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Les samedis de Biton
D'espérance et de ...
Article publié le: 17 Mars 2012 - Auteur: Par Isaïe Biton Koulibaly - Source: L'Intelligent d'Abidjan
Enfin ! Un genre de livre que je désespérais de ne pas lire, de ne plus lire. Depuis des années, je m'évertue, dans mes chroniques, à demander aux hommes politiques d'écrire des livres pour raconter leur expérience au gouvernement, dans la haute administration, dans la diplomatie, au parlement et dans tous les domaines où leur expérience racontée peut servir à ceux qui viendront après eux et servir aussi d'éclairage au peuple et à la population. A part l'ouvrage de Camille Alliali, et encore, tous les ministres qui sont passés dans le gouvernement n'ont pas eu le souci d'écrire sur ce qu'ils ont vécu. Triste réalité. On s'étonne alors que d'un ministre à l'autre, les mêmes erreurs se répètent. Le partant n'a rien laissé au suivant. Et ainsi de suite. Pourtant, même si on n'est pas écrivain, on peut raconter son expérience gouvernementale ou dans la haute politique par deux autres manières. Solliciter un journaliste ou même un auteur qui va recueillir les propos de l'homme politique et écrire le livre comme si c'était écrit par l'homme politique lui-même. C'est la méthode adoptée par de nombreux ministres en Europe et des stars. La deuxième manière, la forme la plus classique, est de faire un livre entretien. Ibrahim Sy Savané, journaliste de formation, a écrit lui-même son livre. « D'espérance et de douleurs vives, au cour de la tragédie ivoirienne », retrace son expérience ou son passage dans le gouvernement en tant que ministre de la Communication de 2007 à 2010. Ce livre m'a beaucoup plu et il plaira, j'en suis convaincu, à tous ceux qui vont le lire. Je suis émerveillé, avant tout, par le style du ministre, de l'auteur. Ce n'est plus de la belle expression comme on a tendance à le voir dans les ouvrages mais ici, il s'agit de l'écriture. C'est un régal pour le lecteur que je suis et que vous serez. A travers ce livre on voit la marche de la nation, du gouvernement à travers les conseils des ministres, les intrigues de palais, le fonctionnement du ministère sans oublier le casse-tête habituel que représente la télévision. Je dois dire au ministre Savané, que dans nos pays, la télévision sera toujours la voix de son maître. Devant la force de frappe des journaux, surtout d'opposition, une télévision d'Etat est obligée d'être le porte-parole du gouvernement pour ne pas dire de la présidence de la République pour éviter la cacophonie préjudiciable à une harmonie et au travail du peuple. On disait qu'à l'époque que c'est le grand Général de Gaulle qui avait instrumentalisé la télévision pour contrer l'attaque féroce de la presse écrite. Néanmoins, les incompréhensions du ministre et des responsables de la télévision méritent d'être lues et méditées. Ce livre c'est aussi et de beaucoup la présentation croisée de deux hommes politiques. Laurent Gbagbo et Guillaume Kigbafori Soro. Le ministre est très équilibré dans ses analyses. Aucune haine, ni passion dans sa présentation des deux hommes. Si je connais assez bien le premier, ce livre a été pour moi l'occasion d'apprécier le second. Je ne m'attendais pas à voir un Guillaune Soro cherchant toujours le consensus, très porté au dialogue et d'une grande patience. C'est dommage que ceux qui ne liront pas ce livre ne découvrent pas ce qu'a été la marche de leur pays au cours des évènements qui l'ont bouleversé. J'ai été très amusé par les rumeurs sur les prétendus remaniements ministériels ou l'annonce de remaniement ministériel. Les hommes ne changeront pas. La presse d'ailleurs. Comme d'habitude quel bon filon que de faire des ventes en composant régulièrement des gouvernements. Un journaliste s'assoit devant son ordinateur et se met à la place du président de la République en citant des départs ou des arrivées imaginaires. Le public adore. On lui fait le même coup à chaque fois mais il plonge toujours. « Tout flatteur vit aux dépends de celui qui l'écoute. » Ce n'est pas seulement ici mais dans tous les pays du monde. Un comportement du ministre Savané, dont il parle dans son livre, doit faire école. Quand il a pris fonction personne n'a bougé dans son cabinet. Tous ceux qui avaient été nommés par son prédécesseur sont restés sur place. Ibrahim Sy Savané ne le dit pas suffisamment mais il est avant tout un homme porté sur l'amour de Dieu et du prochain. Il est forcément un autre homme politique. Je regrette que dans ce livre il ne donne pas le nom de certains ministres qui aimaient faire des « coups bas». Dommage ! Au moment où je me trouve au salon du livre de Paris, je ne peux que me rappeler de ma première rencontre avec Ibrahim Sy Savané. Il était journaliste à Jeune Afrique. Je n'avais pas du tout apprécié ce qu'il avait écrit sur la présence des éditeurs africains et surtout des propos que je lui aurais rapportés. Mais je sais depuis que c'est comme ça la presse. Ce n'est pas une église. Ce livre ne se raconte pas il faut absolument le lire. Que demain d'autres ministres, des ambassadeurs, des députés et autres autorités politiques et municipales et même les chefs d'Etat se mettent à « table » pour le plus grand bien d'une population afin de lui éviter les rumeurs et les ragots de toutes sortes. Merci Ibrahim Sy Savané. Au prochain ministre ! Ainsi va l'Afrique.
A la semaine prochaine.
Par Isaïe Biton Koulibaly
Les réactions
 
