De même que je ne voudrais pas être un esclave, je ne voudrais pas être un maître. Telle est ma conception de la démocratie.(Abraham Lincoln)
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Au coeur des nuits torrides d'Abidjan
Article publié le: 10 Janvier 2013 - Auteur: Cyril Gnantin - Source: SlateAfrique
Passez la porte des bars bien connus à Abidjan, et vous découvrirez des jeunes filles dans toute leur. nudité. La plupart s'assurent ainsi leur pitance quotidienne. Visite guidée.

En compagnie de notre guide, N.Y., ancienne serveuse dans un célèbre bar du quartier résidentiel des 2-Plateaux dans la commune de Cocody (nord d'Abidjan), nous entamons la visite de quelques uns de ces bars qui font les nuits de la capitale économique de la Côte d'Ivoire.

Première étape, Bietry. De l'extérieur, rien ne permet de deviner ce qui se passe dans la salle. Mais N. Y. a averti:


«Ce sera torride là-dedans!»

Le vigile de service nous donne l'autorisation d'entrer. A l'intérieur, le spectacle est surprenant: des filles, toutes aussi belles les unes que les autres, nues sur la seule piste de danse, faisant du striptease ou alors dansant avec des postures osées pour aguicher les clients.

Une trentaine de cadres ivoiriens en pleine extase devant ces créatures de rêve. Tous ces hommes sont des habitués.


«Ce bar est pratiquement privé, ces clients sont là depuis des années. C'est parce que le vigile me connaît qu'il nous a laissés entrer», explique N. Y.

Tant bien que mal, nous trouvons de la place près de la tenancière de la caisse. Une jeune femme d'environ 1m75 dont Dieu a pris soin d'embellir le physique.


«Tu vois la plupart de ces filles, elles sont des étudiantes, confie la guide. J'ai travaillé avec certaines lorsque j'étais encore serveuse. Je ne sais pas comment elles font pour suivre les cours le lendemain sur le campus.»

Elle n'a pas fini de parler quand l'une des filles l'a reconnue, et s'approche:


«On dit quoi ma chérie, tu te fais un peu rare là! Tu es venue nous voir aujourd'hui avec ton gars (copain). Je vous sers quelque chose?»

Ce sera deux sodas pour passer le temps. Le spectacle se poursuit avec des scènes de plus en plus obscènes.

Ceux des clients qui n'arrivent plus à tenir en place, se mettent d'accord avec des filles pour se retrouver dans l'une des pièces annexes du bar. Cette fois, loin des regards. On imagine la suite...

L'argent, rien que l'argent

Après ce premier acte, cap sur la commune de Cocody. N.Y., décidément parfaitement introduite dans le milieu, s'arrête devant un nouveau bar très discret, non loin de la cité universitaire Mermoz.

Celui-là, bien plus grand, accueille deux fois plus de clients que le premier. Ici, c'est le même spectacle. A une différence près: ici, les clients ont le droit de poser la main sur les filles en tenue d'Eve.

Le bar est pris d'assaut par des noceurs de 35 à 50 ans.


«Quand les filles arrivent ici, elles sont bien habillées. C'est dans les toilettes et les pièces annexes qu'elles se débarrassent de leurs vêtements», explique N.Y.

Pourquoi se livrent-elles à une telle débauche? Aucune ne veut répondre. C'est N.Y. qui le fait à leur place:


«C'est le besoin de gagner de l'argent! Pour elles, c'est un boulot comme tous les autres. Le pays est dur, on ne s'en sort pas et ces filles ont compris que le sexe Après une soirée, elles repartent au minimum avec 50.000 francs CFA (76 euros), ce qui est énorme.»

Dans la foulée, elle ajoute:


«Ce ne sont pas les étudiantes seulement qui dansent nues dans les bars. Il y a des élèves, des déscolarisées et même des filles fiancées ou mariées qui viennent tromper leurs hommes. Ou même qui se produisent avec la caution de leur compagnon, afin de permettre au couple de joindre les deux bouts. Parce que les temps sont difficiles, tout le monde se cherche.»



