Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.(Romain Gary)
|
login
|
Email alertes
|
|
publicite
|
rss
Inhumation de Georges Ouédraogo
L'homme repose désormais à Gogo, son village natal
Article publié le: 07 Février 2012 - Auteur: Le Pays - Source: Le Pays
L'artiste musicien Georges Ouédraogo dit le Gandaogo national, décédé le 2 février dernier, repose désormais dans son village natal à Gogo dans la commune rurale de Komsilga. Il a été accompagné à sa dernière demeure le dimanche 5 février 2012 par des centaines de personnes.

Il était 14 heures, le dimanche 5 février 2012, quand la dépouille mortelle de Tandaogo Georges Ouédraogo dit le Gandaogo national a quitté l'Eglise des nations à Dassasgho pour Gogo, son village natal dans un long cortège de plus d'1 km. A vélo, à motos ou en voiture, parents, amis, fans et connaissances ont tenu à intégrer le cortège pour accompagner le Gandaogo national à sa dernière demeure. Au premier rang du cortège, se trouvait un véhicule sur lequel un grand poster du défunt était affiché. Un poster sur lequel on pouvait lire « Georges Ouédraogo for ever ». Sous le rythme des douces mélodies de l'artiste, le cortège s'ébranle doucement vers Gogo. Partout où est passé la dépouille mortelle, tout le monde s'est tenu débout pour rendre hommage à Georges Ouédraogo. C'est aux environs de 15h que le cortège est arrivé à destination. Là attendaient des centaines de personnes qui avaient pris place sous les arbres et sous les tentes dressées pour l'occasion. Ils se mettent debout pour accueillir la dépouille. Des coups de canon sont tirés. Lentement, le véhicule dans lequel se trouvent la dépouille ainsi que le fils et la femme du Gandaogo national se fraie un chemin et se gare devant la porte du pied- à-terre du défunt. La dépouille est ensuite déposée dans une maison. Les gens en file indienne, rentrent pour se recueillir. Pendant ce temps dans la tombe soigneusement préparée dans la cour, deux Samos, parents à plaisanterie du défunt, se sont installés confortablement. Ils réclament une somme d'argent pour libérer les lieux. La dépouille sera enfin déposée hors de la cour pour les oraisons funèbres. Le maire de Komsilga, le ministre de la Culture et du tourisme, le représentant des artistes, les évangélistes, ont, tour à tour prononcé des paroles élogieuses à l'endroit de Georges Ouédraogo. Le représentant des artistes, lui n'a pas pu retenir ses larmes. Les mots lui sortaient difficilement de la bouche. Ce furent des moments de douloureuses émotions. Le président du Faso, Blaise Compaoré a également rendu hommage au disparu à travers une oraison qui a été lue par l'ancien ministre de la Culture Mahamoudou Ouédraogo (Voir encadré). Après ces différents discours, la dépouille sera transportée dans la tombe. Les Samos qui s'y étaient installés refusent de libérer les lieux. Après une dizaine de minutes de négociation et après avoir reçu une enveloppe, ils sortent de la tombe. Et c'est la dépouille du Gandaogo national qui va investir les lieux sous les yeux de centaines de personnes. C'est par la présentation de condoléances au fils et à la femme de Georges Ouédraogo que la cérémonie d'inhumation a pris fin. C'en est ainsi fini pour Georges Ouédraogo sur terre. Mais comme le dit Biraogo Diop, « les morts ne sont pas morts », surtout un artiste musicien de la trempe de Georges Ouédraogo. La mort n'a englouti que son corps mais pas ses oeuvres. Puisse le Seigneur lui accorder le repos éternel !

Hommage du président du Faso, Blaise Compaoré à la mémoire de Georges Ouédraogo

A La Famille OUEDRAOGO -OUAGADOUGOU

C'est avec beaucoup de peine que j'ai appris le décès survenu le 2 février 2012 à Ouagadougou, du grand artiste Georges Ouédraogo, brutalement arraché à l'affection de tous. Attaché au riche substrat culturel burkinabè dont il avait des connaissances avérées, ce grand homme du monde musical a su allier harmonieusement modernisme et tradition, et donner un sens inaltérable à son impressionnante production discographique. Les nombreuses distinctions attribuées à Georges Ouédraogo aux niveaux, national, continental et mondial, illustrent l'immensité de son talent qu'il a toujours exprimé à travers une thématique riche et variée, traduisant son courage, son attachement à la fraternité, à la compréhension et au respect mutuel comme fondements d'une société forte et solidaire. La disparition de ce musicien de renommée internationale, promoteur de la musique moderne, auteur de nombreuses chansons appréciées pour la portée des messages véhiculés et la qualité artistique, afflige la nation tout entière. Je rends hommage à la mémoire de cet homme de culture, affectueusement appelé le « Gandaogo national » dont la richesse du palmarès est égale à la noblesse de sa vision et de son engagement dans la promotion des valeurs humaines, sociales et culturelles. Puisse le Seigneur accorder à Georges qui a magnifié avec une vivacité très communicative la grandeur et le rôle de la culture dans la construction de l'avenir, le repos éternel car, comme l'affirme le poète « l'arbre ne tombe pas s'il est l'esprit de l'arbre ». En vous adressant mes sincères condoléances, je demande au Tout-Puissant d'exaucer toutes les prières élevées en sa faveur, vous apporter réconfort et consolation en ces moments pénibles et vous prie d'agréer, l'expression de ma profonde compassion.

Blaise COMPAORE