Forestier De Lahou  a écrit
18 Mars 2012 01:25:45
"Juinis" tu as parfaitement raison. Mais les gens que tu décris sont ceux qui ont un passé de dirigeant en Côte d'Ivoire. En l'occurrence, il s'agit des barons du FPI, puisque "il n'y a rien en face". C'est clair que ces gens-là ne vont pas décrire par le menu, en noir sur blanc, tous les méfaits dont ils se sont rendus coupables et dont, semble-t-il, ils ne sont pas vraiement fiers puisqu'ils ont fui et ne se pressent pas pour regagner leur pays, participer à son développement et... raconter leurs "aventures". QUEL DOMMAGE !
 
Civ225  a écrit
17 Mars 2012 07:11:24
Juinis, Merci pour ton analyse partielle et partiale. je te le concèede. Cependant, dans la liste des Présidents morts ou qui se soignent à l'étranger, tu as royalement omis celui qui a fait un déplacement royal et pompeux au pays du Roi Mohamed IV du Maroc pour aller soigner UNE dent. Pourquoi as-tu oublié F. Houphouet Boigny de la liste? Simplement parce que, même se soignant en Europe, il avait déjà créé des hôpitaux d'une longueur d'avance sur d'autres pays d'Afrique. Lui a fait cette différence...Je m'arrête là
 
Juinis  a écrit
17 Mars 2012 12:18:18
Monsieur Biton Koulibaly, je loue votre appel qui tombera dans les oreilles de sourd. Comment voulez-vous ques gens qui nous dirigent à quelque niveau que ce soit donnent la corde qui vq les attacher? "Ma vie de rebelle" de guillaume soro servivra de trame de jugement à la CPI contre ce monsieur pour qui la démocratie se résoud en armes de destruction massive. Il y a un temps pour tout, et son temps va venir pour le jugement. Son mentor n'a voulu que feigner un soutien alors qu'il sait la CPI est à ses trouses. La preuve, son mentor se fait gardé par 9 armées différentes dans une république où la sécurité existe, dit-il.
Ces gens ne sont pas incapables d'écrire leurs mémoires, mais face aux manquements graves de leur fonction, ils ne veulent pas condamner leurs progénitures à porter leur coix, car qui peut être fier d'un père qui a passé sa vie à tuer les autres, à affamer tout son peuple alors des banques étrangères regorgent des sommes faramineuses, objet de diverses sommes auprès des organisations et institutions financières internationales pour le développement de leurs pays.
Quelle mémoire pourrait écrire un Téodorin Obiang Nguema qui raffole des cars bolides alors le lambda équato-guinéén ne se soigne pas, ne mange pas à sa faim.

Ces dirigeants ont honte de leur présence à la tête de leurs pays qu'ils n'hésitent pas à s'acheter des résidences à l'étranger, car chez eux il n' y a ni routes, ni aéroports digne de ce nom, ne parlons pas d'hôpitaux Omar Bongo, Gnassngbé Eyadema, Sékou Touré, le président guinéo-bissau sont tous morts à l'étranger parce que durant leur séjour à l'éxécutif, ils n'ont créé aucune structure hospitalière capable de les soigner et surtout la peur des rancunes des médécins locaux maltraités.

Bref, on écrit pour éclairer le peuple et servir de modéle pour les générations futures