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Comportement électoral : Comment les émigrés influencent les autochtones
Article publié le: 16 Mars 2012 - Auteur: Wal Fadjri - Source: Wal Fadjri
De l'avis de beaucoup de gens, le président sortant a beaucoup fait pour la ville. Mais ses réalisations sont noyées par les besoins trop importants de la nouvelle région. Les émigrés sont également pour quelque chose dans sa déroute dans le nord.



Mamadou Mory Diaw qui a rejoint Macky Sall après le premier tour a trouvé une explication dans la déroute de Wade à Matam. 'La défaite de Wade est normale. Je suis majoritaire dans la commune, mais nous n'avons pas du tout battu campagne au premier tour parce qu'on croyait à un report du scrutin. C'est seulement trois jours avant le scrutin qu'on a commencé à faire campagne, alors que l'opposition était là depuis des mois', justifie-t-il.



Les besoins en infrastructures



Mais d'après le maire de la commune de Matam, la défaite de Wade s'explique aussi et surtout par le problème des ponts de Matam. A l'en croire, la vétusté des ponts pénalise les jeunes et a influé sur leur choix. 'Leur délabrement a créé beaucoup de frustrations et c'est pourquoi nous avons eu du mal à faire passer notre message. Les populations ont sanctionné à cause des ponts', explique Mamadou Mory Diaw, soulignant que le pouvoir libéral a beaucoup fait pour la région. 'Déjà le fait de l'ériger en une région est déjà un acquis. Si j'ai décidé de revenir au Sénégal c'est grâce à ses réalisations. Les constructions d'hôpitaux à Ranérou, à Kanel et bientôt un hôpital régional qui va voir le jour, avant la fin de l'année. Actuellement il y a quatorze lycées et soixante-cinq collèges, alors qu'il n'y avait qu'un seul collège à Matam avant 2000. Même l'opposition sait qu'il a fait beaucoup de choses', poursuit le maire.



Président du Conseil régional de Matam et secrétaire général de la fédération urbaine de Matam, Abdoulaye Dramé, ne dit pas autre chose. Selon lui, en dehors des frustrations liées au partage des moyens de campagne et à l'inaction de certains responsables, leur défaite a été surtout favorisée par le problème de l'enclavement de la commune à cause des trois ponts. Ancien proche collaborateur de Wade à l'époque où il militait au Pds, Mody Sy évoque l'enclavement de la région. 'Wade me disait toujours : 'si nous prenons le pouvoir, Matam sera érigé en région parce que c'est une superficie extraordinaire'. Quand on sait que l'arrondissement de Ogo fait deux fois et demie la région de Thiès, on peut comprendre aisément pourquoi Matam a été érigé en région', rappelle Mody Sy. Avant d'ajouter : 'Mais les infrastructures n'ont pas suivi. Les villes et les villages sont enclavés. Il est pénible de se rendre ou de quitter Matam à cause de l'état de la route. A partir de Dakar, les voitures mettent deux à trois jours pour rallier Matam. Dès fois, on a l'impression qu'on n'est pas du Sénégal. Même nos marchandises proviennent de la Mauritanie'.



L'influence des émigrés



Vivant au Congo Brazaville depuis des années, cet émigré qui est venu pour épouser une Sénégalaise, confirme les consignes de vote. Selon lui, les gens qui sont à l'extérieur demandent à leurs parents de voter pour Macky Sall. Une chose qu'il trouve 'normale'. 'Matam est une zone à fort taux d'émigrés. Ils soutiennent beaucoup Macky Sall. On peut dire même que 85 % d'entre eux le soutiennent. Et ce sont eux qui gèrent l'électorat de leur famille. C'est important à souligner. C'est sûr et c'est confirmé qu'ils ont donné des consignes de vote en faveur de Macky Sall. On ne peut pas dire que toutes les familles tiennent compte de cette consigne, mais cela existe réellement. Quand vous êtes en France et que vous nourrissez trois à quatre familles, si vous leur dites de voter pour un tel, elles le feront', déclare le maire de Matam, ajoutant que 80 % des réalisations de la région sont l'ouvre des émigrés. Selon lui, ils ont construit des dispensaires, des mosquées, etc. Abdoulaye Dramé estime aussi que les émigrés sont des bailleurs de fonds très actifs. Et s'ils donnent des consignes aux populations qui sont sur place, ce sera la ruée vers le candidat choisi.



Le Président du Conseil régional de Matam et secrétaire général de la fédération urbaine de Matam de poursuivre : 'On sent nettement que les résultats locaux se tiennent avec ceux de l'Europe. Parce que les migrants qui sont en Europe nourrissent ceux qui sont là. Si là-bas les gens répondent massivement en faveur du candidat Macky Sall, je ne pense que ceux qui sont là puissent être en reste'. Mody Sy, responsable de l'Apr avoue que son candidat a 'grandement' bénéficié du vote de la diaspora. 'Je ne vous cache pas que si nous avons gagné la région, c'est grâce à l'apport de la diaspora qui est très importante dans la région. Les gens s'exécutent automatiquement lorsqu'ils demandent à voter pour tel candidat. C'est pourquoi Macky est très puissant dans la région', dit-il.