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15 mars/ Journée contre les brutalités policières. ..Rien n'a été dit, hier, aux forces de l'ordre
Article publié le: 15 Mars 2012 - Auteur: H. MAKRE - Source: L'éléphant déchaîné
Les défenseurs des droits des humains se sont encore, et une fois de plus mobilisés pour défendre les libertés et les droits, hier partout dans le monde à travers deux commémorations. La journée internationale contre la brutalité policière, d'une part et, la journée internationale des droits des consommateurs, où qu'ils se trouvent, d'autre part. Deux symboles forts pour la liberté et le droit à l'épanouissement et à la vie. En Côte d'Ivoire, malheureusement, ces deux journées semblent ne pas être inscrites au rang des priorités au point où elles ne préoccupent personne dans cet environnement morose où le désespoir et le dégoût traversent toute la société. Ont-elles réellement un sens dans ce pays où la violence des personnes censées maintenir l'ordre dans la société n'est plus à démontrer ? Que de brutalités policières soulignées dans un environnement où les dozos, les coupeurs de routes et des éléments non identifiés et non immatriculés des Frci causent «quelques dérapages» (ce sont les petits mots du chef de l'Etat). Ce qui est extraordinaire, c'est que nombreux sont les Ivoiriens pour ne pas dire, la quasi-totalité, qui ne savent pas qu'il existe dans ce monde, une journée consacrée à dire «Non aux dérapages policières», entendez par là, toute force armée au service de l'Etat, donc du citoyen. Que de fois la liberté d'expression et le droit de manifester, n'ont été inquiétés en Côte d'Ivoire, quelque soit le régime! Combien de plaintes en déontologie policière ont été déposées pour dénoncer l'ensemble des interventions policières brutales et, dont les arrestations préventives souvent illégales qu'injustifiées, constatées dans les commissariats de police, ou de renseignements ou dans les brigades? Combien de fois n'a-t-on pas observé l'utilisation abusive de poivre de Cayenne, de gaz lacrymogènes et de coups de matraques pour réprimer violemment des mouvements légitimes? Combien d'innocents par des auditions policières expéditives n'ont-ils pas été conduits dans les geôles? Pour dire halte, c'est depuis 1997, à l'initiative d'un Collectif Opposé à la Brutalité Policière (COBP), que chaque 15 mars, une Journée Internationale Contre la Brutalité Policière (JICBP) est tenue dans le monde entier. Une journée, décrétée suite au tabassage de deux jeunes de 11 et 12 ans en Suisse le 15 mars 1996 selon l'histoire de ladite journée. En Côte d'Ivoire, un proviseur au lycée Voltaire de Marcory, Abidjan, s'est donné le droit de bastonner un élève comme un véritable dozo. Les actions visant à dénoncer tout système injuste et violent sont encore timides en Côte d'Ivoire. Elles sont quasi-inexistantes! Que dire alors de la journée internationale des droits des consommateurs ? C'est dans un grand étonnement que les Ivoiriens ont certainement observé cette journée initiée depuis 1983 par l'association internationale des consommateurs. Ils ne savent même pas qu'ils ont des droits tant tout leur est ou a été dénié depuis des lustres. Et pourtant ils ont droit à la sécurité, droit à l'information, droit de choisir et droit d'être entendus. Et pourtant ils sont victimes d'abus de l'économie de marché et exposés aux injustices sociales qui les minent au quotidien. Les consommateurs ivoiriens n'ont plus droit à la sécurité, plus droit à être informés, tout leur tombe dessus un matin avec de nouveaux prix de produits. Ont-ils encore le droit de choisir? Ont-ils encore le droit d'être entendus devant une cherté de la vie étouffante? Et dire qu'ils ont droit à un environnement sain et vivre , travailler dans un environnement qui ne menace pas leur bien-être. Combinées, ces deux journées ont-elles un sens et leur place en Côte d'Ivoire où tout va de surprise en surprise?
H. MAKRE