche 19 Mars 2017
« Le camerounais Hayatou aurait dû partir de lui-même » au lieu d'attendre qu'on le chasse de la CAF et l'humilie comme un malpropre !
Rédigé par: Nieck Ntep   le: Samedi 18 Mars 2017
Oui, la CAF n'est pas le Cameroun dans lequel Biya règne sans partage depuis plus de 35 ans et les camerounais sont passifs, alors que cela va de mal en pis. Hayatou a régné pendant 29 ans sans partage. Ça suffit! 29 ans, c'est assez pour un seul individu qui a effectué 07 mandats de 04 ans à la tête de la CAF et qui voulait effectuer un 8e mandat. Un seul individu (camerounais) ne peut pas nous dire que dans toute l'Afrique, c'est lui tout seul, qui a uniquement les capacités de diriger la CAF. Lui et lui seul ! Si en 28 ans de mandat plus 1 an de mandat blanc en attendant l'élection, soit au total 29 ans, si donc en 29 ans, Hayatou pense qu'il n'a pas encore donné le meilleur de lui-même, ce n'est certainement pas en y ajoutant 04 ans qu'Hayatou fera tout ce qu'il n' a pas pu faire en 29 ans de règne à la tête de la CAF ! Bon vent, Monsieur Hayatou !
Rédigé par: KISSI   le: Samedi 18 Mars 2017
La page est tournée, n'en parlons plus de lui, il se considérait comme un Président à vie mais hélas les urnes lui ont données tord, basta parlons de lui maintenant au passer, et comptons sur le nouveau Président pour faire évoluer le FPPT Africain et la formation des entraineurs pour que la CAN devient à 100%100 Africain.
Rédigé par: Gbich   le: Vendredi 17 Mars 2017
L'article est nul...aucune analyse de fond...un simple rapport narratif de ce que tout le monde sait déjà. Pourquoi a-t-il perdu l'élection après tant de changements apportés au foot africain ? Quels sont les pays qui ont influencé la victoire ou la defaite ? Comment l'autre a t-il préparé sa victoire ? Quels sont les arguments que le vainqueur a t-il de l'avant ? Qu'est ce qui a pesé dans la balance?
Rédigé par: Akissi Delta   le: Vendredi 17 Mars 2017
Oui, l'automne du patriarche Hayatou est bien arrivé, emportant dans son sillage celui dont l'image se confond, pour ceux de ma génération, avec le football africain. Son éviction est semblable aux fins de règne des autocrates africains : sans gloire ni dignité. Ils quittent la scène par la petite porte sous les huées sarcastiques que provoque le sentiment de délivrance.
Rédigé par: Aya de Yopougon   le: Vendredi 17 Mars 2017
La chute du "baron" Issa Hayatou, battu jeudi 16 mars à la tête la Confédération africaine de football (CAF) depuis 29 ans, par un quasi inconnu, le Malgache Ahmad Ahmad, est saluée un peu partout en Afrique. Je suis convaincu que cette défaite du Camerounais Hayatou ne changera pas grand-chose au fonctionnement de la CAF, car celle-ci n'est que l'appendice de la Fédération internationale de football association (FIFA), véritable îlot de corruption et de malversations. Mais sa sortie piteuse est une excellente nouvelle, à bien des égards, en raison de sa portée politique. Et d'ailleurs, le président élu, Ahmad Ahmad, a choisi les mots justes pour caractériser le scrutin qui venait de se tenir à Addis-Abeba, en parlant d'« alternance » et de « changement de génération ». Ce dénouement après trois décennies de règne m'inspire un parallèle avec celui de Yahya Jammeh en Gambie. Ces deux chefs ont été évincés par des inconnus sur qui personne ne misait. Comme à chaque renouvellement de l'instance suprême du football africain, Issa Hayatou était le grand favori et devait naturellement aboutir à un huitième mandat consécutif. En Gambie, malgré une opposition décimée par la répression, Adama Barrow a battu Yahya Jammeh à la stupeur générale, en premier lieu au sein du camp de l'ancien autocrate. Issa Hayatou n'ignorait pas ce que son image et sa longévité inspiraient aux Africains. Mais comme ses semblables tels les Biya, Sassou, Driss Deby..., éternels chefs d'Etat, Issa Hayatou demeurait sourd aux critiques, moqueries, invectives et désapprobations.
Rédigé par: Camerou niais   le: Vendredi 17 Mars 2017
Oui, Hayatou pensait que la CAF, c'est comme le Cameroun où Biya règne sans partage.
Rédigé par: FOFANA MAMADOU   le: Vendredi 17 Mars 2017
Bel article.
Rédigé par: Lago Tape   le: Vendredi 17 Mars 2017
29 ans à la CAF, c'est trop! Le Camerounais Hayatou n'effectuera pas un huitième mandat et c'est une bonne nouvelle pour le football africain. ...
Rédigé par: Beugré Julien   le: Vendredi 17 Mars 2017
En 28 ans, que n'a pas eu Issa Hayatou? Lorsqu'on refuse de sortir avec les applaudissements, on part sous les hués.