Des mineures dans la danse

A côté des étudiantes et des jeunes filles désouvrées qui pratiquent «ce métier», il y a malheureusement des mineures. Dont l'âge varie entre 14 et 16 ans. Vu leur dextérité et leur manque de complexe dans les exhibitions, on se doute qu'elles sont dans le milieu depuis un certain temps.


«Elles sont nombreuses les petites filles qui dansent nues dans les bars. Il y a des adultes qui aiment les ''fraîchnies'', et comme la police des mours est corrompue, les petites sont là tous les soirs», précise la guide.

Direction Yopougon, la dernière escale. Le bar possède deux pistes de danse pour permettre aux filles de «s'exprimer» comme on le dit dans le milieu. Et elles ne se font pas prier. Allant jusqu'à passer à l'acte sexuel dans des isoloirs contigus aux pistes de danses. Au vu et au su de tous. Sans que personne ne s'émeuve.

La police des mours a démissionné

«Il n'y a plus de police des mours en Côte d'Ivoire», lance de façon laconique un client très emballé par le spectacle proposé.

En effet, dans tous les bars visités cette nuit-là, aucun des tenanciers n'a été inquiété.


«Les policiers viennent souvent mais on s'arrange, eux-mêmes savent que le pays est dur, lance le gérant du bar. Nous avons connaissance de la dépravation des mours dans les bars d'Abidjan, confie plus tard un officier de police. Mais lorsque nous prenons des propriétaires sur les faits et que nous essayons de fermer le bar, les ordres viennent de nos supérieurs pour nous demander de fermer les yeux là-dessus. Dans ces conditions, comment voulez-vous qu'on travaille?»

L'été dernier, Alain Lobognon, à l'époque ministre de la Jeunesse, avait bien poussé un coup de gueule:


«C'est une honte pour un pays comme la Côte d'Ivoire! C'est une honte pour les jeunes de Côte d'Ivoire! Une honte pour les parents qui vont en boîte de nuit pour regarder ces filles nues. Et nous devons avoir le courage de dénoncer ces parents-là. Nous devons dénoncer également les filles qui vont en boîte de nuit pour se déshabiller pour des billets de banque.»

Il avait demandé aux maires des différentes communes d'Abidjan de faire des rondes dans les boîtes de nuit et sanctionner ceux qui s'adonnent à ce genre de pratiques. Un cri d'indignation sans lendemain.

Les autorités ne font rien à part de beaux discours. Ceux qui dirigent le pays sont souvent les meilleurs clients de ces bars. Il n'est pas rare de voir une importante personnalité entrer dans l'un de ces salons en laissant ses gardes du corps à l'entrée.

Quand la brigade des mours prévoit une descente, les patrons sont évidemment prévenus. Alors que faire pour mettre fin au dévergondage général, à ces scènes dignes de Sodome et Gomorrhe? Certains conseillent de s'en remettre à Dieu. Comme s'il n'existait plus d'autres solutions.

Cyril Gnantin
Les réactions
 
Lago Tape  a écrit
12 Janvier 2013 05:05:55
Kabako, l'argent volé dans la filière café/cacao, pillé dans les caisses de l'état ou généré par l'importation des déchets toxiques circulait dans ces lieux de débauche (tous ces maquis bars de danseuses nues de nos amis refondateurs.). C'est ce que les « refondateurs » du FPI et du LIDER appellent « l'argent circule ». Les « refondateurs » n'ont ni construit ni entretenu les routes, les ponts, les barrages et les centrales thermiques du pays. Pire ils ont volé l'argent des fonds d'entretiens de ces différentes infrastructures pour faire circuler cet argent dans les bars et dans les boites de nuit. Elle est bien belle, cette théorie des refondateurs sur « l'argent qui circule ». Heureusement que ni la honte et ni le ridicule ne tue. Honte aux « refondateurs ».
 
