Les chanceux sont ceux qui arrivent à tout ; les malchanceux, ceux à qui tout arrive( Eugène Labiche)
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Législatives ivoiriennes
Le satisfecit de la communauté internationale
Article publié le: 09 Janvier 2012 - Auteur: Ilboudo - Source: Le Pays
C'est dans le calme et la sérénité que les Ivoiriens sont allés aux urnes le dimanche 11 décembre dernier pour l'élection des députés à l'Assemblée nationale. Ils étaient 1.157 candidats de 205 circonscriptions électorales pour 254 sièges à l'Assemblée nationale.

Le président de la Commission électorale indépendante, Youssouf Bakayoko a proclamé les résultats, tard dans la nuit de jeudi à vendredi. Ainsi, le Rassemblement des républicains (RDR) sort vainqueur avec une majorité écrasante de 127 sièges ; le PDCI/RDA vient en deuxième position avec 77 sièges ; les indépendants se placent en troisième position avec 35 sièges ; l'UDPCI de Mabri Toikeuse est 4e avec 7 sièges ; le RHDP occupe la cinquième place avec 4 sièges. Le Mouvement des forces d'avenir (MFA) d'Anaky Kobéna est sixième avec 3 sièges et l'Union pour la Côte d'Ivoire (UPCI) de Gnamien Konan septième avec 1 siège. Le Conseil constitutionnel dispose de 5 jours pour statuer sur les éventuelles contestations. Ce scrutin législatif a surtout été marqué par un faible taux de participation. En effet, sur 5 millions d'électeurs, 2 millions ont effectivement voté, soit un taux de participation de 36,56%, légèrement supérieur à celui des dernières législatives de 2000 (32,7%). Faits marquants de ces élections législatives, presque tous les membres du gouvernement inscrits sur la liste des candidats sont tous sortis vainqueurs. Les grands perdants déjà connus sont entre autres : Mamadou Koulibaly, ancien président de l'Assemblée, ancien vice-président du FPI et actuel président de Liberté et démocratie pour la république ( LIDER), Anaky Kobéna président du Mouvement des forces d'avenir (MFA), membre de la coalition du RHDP, Marcel Amon Tanoh, directeur de cabinet du président Alassane Ouattara, Touré Aya Virginie, présidente des femmes du RDR, des candidats indépendants tels que Gervais Koulibaly, ancien porte-parole du président Gbagbo et les ex-députés du FPI. S'il est vrai que le boycott des législatives par le Front populaire ivoirien (FPI) a pesé dans la balance, il n'en demeure pas moins que d'autres facteurs, et non des moindres, pourraient expliquer ce manque d'engouement des électeurs. Comparativement aux élections présidentielles, les scrutins législatifs ne mobilisent généralement pas assez d'électeurs. Le traumatisme de la crise postélectorale toujours vivace dans les esprits des ivoiriens pourrait avoir été également un facteur déterminant de la faible affluence dans les bureaux de vote. Les enjeux des législatives et le rôle du député dans la vie de la nation semblent n'avoir pas été bien perçus par les électeurs. A cela, il faut ajouter l'insuffisance des campagnes de sensibilisation et d'éducation civique des populations de la part des partis politiques et de la structure chargée de l'organisation de ces élections. Un autre facteur qui pourrait expliquer cette situation, les pertes ou les destructions de documents (cartes d'identité et cartes d'électeur) au cours de la crise postélectorale, qui n'ont pas permis à bon nombre d'électeurs d'accomplir leur devoir civique. Sur le plan sécuritaire, il faut noter que la présence discrète dans les lieux de vote des quelque 33.000 hommes, policiers, gendarmes et militaires des Forces républicaines de Côte d'Ivoire et des forces impartiales (ONUCI et Licorne), a permis un bon déroulement des opérations de vote. Les observateurs nationaux et internationaux (un peu plus de 3.000), qui ont sillonné tout le territoire, ont été unanimes à reconnaître le bon déroulement de l'élection malgré quelques incidents mineurs. Dans leurs déclarations respectives, ils ont salué le climat dans lequel s'est déroulé le scrutin, non sans déplorer le faible taux de participation. Ainsi, les responsables de l'ONUCI et de la Facilitation, qui ont déployé des équipes conjointes à Abidjan et dans les grandes villes de l'intérieur, se sont dits satisfaits. L'Organisation internationale de la francophonie (OIF) a déclaré que ces élections se sont déroulées dans une atmosphère apaisée. L'Union africaine a estimé qu'elles ont été libres, transparentes et démocratiques. La CEDEAO et l'UEMOA se sont également félicitées du bon déroulement du scrutin, de même que d'autres structures nationales et internationales d'observation. JB

Ilboudo

A Abidjan