Kabako  a écrit
11 Janvier 2013 01:21:58
Qui a dit que les refondateurs du front populaire ivoirien(fpi)parti de Koudou Laurent Gbagbo n'ont rien fait ?
Regardez la qualité des bîtes de huit,des bars et maquis à Abidjan surtout à Yopougon et partout dans le pays.
Toutes ces réalisations appartiennent à 90 pour cent aux refondateurs qui pour la majorité se trouve au Ghana,beaucoup d'entre eux sont revenu parcequ'ils ne croient plus aux prophéties de Malachies.
La plupart de ces boites de nuit servaient de caches d'armes.
La rue pricesse était l'une des plus importantes poudrières de Yopougon.
 
Elijah Spirit  a écrit
11 Janvier 2013 12:02:37
ALORS QU'ATTEND "SOLUTION" ou "saucissoon" POUR BALAYER TOUT CA? JE CROIS QUE QUAND ON A SUCCEDE CELUI QU'ON ACCUSE D'ETRE L'AUTEUR DE CES DERAPAGES, L'ACCUSATEUR DOIT POUVOIR FAIRE MIEUX. MAIS HELAS, RIEN QUE DES VOYAGES, DES VERBIAGES...CREUX. ET COMME LE PAYS ETAIT COUPE EN DEUX PAR SORO ET LA FRANCE, C'EST CE QUI RESTAIT AU SUD QUE VOUS VOYEZ AUJOURD'HUI. ET CE QUI SE FAIT AU NORD: BRAQUAGE DE LA BCEAO, VIOLS, EXPLOITATION ET VENTE ILLICITE DES MATIERES PREMIERES, GENDARMES EGORGES, EXPROPRIATION DES TERRES ET PLANTATIONS, DOZOS COMME POLICIERS...SI LE SUD VIVAIT DANS LE SEXE A OUTRANCE, LE NORD C'ETAIT LE LAST. N'EST-CE PAS DONC DU SEPTENTRION DE LA COTE D'IVOIRE QU'EST VENU LE PROBLEME? TOUJOURS GBAGBO PAR-LA, GBAGBO PAR-CI. ET ALASSANE DRAMANE OUATTARA, IL N'Y EST PAS POUR QUELQUE CHOSE DANS CE PAYS? C'EST POUR CELA SON HUMILIATION SERA SI GRANDE. JESUS TRAVAILLE, ET BIENTOT, NOUS ALLONS LE LOUER ET LE DANSER. MERCI
 
D.c.  a écrit
10 Janvier 2013 07:17:00
It's pathetic that for a social problem that existed for over 40 to 30 years, we find political targets. This problem was there during Houphouet, Bedie, Guehi, Gbagbo, and now Outtara. But because we want to stick it to the opponent, we blindly make accusations that do not stand. This really shows how divided and hateful our society has become. Is it that we put human above the pride of our land? Or is it that we just want to make statements that are flamboyant and generate divisions in this so fragile society? We were not use to this kind of chronic and critical division heretofore. Forgive me, but I think true Ivorians and the true friends of the Ivory Coast are better than that.
D.C.
 
Siniko  a écrit
10 Janvier 2013 04:16:39
Les methodes changent mais le mal est ancien(n est ce pas le plus vieux metier du monde?).Ttes les villes de CIV ont lr quartier toutou.
 
Lago Tape  a écrit
10 Janvier 2013 03:00:43
Oui le bandit (chef de la debauche) etait Koudou Gbagbo lui-meme. La presidence etait son baiso-drome. L'exemple venait d'en haut avec les "refondateurs"...
 
Akakrou  a écrit
10 Janvier 2013 12:23:48
Qui a dit que les refondateurs n'ont rien fait?
Les maquis géants et autres bars climatisés font partie des grands travaux des refondateurs.Ajoutez à celà l'éducation inculquée à une frange de la jeunesse: Désinvolture, manque de respect des ainés,le gain facile,la violence etc...
Pour n'avoir pas craint DIEU,il ont recolté ce qu'ils ont semé.
 
Woaule  a écrit
10 Janvier 2013 10:20:32
voici ce que les refondateurs et leurs gourou gbagbo ont laisse comme heritage aux ivoiriens. Cetait ca leurs contidient le sexe et le sexe.
 
Cheikh  a écrit
10 Janvier 2013 10:04:42
Très simple à comprendre.
Autrement dit, que ce soit avec ou sans la "rue princesse", c'est comme si c'était du même au pareil.